lundi 17 mars 2025

(Interlude) - Une Folle Soiree Karaoke


  
 Exp: Tete de Chataigne - 12/02/20xx - 15:30  
        - Allez, Gaby ! Ça fait longtemps qu’on n’a pas fait une vraie soirée !-

L'idée même de sortir dans un bar bondé ? Une torture ! Mais la situation ne lui laissait guère le choix.

    Exp: Tete de Chataigne - 12/02/20xx - 20:02
        -RUPTURE AMOUREUSE !!

C'est ce qu'affichait le SMS, suivi d'une multitude de gifs kawaii éplorés, quand Gabriel avait rejeté l'invitation avec toute la finesse qui le caractérise.

    Exp: Gaboudin - 12/02/20xx - 20:00
        -Fais pas chier !-

Pour un cœur d’artichaut comme Hireki, une simple soirée jeux vidéo et chips n’était pas suffisante.

Deux semaines d'un amour éternel ?! Impossible d'en ressortir indemne ! le monde devait souffrir avec lui! Gabriel en première ligne...

Ainsi, il abdiqua.

Gabriel souffle en grimaçant devant son Coca Zéro. La musique est trop forte, les lumières aveuglantes. Il a déjà mal à la tête. Sans compter Hireki, sur son troisième cocktail, les joues déjà roses comme des cerisiers en fleurs, qui lui hurle dans les oreilles…

    « T’as l’air d’une pivoine !» grogne Gabriel en s’éloignant, le regard fixé sur le verre que son meilleur ami tient dangereusement incliné.

    « Asian flush, mon pote ! Rien à voir avec...» Hireki chancelle en se rapprochant, le verre de plus en plus proche des vêtements de Gabriel. « ...mon état de...» un hoquet « ...Sobriété !»

    «Ébriété serait plus adéquat. » rétorque Gabriel en s’emparant du verre.

    «C’est pas assez !» Proteste Hireki en levant sa main vide pour porter un toast à l’univers tout entier. «Pas assez pour oublier cette garce de Noémie et son, je cite, ‘besoin de se retrouver’ !»

Gabriel lève les yeux au ciel. Il connaît bien cette version de Hireki : blessé, désespéré, et très, très mauvais avec l’alcool. Une seule goutte et c’est fini... Gabriel ne compte plus les soirées à lui tenir les cheveux au-dessus de la cuvette et à le surveiller de près, craignant un coma éthylique.

Désormais, il l'accompagne à chaque rupture, essayant autant que faire se peut de limiter la casse.

    «Tu sais que tu deviens insupportable quand t’es bourré ?»

    «Et toi, tu deviens sexy quand t’es grognon !» ronronne Hireki en se collant à lui, le sourire aguicheur. «Graou.»

Gabriel ne répond pas. Il n'est pas flatté, non, mais il n'en a tout simplement pas le temps. Son regard vient de suivre celui de Hireki qui vient de capter celle qui lui fera tout oublier.

Près des toilettes, une superbe jeune femme souriante, une robe rouge des plus aguichantes, un verre de champagne à la main... Et tout en carton !

    «Oooh... Non, non, non...» murmure Gabriel en voyant Hireki se lever d’un bond.

    «C’est décidé, Gaby ! Ce soir, je vais la faire craquer !» Le métis titube légèrement avant de pointer du doigt le mannequin en carton. «Regarde-moi cette classe, cette élégance ! Elle est parfaite.»

    «C’est du carton, Hireki. DU CARTON !» essaie de le stopper Gabriel, qui sent une veine pulser sur sa tempe quand la silhouette de Hireki lui échappe. 

Il hésite un instant. Il pourrait intervenir davantage, empêcher le désastre, mais une part de lui, probablement la part sadique, décide de laisser Hireki s’embourber dans sa propre absurdité.

Après tout, il a lâché son verre. C’est le plus important.

Il regarde l'Asiatique s’approcher du panneau avec une assurance démesurée, un sourire éclatant plaqué sur son visage rougi par l’alcool.

    «Salut toi...» commence le métis, penché légèrement en avant. «T’es toute seule ce soir ?»

Gabriel, assis à sa table, croise les bras et se concentre sur les lèvres de Hireki avec une curiosité morbide.

