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lundi 30 mars 2026

Chap V : Le Loup Boiteux et la Proie de Givre (3/5)


 PrécédemmentChap V - Le Loup Boiteux et la Proie de Givre - 2/5 

(👀~15 min de lecture)



Chap 5

LE LOUP BOITEUX & LA PROIE DE GIVRE

(3/5)


---


    « Je suis désolé, tellement désolé, Gabriel. »

    Hireki est effondré devant lui. Le visage défait, tordu par la douleur.
Il est méconnaissable.

    À quoi il joue ?

Gabriel le fixe, interdit.
Ce n’est pas Hireki… Hireki ne pleure pas.
Pas comme ça… Sans drame. Sans théâtre.
Quelque chose vient de s’effondrer, et ce qu’il en reste est un amas de tristesse et de désespoir.
Les yeux de Gabriel s’agrandissent, comme s’il pouvait voir au-delà de cette silhouette misérable, affalée dans un lit d’hôpital, les cheveux gras et les larmes ruisselantes.

    « Qu’est-ce qui te prend ? »

    « Go… gom… » Hireki hoquette. Sa perfusion tinte contre son support quand il essaie de s’essuyer les yeux. « Tellement… pour tout… » Il renifle bruyamment entre deux sanglots, avant d’être de nouveau submergé de chagrin.

    Est-ce que cet imbécile… est réellement en train de pleurer ?
    Pourquoi ?
    Pour lui ?
    Après ce qu’il lui a fait ? Jouer de ses sentiments ? De son corps ?

Dans le couloir, un bruit métallique fait ressurgir chez Gabriel des images lointaines.

Les barres de fer emmêlées comme un mikado. Le bruit de soudure qui cède… Et la petite silhouette suspendue. Traversée de part en part…

Il cligne des yeux. Chasse ce cauchemar.
La dette…
Il se mord la joue pour ne pas trop penser, mais c’est trop tard.

Un réflexe de gamin… Juste un réflexe… Essaie-t-il de se raisonner. En vain.

Gabriel ouvre à peine la bouche que les larmes de Hireki redoublent.

C’est autre chose…

Le métis se penche. Il hésite à tendre la main, se ravise. Puis, dans des soubresauts, il recule.

    « Ore wa… kimi o kizutsuke… tsudzuketeta… » Les mots grincent, étouffés dans la manche de sa blouse d’hôpital.

Gabriel déglutit. 

    Qu’est-ce qu’il a fait pour le mettre dans cet état ?

Puis ce sont les mots de Maxence qui lui reviennent.
    Qu’est-ce que tu as encore fait ?

    Encore…
    Oui…

    Qu’est-ce qu’il a bien pu faire… encore ?

Il rejoue les dernières minutes, mais les gémissements de Hireki, l’atmosphère trop lourde… Tout lui brouille l’esprit.

Et ce monitoring assourdissant. Il lui vrille les tympans.

Il regarde l’écran dont les constantes clignotent.

Son champ de vision rétrécit. Tout devient flou. Il ne voit plus que l’écran. N’entend plus que les alarmes, puis une sueur froide lui mord les reins. Chaque tintement de la machine suit son échine, insidieux, jusqu’à sa nuque. Se mue en un souffle. Le souffle de l’infirmier… Il glisse sur sa peau. L’étrangle.

Gabriel frissonne. Se tourne vers la porte.

    « Gabriel… » supplie le métis.

Il se concentre de nouveau sur lui.

S’il ne se calme pas… ‘‘Machin va…’’

Ses narines tiraillent. La douleur lui pince les muqueuses. Dans un sursaut, il chasse les relents de poudre. Ses doigts lui reviennent humides, mais le sang n’est pas là. Seulement une main moite et tremblante, dans un tunnel sans issue. Une impasse dont les murs noirs se resserrent de plus en plus.

Ses cuisses se serrent instinctivement. Il flanche.

Les doigts entre elles, il les sent…

    « Kidzukanakatta. Nani mo… nani mo miete… »

La litanie grouille, poisseuse. Elle se mêle à son tour aux alarmes, aux bourdonnements dans ses oreilles.

    « Ore, saitei da… » Les mots se dédoublent, se mêlent aux cris stridents du rythme cardiaque de Hireki.

Gabriel ne parvient plus à respirer. Il ne voit plus rien. Tremble.

    « … tasukerarenakatta… »

    « La ferme… » feule Gabriel entre ses dents. Il tangue. Son corps lui échappe. « Ferme-la… »

Il ne sait même pas si on l’entend, si Hireki l’entend.