    «T’es magnifique, tu sais. Un verre de champagne à la main, le regard perdu dans l’éternité... Tu me fais penser à une œuvre d’art. Genre... la Joconde.» Il a un nouveau hoquet. «Mais en mieux.» Il sourit, toutes dents dehors, son corps tanguant d'avant en arrière.

Sans réponse, Hireki insiste.

    «T’as raison, faut pas parler. Les mots, ça gâche tout.»

Gabriel se frappe le front. Hireki enchaîne les accroches de drague les plus bateau qui soient et prend le silence de la jeune femme pour un encouragement. Mais le pire est encore à venir: Dans un élan de passion débordante, Hireki attrape un micro de karaoké et lance au barman :

    «METS CARELESS WHISPER !!! C’est NOTRE chanson.»

Le barman, visiblement habitué aux clients ivres, hausse les épaules et obéit. Les premières notes de saxophone résonnent dans le bar.

Hireki, micro en main, se tourne vers le mannequin en carton avec une intensité dramatique. Il décoche un clin d’œil approximatif et lance :

    «Je t’offre cette chanson, ma déesse silencieuse !»

Gabriel, toujours caché derrière sa propre main, lève le nez. Hireki entonne les premières notes, et le temps s'arrête. Le métis chante d’une manière si passionnée, si théâtrale, que le bar entier se retourne pour regarder.

Et sa voix est ....DIVINE! Gabriel souffle et se laisse tomber au fond de sa chaise jetant un oeil alentours. Les clients chuchotent, certains filment, mais tous sont stupéfaits par la perfection de sa voix.

«J'en peux pu de toi» grogne Gabriel entre ses dents.

Mais, lorsque la chanson se termine sous les ovations, Hireki se jette presque sur le mannequin en carton pour un baiser final.

Le panneau, peu coopératif, vacille sous son poids et s’effondre, l'entraînant avec lui.

Le silence qui suit est monumental, et l’admiration laisse place à l’hilarité.

    «Il a essayé d’emballer du carton !» s’élève, moqueuse, une voix du fond du bar.

Les rires éclatent, couvrant les protestations étouffées de Hireki, qui, à moitié coincé sous le panneau publicitaire, se débat comme un beau diable. Gabriel finit par se lever, résigné, et attrape son meilleur ami par le col pour le remettre sur pied.

    «Allez, Roméo. On rentre à la maison.»

    «Elle m’aime, je le sais,» marmonne Hireki en titubant.

    «Bien sûr qu’elle t’aime. Mais c’est compliqué : elle est en papier, toi en vapeur d’alcool...»


    Le lendemain matin, Gabriel, assis dans la cuisine, une tasse de thé fumante entre les mains, profite du calme ambiant quand Hireki entre dans la pièce. Il a les cheveux en bataille, les yeux bouffis, un plaid sur les épaules.

    «Je crois que je suis mort,» annonce-t-il en se laissant tomber sur une chaise.

    «Si seulement,» marmonne Gabriel en prenant une gorgée de thé.

Hireki plisse les yeux. «Pourquoi tu dis ça ? Tu fais ton Gabriel ?»

Gabriel pose sa tasse et le fixe. «Tu te souviens d’hier soir ?»

Hireki réfléchit, les sourcils froncés. Un éclair de panique traverse son visage.

    «Attends... Non!» Ses yeux dansent de droite à gauche. «Wow! Black-out !! Qu’est-ce que j’ai fait ?»

Gabriel se redresse, un sourire froid mais satisfait étirant ses lèvres.

    «Tu as dragué un mannequin en carton, chanté Careless Whisper devant tout un bar, et ensuite, tu as voulu l’embrasser !»

Gabriel se tient droit, la poitrine gonflée de fierté sadique.

Hireki cligne des yeux.

    «C’est...» L'Asiatique se laisse retomber dans sa chaise. «C’est pas possible. Je ferais jamais ça.» déclare-t-il avec assurance.

    «Je t’ai ramené chez toi avec le mannequin écrasé sous le bras. Elle est encore dans la poubelle de la cour ! Si jamais tu veux lui rendre hommage...»