Comme toujours… Un cri silencieux…

Il doit se ressaisir. S’ancrer à quelque chose de concret…
Quelque chose de rassurant… Et partir.

Il n’a plus rien à faire ici…

Quelque chose de fiable…

Et lorsqu’il s’apprête à abandonner,

Gabriel capte, du coin de l’œil, la grosse laine bordeaux.

    L’écharpe…

Sa respiration s’arrête… définitivement. Il en est certain.
Le temps ne court plus. L’oxygène suspendu. Les pleurs disparus.

    L’écharpe !

Son esprit vient de suivre le même chemin que celui de Hireki. Une mécanique si bien huilée que les images défilent devant lui.

    L’écharpe ! 

Il a gardé l’écharpe après avoir trouvé Hireki inconscient !

    Il l’a sauvé !

Encore une fois !

C’est pour ça, pour ÇA que Hireki pleure…

Il vient de s’engluer dans une poix faite de grosse laine.

Gabriel serre le poing.

    Pourquoi est-ce qu’il s’obstine à oublier ? Au bout de toutes ces années.

    Il n’est qu’un pantin. Le pion du destin.

Il lève les yeux sur la silhouette misérable en face de lui.

Bien sûr que c’est Hireki. Mais un Hireki le cœur à nu. Un cœur agrippé aux draps, qui prononce des mots qu’il ne comprend même pas.

    « Kidzukanakatta. Nani mo… nani mo mietenakatta… » L’Asiatique tangue d’avant en arrière. Les yeux perdus dans le vide.

Il est parti.
Égaré dans un monde qui n’est pas à lui…

Une rage sourde bourdonne en Gabriel. Il se déteste.

Il vient non seulement de raviver un amour qu’il voulait détruire, mais il l’a gravé au fer rouge.

Il se hait.
Il veut partir.

Quand il amorce un mouvement, son corps bascule en arrière. Il est si près de la fenêtre que le froid traverse ses vêtements. Loin des lames acérées du givre, c’est une main glacée à l’autorité douce qui le repousse aussitôt en avant. Une force contre laquelle il ne peut rien. Mélange de colère, de pitié, d’amour ou de haine. Ses pieds s’arrachent du sol. Il tourne la tête vers la porte, mais son corps penche dans la mauvaise direction. La main tendue, les doigts s’allongent, et il les voit s’agripper fermement à l’épaule de Hireki.

    « Hireki ! » le secoue-t-il violemment. Trop, pour un corps si fragile.

La tête du métis dodeline. Il grimace de douleur, mais ne relève pas les yeux.

    « … mie tena… ka… tta… » continue-t-il de réciter comme un mantra.

Gabriel agrippe ses cheveux. Trop brutalement. Il veut le faire taire.

    « La ferme ! Tu entends ?? Tais-toi !!! » Il lui attrape le menton. Écrase sa main sur ses lèvres.

Il ne veut plus l’entendre. Ne plus voir ce flot de larmes. Il veut revoir Hireki.

    LE Hireki.

Pas le mec plus célèbre que les auteurs qu’il traduit. Pas l’influenceur qui pose dans des magazines littéraires comme si c’étaient des revues de mode.

    SON Hireki.

    Le vrai.

Celui qui a chanté Careless Whisper à un mannequin en carton. Qui est resté la langue collée à un lampadaire gelé. 

    Celui qui l’appelle Gaboudin avec un sourire impossible.

Si leurs âmes sont liées, comme Hireki le dit si bien, alors… c’est avec ce mec-là.

Pas cette loque.

À cette volonté farouche, tout son corps est parcouru d’une chaleur indescriptible. Elle se propage du plus profond de son être. L’apaise. Sa vision s’éclaircit mais reste brouillée. Ce n’est plus l’angoisse. La boule au fond de sa gorge dit autre chose.

    « Je comprends rien à ce que tu dis… » Le ton de sa voix est incompréhensible. Doux et ferme à la fois. « Tu parles japonais, Chan… Je comprends rien… »

Les yeux noirs se braquent soudainement sur lui, incrédules.

Puis… le silence.

Comme à chaque fois que leur regard se croise, il n’y a plus rien autour d’eux. Ni le scope. Ni les pas feutrés dans les couloirs. Pas même leur souffle.

Juste leur lien indéfectible… Dans un espace hors du temps.

Dans un recoin lointain, les tintements du scope ralentissent.

Gabriel pourrait lâcher Hireki maintenant, pourtant il en est incapable. Le métis le dévisage. Ses iris glissent et s’accrochent à chaque détail. Chaque piercing, chaque tache de rousseur. Gabriel est englouti tout entier.

Puis les mots claquent. Sans mesure. Une vérité crue, dure et sans détours.

    « Je ne t’aime pas. »

Un uppercut.

Gabriel vient de reculer de trois pas sans même s’en rendre compte.

Hireki a toujours le regard braqué sur lui, mais ses yeux brillent d’un éclat nouveau. Il n’y a aucune haine. Seulement une lucidité effrayante. La même qui vient de frapper dans ces quatre mots.

Le ciel ne s’écroule pas. Le sol ne s’ouvre pas sous ses pieds.

Parce que Gabriel est venu pour ça. Pourtant, un courant électrique traverse son corps. Il lui brûle les doigts à chaque battement de cœur. Il secoue légèrement la main.

Hireki baisse la tête.

    « Je l’ai cru, je te jure… Longtemps… Trop… » dit-il en s’essuyant la joue.

Pourquoi il se justifie ? Ses muscles sont soudain douloureux. Ses doigts s’enfoncent dans ses paumes.

Pourquoi il réagit comme ça ?

Il s’en fout.

Oui, il s’en fout.

Après tout, lui non plus ne l’aime pas… pas comme “ça”.

    Jamais…

    « Alors pourquoi tu chiales ? » lance-t-il.

Hireki lève la tête, soufflé. Gabriel ne sait plus. Plus rien de ce qu’il doit attendre ou faire. Tout ce qu’il veut, c’est partir.

    « Attends ! » le retient la voix brisée de Hireki alors qu’il coule vers la porte.

C’en est trop.

    « Mais putain ! À quoi tu joues, bordel ? » se retourne-t-il violemment. « Est-ce que tu peux être cohérent une fois dans ta vie ? » Il fusille Hireki du regard, une tension plus sourde encore dans le corps. C’est au bout d’un silence trop long qu’il s’en retourne à la porte. « Prends soin de toi… » susurre-t-il une dernière fois.

    « Je voulais juste… m’excuser… » s’échappe enfin la voix encore abîmée de Hireki.

    « Mais de quoi ?! » grince Gabriel dans un désespoir agacé. Il ne se retourne même pas. « Toujours à assumer toute la merde que j’fais. T’es là, à chialer comme une merde en t’excusant de plus m’aimer ! Tu pouvais pas juste… » Sa tête cogne contre la porte. Il veut partir mais il en est incapable. « Pourquoi t’as appelé ? » Sa voix se brise, les mots coincés entre la gorge et le cœur.

    « Pour la même raison que tu es venu ! » tranche Hireki.

Il est piqué au vif. Lui-même ne connaît pas la réponse.

    « Je t’ai dit… pour l’écharpe » tente-t-il en toute mauvaise foi, mais quelque chose cloche.

La voix de Hireki claque. Ferme, autoritaire.

    « Arrête ça immédiatement, Gabriel. »

Tout son corps se tend. C’est comme ça depuis toujours.
Quand la voix s’élève, le corps obéit. Il ne cherche même pas à lutter.

    « Tu as les clefs de chez moi. Tu pouvais la rendre n’importe quand sans venir ici. »

Sa main est suspendue, les doigts tremblants. Elle ne lui appartient plus.

Et la voix caverneuse s’immisce jusque dans ses tripes : « Je veux que tu t’assoies et que tu m’écoutes. Maintenant ! »

Le scope ralentit. Dangereusement. Les tintements distordus dans le vide.

Gabriel se regarde s’asseoir sur le bord du lit alors qu’il a encore la main sur la poignée de porte.

La chaleur au fond de ses entrailles revient, animale. Elle lui hurle de fuir mais il l’ignore, jusqu’à ce qu’elle semble elle-même briser les chaînes. Hireki se perd dans une toux violente. La main agrippée à la poitrine, sa gorge racle douloureusement. Gabriel ressent la même au fond de la sienne. Il presse son torse pour s’assurer que son cœur bat encore.

Il sursaute quand la main de Hireki s’en empare.

Elle est froide.

Il n’a jamais les mains froides.

Parce qu’il est vivant… Lui.

    « Écoute-moi », tente-t-il entre deux quintes rauques. « C’est tout ce que je demande… Pas de… » L’Asiatique lève les yeux. Il n’y a plus rien du loup dans son regard noir. Seulement un adulte suppliant. « Je ne te demande pas de me pardonner… »

    « Pardonner quoi ? » coupe sèchement Gabriel.