Hireki blêmit en levant le nez vers la fenêtre de la cuisine.

    «Mais sinon, j'peux te montrer quelques vidéos...» finit de le convaincre Gabriel en faisant danser son téléphone sous son nez.

Les yeux du métis s'agrandissent d'effroi. «Des vidéos ?»

Gabriel hoche la tête, impassible. Hireki enfouit son visage dans les mains.

    « J'ai filmé pour la postérité... Des bébés mi Tete de Chataigne, Mi-carton!»

    Il a essayé d'emballer du carton!!! La phrase s'élève du téléphone de Gabriel hilare.

    «HAAAAN! Je vais devoir déménager, changer de nom, partir dans un autre pays... C’est fini pour moi.»

Gabriel soupire. «Quel Dramaxel ! T'as qu'à arrêter de picoler.»

    «Promis. Plus jamais.»

Mais, dans un coin de sa tête, Hireki ne peut s’empêcher de penser au mannequin en carton. Ses yeux se perdent dans le vide alors qu'il essaie de rassembler ses souvenirs.

    «J'suis sûr qu'avec un peu plus de temps, j'aurais pu avoir son numéro,» marmonne-t-il soudain.

Gabriel, incrédule, s'arrête net, le couteau suspendu au-dessus d'un citron. Il pose la lame et regarde Hireki, cherchant le moindre indice de farce. Les yeux plissés d'un mélange de fatigue et d'exaspération, il se rend à l'évidence...

    Hireki est sérieux.

    «Hireki, c'était un PUTAIN DE MANNEQUIN EN CARTON.»

Le métis lève un doigt dramatique.

    «Et alors ? Le vrai problème dans ce monde, c'est le manque d'ambition.»

Gabriel tape du plat de la main, visiblement au bout du rouleau.

    «TU. DRAGUAIS. DU. CARTON.» Gabriel s’aplatit un peu plus sur la table à chaque mot. Son nez n'est plus qu'à quelques millimètres de celui de l'Asiatique, qui ne se démonte pas pour autant.

    «Bah, toi, t'as jamais eu d'histoire avec quelqu'un de plat ?» réplique-t-il avec un sourire narquois, les fossettes bien marquées.

Gabriel reste silencieux une seconde. Enfin, il se redresse d'un coup, prêt à s'arracher les cheveux. Il ne sait pas s'il doit rire ou balancer sa tranche de citron dans la face de cet imbécile heureux.

Finalement, il quitte la pièce sans demander son reste.

    «J'abandonne.»

Hireki éclate de rire.

    «Je suis sûr que si je l'avais rencontrée en vrai, elle serait tombée sous mon charme !»

   «Tombée, oui, comme tout le reste de ta dignité.» ronchonne Gabriel, déjà en train d'allumer une cigarette, l'épaule contre le chambranle de la baie vitrée.

Le silence s'étire. Gabriel commence seulement à se détendre. 

    Cet imbécile a du s'endormir le front contre la table pour finir de cuver...

    «Gaby... » Le gémissement dramatique s'élève, la souffrance à son maximum. Gabriel tend, la mâchoire serrée. «J'peux avoir un gabychouco ? J’agonise.»

Gabriel laisse tomber sa tête en arrière, dépité. Il râle bruyamment d'ennui. 

    Ce mec m'épuise...

Il souffle la fumée de sa cigarette avant de l’écraser.

    «Avec des pépites de chocolat ?» marmonne-t-il, le pas traînant vers la cuisine.


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    YO LES BOUNDIES !!! 💥💖

    Comme vous le savez déjà, le dernier épisode m'a quelque peu chamboulé (👀😭), au point que j'ai dû m’éloigner quelque temps de mes personnages adorés ! MAIS ME REVOILÀ !! 🎉✨

Bon, pas encore avec un nouvel épisode (patience, mes petits traumatophiles ! 😏), mais avec ce petit interlude totalement "WHAT THE DUCK" 🦆😂 ! Une pause détente, histoire de reposer votre âme et de muscler vos zygomatiques avant la tempête... 🌪️😈

À la semaine prochaine pour de nouveaux traumas ! 🎭🔥

Votre King Mochi,
    aka Diogène ☕🍭



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