    « Tout ! Absolument tout ! » Les perles noires se perdent un instant dans des souvenirs trop pressants. Il s’agite, confus. « Les… les sucettes, Rousselet… » Son visage se tord de nouveau dans un sanglot qu’il a du mal à retenir. « Ton père et… le mi… » Il s’étrangle sur le dernier mot. Renâcle quand il se retient de vomir.

Gabriel le voit lutter. Sa pomme d’Adam roule lentement sous la peau.

    Qu’est-ce qu’il ravale comme ça ?

    Est-ce qu’il veut vraiment savoir ?

    Non…

    « Je vois pas de quoi tu parles », s’apprête-t-il à se lever, mais Hireki le retient avec force.

    « Je serai là… Quoi que tu choisisses… Même si tu pars, je… je te jure, Gabriel. »

    « Je comprends rien à ce que tu dis !! » précise de nouveau Gabriel en ôtant vivement sa main. « Tu dois être perturbé… à cause de ton coma. » Essaie-t-il maladroitement.

Parce qu’au fond, il sait… Il sait très bien de quoi il parle.

Et il ne veut pas que Hireki le regarde comme ça.

Il veut garder auprès de lui quelqu’un qui jamais n’entendra ce qu’il a à dire. Pas par égoïsme… par naïveté.

    « Gabriel… s’il te plaît. » insiste l’Asiatique.

Hireki enserre sa main avec plus de vigueur. La même que lorsqu’il lui a presque ordonné de lui avouer l’avoir trouvé sur la colline.

Gabriel le regarde. Hireki a la mâchoire tremblante. Un mélange étrange de peur, de colère et de tourments.

Il peut supporter le désir brûlant à chacune de ses œillades. L’amour que jamais il ne lui rendra. Mais pas ça…

Le corps suppliant de Hireki se penche davantage.

    « Je ne t’en voudrai pas. Je t’aiderai… »

Tout son système est en train de s’enrayer.

Il se sent perdre pied et c’est dans une violence rare que Gabriel se jette sur lui.

    « Je. Ne. Suis. Pas. Une putain. DE VICTIME !!! » Les doigts prêts à déchirer le tissu de la blouse. Les yeux émeraude brûlent d’une rage existentielle. Ils dévorent Hireki tout entier. Il le secoue une nouvelle fois quand il perçoit un mouvement sur ses lèvres. « C’est bien compris, Hireki ? » Leurs visages ne sont plus qu’à quelques millimètres. Gabriel sent chaque vaisseau de son visage tambouriner sous sa peau.

    « Gab… »

Deux légers coups retentissent. Un médecin les fixe, incrédule, avant de jeter un regard furtif à sa montre. 

    « Les visites… »

    « C’est mon frère », coupe instantanément Hireki.

Gabriel se retourne, choqué.

De quoi ? Il n’en a aucune idée.

Quelque chose a résonné en lui…

    Un mot.
    Un seul.

    Frère.

Hireki fixe le médecin. Bien trop pour réussir à cacher qu’il évite son regard. Ses prunelles dansent, hésitantes. Son corps tendu comme un arc.

    « Je vais y aller », se relève Gabriel. Il sent la main de Hireki glisser sur la sienne quand il essaie de le retenir une dernière fois. Puis, sans trop savoir ce qui lui prend, Gabriel se jette à son cou. Tout son corps s’apaise instantanément. La chaleur de Hireki. Il avait oublié à quel point elle l’apaise. Il le serre un peu plus. Sciemment. Il n’a pas envie de pleurer, il veut sentir son cœur vibrer contre le sien. Il sent Hireki hésiter, pour finalement le serrer trendrement..

Gabriel reprend vie. Elle coule dans toutes ses veines.

    « Pardon », murmure-t-il avant de se détacher lentement du corps tremblant de l’Asiatique.

    « Je suis pas prêt, Chan », lui glisse-t-il au creux de l’oreille. L’écharpe coule à ses pieds quand il se redresse. Gabriel la regarde un instant. Puis fixe Hireki. Ses yeux font encore un aller-retour entre le cache-nez et son meilleur ami, avant qu’il ne l’attrape d’un geste sec.

    « Tu pues », lance-t-il à Hireki. « Elle mérite pas ça. »

Le métis secoue légèrement la tête, éberlué. Il a retrouvé sa mine de chiot déconcerté face à l’humain.

    « J’te la rendrai plus tard… »

C’est mieux ainsi.

    Les non-dits.
    Les secrets.

C’est ce qui lui procure encore la paix.

Gabriel lui ébouriffe les cheveux d’un geste paternel.

    « À plus, Tête de Châtaigne. »


FIN CHAPITRE 5
====


        SALUUUUUUT LES BOUNDIES 😏😏

    NON VOUS NE RÊVEZ PAS 😭😭
Oui oui c’est bien moi

VOTRE KING MOCHI QUI RÉAPPARAÎT COMME UNE FLEUR
🌸🌸🌸

AVEC…

🎉🎉✨✨l’épisode 3 chapitre 5✨✨🎉🎉

COMME SI ÇA NE FAISAIT PAS 8 MOIS QUE VOUS ATTENDIEZ 👁️👄👁️

Franchement dites-moi…

On n’était pas à ça 🤏🤏🤏 de devoir faire un :
    “PRÉCÉDEMMENT DANS UN CHANT D’ÉTERNITÉ” ?? 😭😭😭

Oui j’ai honte un peu… mais PAS TROP NON PLUS 😌

Du coup dites-moi TOUT 👇👇

💬 vous vous souvenez encore de ce qui se passe ou pas du tout ?
💬 team “j’ai tout relu comme un détective 🕵️”
💬 ou team “j’avance à l’aveugle et je prie 😭


et SURTOUT 👀

    💔 vous êtes team Gabriel (pauvre bébé 😭)
OU
    🖤 team Hireki ( problème ambulant ?? 😏)

    En tout cas merci d’être encore là après tout ce temps 🥺🫶
(et promis… je DIS promis… je vais essayer de pas redisparaître 8 mois 😭😭😭)

    Votre King Mochi trop fier!!
        DIOGENE 🍡🍭


A Suivre...
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lundi 11 août 2025

Chap V : Le Loup Boiteux et la Proie de Givre (2/5)

 

PrécédemmentChap V - Le Loup Boiteux et la Proie de Givre - 1/5 

(👀~20 min de lecture)



Chap 5

LE LOUP BOITEUX & LA PROIE DE GIVRE

(2/5)


---


    Le choc est tel qu’il lui manque un souffle.

C’est un ange qui passe la porte… mais un ange déchu.

À sa vue, Hireki ne sait pas à quelle vérité se fier : les yeux ou le cœur. Lucide ou perverti. Son esprit vacille encore, accroché aux miettes de cet amour illusoire. Pourtant, c’est dans une appréhension sereine qu’il laisse la vérité empoisonner le mensonge.

Gabriel est là, dans l’encadrement de la porte. L’allure piteuse. Il semble être tombé là par accident, un sac trop lourd dont plus personne ne veut. Ses boucles folles, toujours aussi parfaites sous l’humidité, paraissent sculptées dans l’or et le bronze.

Il avance, l’air absent. L’eau perle sur ses mèches et glisse le long de sa tempe. Elles tombent sur un visage marqué… et des yeux vert émeraude, relique d’un autre temps.

Un pantin.
Une poupée de chiffon animée d’un souffle qu’on lui a imposé, sans mode d’emploi.

Pourtant, Hireki sourit.

Trop.

Il le sait à ses pommettes douloureuses et ses lèvres qui tiraillent. Son corps ne lui appartient plus. L’espace d’un instant : le cœur parle pour lui.

Gabriel jette un œil par-dessus son épaule, comme si pareil accueil ne pouvait lui être destiné.

    « Gaby… » murmure-t-il, l’extase au bout des lèvres.

Leur regard s’accroche avant que Gabriel ne détourne le sien. Il balaie du pied un sable invisible. Un geste ténu et bref que Hireki se surprend à voir immédiatement.

Et, plus encore, il y a ces rouages qui tournent à vive allure. Ils apparaissent si nettement à ses yeux.

C’est effrayant.

Chaque rotation, chaque emboîtement marque les hésitations de Gabriel. Le jeune homme pèse si profondément le pour et le contre que son corps même suit le mouvement : droite, gauche, partir ou rester.

Alors, c’est le propre sang de Hireki qui se teinte de doute.

    Est-ce qu’il va repartir aussi vite qu’il est venu ?
    Est-ce qu’il va disparaître comme tous les autres ?

Insidieuse, l’angoisse se loge au fond de sa gorge. Hireki veut tendre la main, mais ce sont les larmes qui gagnent la course. Elles se pressent derrière ses paupières.

Il les ravale et force le sourire.

Aucun mot ne sort.
Parce qu’il ne sait pas lequel prononcer.

Tout se bouscule, s’amasse, l’étouffe. Sa main tremble de plus en plus et, levant les yeux, il les voit.

Celles de Gabriel.

Cramponnées à un amas de laine informe, si fort que ses doigts disparaissent dans les mailles épaisses alors que tout le reste de son corps transpire la désinvolture.

Gabriel penche la tête, le menton haut. Sa tête tangue, prête à se décrocher. Trop lourde de secrets pour un corps si fragile. Il mord le bijou sur le coin de sa lèvre inférieure.

    Combien de fois l’a-t-il vu faire sans comprendre ?

Il est tiraillé. C’est évident. L’Asiatique se maudit un peu plus d’avoir autant fermé les yeux. Le grincement de ses dents résonne à ses oreilles. Le sang pulse à ses tempes.

Hireki inspire profondément. Sa poitrine est douloureuse, son cœur prisonnier d’un piège à loup.

Le lit grince quand son corps penche en avant. Il s’apprête à parler, mais rien : à part ce trou, là, dans le thorax.

Le scope émet un léger signal. Bref. Une fraction de seconde, suffisante pour que leurs regards se croisent.

Contre toute attente, l’angoisse ne se lit pas chez Gabriel. Pas même une simple question.

    « Salut, Tête de Châtaigne » lâche-t-il soudain.

Il est d’une nonchalance absurde tant elle contraste avec le reste. Mais tout ça importe peu, car son cœur se fige dès la première syllabe.

La voix de Gabriel… rauque, griffée du froid, de nicotine et de prières trop récitées.

Elle ne fait pas que déchirer le silence.
Elle le brise en mille morceaux.

Ses éclats l’emportent dans une avalanche de sensations oubliées. Subjugué, Hireki se laisse couler, tout entier, dans une béatitude indécente. Maladroit, il se redresse, tentant d’ajuster la couverture sur son ventre et cacher une autre évidence.

Il le désire toujours autant.

L’âme en feu, le scope émet des tintements stridents.

Ce fichu scope, comme à chaque mensonge de son père, trahit aujourd’hui sa propre vérité.

C’est aujourd’hui qu’il reprend vie.

Pas quand il a ouvert les yeux.
Pas quand son père a franchi cette même porte cinq jours auparavant.
Pas sous les gestes contenus de ses grands-parents.

Mais, aujourd’hui, à la vue de Gabriel.

Dans ces sentiments qu’il ne comprend plus vraiment, et un désir encore trop présent.

Il est et restera son Ange. Celui qui drague avec lui le souffle d’âme, l’essence même de sa vie.

Les battements aigus de la machine ralentissent, plongeant de nouveau la pièce dans un chant régulier de pas étouffés et de bruits métalliques.

Gabriel est resté figé entre deux mots. Les yeux sur les constantes. Il déglutit quand le silence fait un retour fracassant.

    « Gaby ? » hésite Hireki.

Quand, dans un sursaut, son meilleur ami s’anime de nouveau, c’est pour mieux s’éteindre. D’un claquement de doigts. Indéchiffrable, comme toujours.

    Un automate qui crie en silence.

Des pas précipités résonnent dans le couloir. Un brouhaha fait de jargon médical et d’urgence professionnelle.

Tous deux fixent la porte avec toute l’angoisse d’un parent. Puis, le calme revenu, leurs regards se heurtent. Ils se sourient discrètement, comme si la vie suspendue des autres venait de leur rappeler la fugacité de la leur.

Hireki pouffe doucement alors que, dans un souffle de capitulation, Gabriel bombe légèrement le torse. Il est si pâle que ses taches de rousseur forment un masque.

    « Alors… » tâtonne l’Ange en s’humidifiant les lèvres, incertain… « la résurrection ? »

Il a l’allure assurée, mais tout sonne faux. Encore une fois, Hireki le voit… Cette faculté à singer la confiance alors que tout son corps hurle vouloir disparaître.

    Combien d’années a-t-il choisi de se faire berner par quelqu’un qui n’arrive même pas à se mentir à lui-même ?

Pourtant, le métis sourit encore et toujours sous l’aura froide. Il préfère cette distance pudique et sincère à la tendresse trop ostensible de Maxence.

Le souvenir de son père, dessiné dans l’encadrement de la porte après son réveil. Le regard doux, rassuré, mais sans les mots escomptés. Jamais il n’aura demandé, pas une seule fois, comment il allait. Bien trop occupé à souligner ses efforts.

Son âme s’étiole. Hireki grimace d’amertume. La projection du Gabriel parfait s’en fait l’écho, et avec lui ses premières paroles :

    Que tes yeux regardent bien en face et que tes paupières se dirigent droit devant toi.

Hireki veut fuir ce qu’il a pourtant accepté d’affronter. Il frotte distraitement les draps amidonnés. Se perd dans les replis.

Il va perdre Gabriel, et il doit s’en faire une raison.
Il n’est pas digne de lui.

Mais pas tout de suite.
Encore un peu… avec lui… avant de le perdre… comme tous les autres… définitivement.

    « Pas mon truc, tu vois ? » répond-il minablement, les larmes tapies sous le sourire.

Une tension sourde court le long de sa nuque. Il sursaute brusquement pour échapper à l’étau invisible.

    « Apparemment… » ajoute-t-il tout de go, « y’a qu’un seul Frosty Jesus. »

Le silence retombe. Même l’air semble figé une seconde de trop.

Cette pique… il l’avait lancée un jour, lors d’une dispute. Et, contre toute attente, elle avait déclenché un fou rire incontrôlable chez Gabriel.

C’est finalement ce qu’il réussit toujours le mieux : fermer les yeux, sourire et détendre l’atmosphère. Le soleil naïf, l’éternel adolescent aux blagues idiotes, l’immaturité érigée en bouclier.

Il se déteste, et comme un rappel à sa lâcheté, Gabriel ne réagit pas.
Pas même un froissement de tissu, un tressautement, un soupçon de recul.

Hireki se redresse, implorant.
Il essaie de sourire encore et toujours pour encourager Gabriel à faire de même, mais ses commissures s’étirent dans le mauvais sens. Ses paupières sont en feu.

Il ne veut pas le perdre.

Un vrombissement naît au fond de sa poitrine. Léger, mais bien présent, porté par la peur de le voir encore disparaître. La bile monte, il déglutit.

Il est pitoyable.
Un lâche.
Un héros fantoche devant une victime qui ne veut pas en être une.

    « Je t’attendais » dit-il lamentablement.

    « Ah ouais ? »

Les mots claquent. Un reproche froid qui le cueille en plein cœur.

Le métis accuse le coup. Il le mérite, après tout. Gabriel renifle en jetant un œil à la fenêtre où les flocons se bousculent comme des spectateurs avides du drame à venir.

    « T’as vraiment du temps à perdre… » continue-t-il dans un murmure crispé. « En même temps… tu dois t’faire chier ici… »

Il s’arrête sur une pile de comics américains, maladroitement empilés sur le chevet, à côté d’une boîte de chocolats et de fleurs fanées.

Hireki sent instantanément la tension qui le traverse, parce qu’elle le submerge aussi. Gabriel tangue imperceptiblement. Il appuie prudemment sur le coin de sa lèvre et semble se perdre dans un souvenir nébuleux. Il grimace avant de revenir à lui dans un geste nerveux.

Sa pomme d’Adam se soulève péniblement.

    Est-ce qu’ils se sont vus ?
    Ou est-ce qu’il a toujours craint Maxence de cette manière ?

    « T’inquiète » le rassure aussitôt l’Asiatique, « il passe seulement le matin. TOUS les matins… »

À ces mots, une expression rare marque les traits de Gabriel. Sa tête pivote légèrement vers la porte. Il ressemble à un enfant qui a besoin d’être rassuré. Il se racle la gorge et porte machinalement les doigts à ses lèvres. Il roule des yeux bêtement à l’absence de cigarette, mais souffle quand même la bouffée invisible.

    « C’est bien qu’il soit là » dit-il sans grande conviction.

Hireki laisse échapper un petit rire. Gabriel aurait tout bonnement pu dire qu’il s’en tamponnait royalement que la différence aurait été infime.

    « Jouer les pères modèles, ça lui va pas du tout ! » ajoute le métis avec mépris.

Mais Gabriel recule d’un pas surpris. Les sourcils froncés, il le dévisage intensément et Hireki s’arrête instantanément.

À ce jeu, son ton sonne faux… parasité par l’infime espoir que Maxence n’ait rien fait.
Il ne parvient pas à le détester réellement… sans preuve…

Le métis joue avec le bord de son drap. Ses bandages ont disparu, mais sa peau garde les traces des brûlures de gel. Un court instant, il se demande s’il pourra retracer de somptueux kanji ou glisser des chibi ronchons dans les paquets de cigarettes de Gabriel.

    « Gabriel, je… »

    « J’suis juste venu te rendre ça. »

Ils ne se sont pas lancés en même temps. Gabriel l’a fauché en plein vol. Volontairement.

Son visiteur pointe du nez la boule de laine bordeaux qu’il tenait si fermement jusque-là.
Il s’avance doucement, toujours si faussement indifférent, alors même qu’il la replie avec application.

    « … et peut-être… pour savoir comment t’allais » avoue-t-il en se raclant la gorge.

Il dépose délicatement l’écharpe sur le lit. Ses doigts s’attardent sur les mailles épaisses avant de s’en détacher à regret.

    « Par contre… j’ai fumé toutes tes clopes… »

Il ne sait pas quoi faire de ses mains. Du coin de l’œil, Hireki le voit les glisser dans ses poches, les ressortir aussitôt, jouer avec un fil de son gilet, croiser les bras, puis finalement les laisser ballantes le long du corps.

Mais autre chose de plus important monopolise son attention :

Le cache-nez.

Ce n’est pas seulement son écharpe que Gabriel vient de lui rendre… mais celle qu’il portait ce jour-là.

Son expression se durcit sous le flot de souvenirs confus, arrachant une réaction viscérale chez son visiteur.

    « Je l’ai lavée, si c’est ça qui te dérange ! »

Le ton agressif le ramène aussitôt à la réalité. Une étincelle de rage traverse les traits de Gabriel. Sa mâchoire tremble, ses narines se dilatent au rythme anarchique de sa respiration. Il ne le regarde même pas.

Il bouillonne.

    Est-ce qu’il a toujours bouillonné ainsi ?

    « Pourquoi tu dis ça ? » s’inquiète Hireki.

    « C’est toi qui tires une gueule de trois mètres de long ! » feule Gabriel, les poils des avant-bras hérissés quand il chasse l’air devant lui.

    « Non, c’est… »

Hireki revient à l’écharpe. Il la voit nettement, enroulée autour de son cou ce jour-là.

    « C’est celle que je portais… »

Un bruit retentit.

Gabriel a reculé si vivement qu’il a heurté le fauteuil médicalisé derrière lui. Ses joues rosissent et ses prunelles se voilent.

Les rouages réapparaissent… Et ils tournent à un rythme effréné.

    « T’as dû confondre ! » lance Gabriel en amorçant un pas de côté.

    Il va disparaître.

Hireki l’attrape violemment par le poignet. Le tire vers lui. Il n’y a plus aucune douleur, juste la volonté de le retenir et le garder là, toujours, près de lui.

Une ardeur possessive monte de ses entrailles. Le vrombissement jusque-là ténu monte des tréfonds de son âme, fait gronder tout son être.

    « C’est toi qui m’as trouvé ! » dit-il avec véhémence.

Gabriel a les yeux écarquillés, figés sur la main abîmée qui le malmène.

    « Tu m’as trouvé et tu as appelé les secours ! » Le secoue Hireki.

Ses mots sonnent comme un ordre. Sa voix caverneuse absorbe tout autour d’eux, jusqu’à la lumière même. Gabriel tente de se défaire. Ses doigts fins griffent la peau hâlée, mais Hireki ne sent rien.

Il veut.
Il veut viscéralement…

    « Tu m’fais mal. »

Ce n’est pas un cri, pas un avertissement, ni même une supplique.

Un simple murmure.
Un chuchotement d’une fermeté trop douce pour être réelle.

Mais de ce simple souffle vient la réminiscence.

    La moufle violette dévorée par le gant jaune.

Tout autour d’eux éclate. Hireki le lâche brusquement, les yeux rivés sur sa main tremblante. Puis, le vertige…

    « Ga… »

L’air est étouffant, épaissi par la honte, la peur, la culpabilité. Un amas gluant qui rend l’atmosphère presque opaque.

Hireki veut respirer, mais sa gorge se serre. Il halète, tousse violemment, la main cramponnée à son pyjama.

La douleur est insupportable. Elle le pénètre de toutes parts : sa poitrine, son cœur, transpercés par une lance lourde de péchés.

Il n’y a plus rien d’autre qu’une lumière aveuglante autour de lui. Elle scintille comme autant de diamants.

    « Chan ? »

La voix se détache à peine tant la douleur occupe tout l’espace. Il a froid, si froid. Le givre le parcourt tout entier, le paralyse.

Il ne veut pas mourir.

    « Chan ?! Tu m’entends ?! »

Il ne veut pas…

    « HIREKI !! »

Le choc.
Le parfum…
Le parfum d’infini blanc…

La caresse éthérée.
Comme ce jour-là…

Apaisante sur son front, ses joues.
Sur la colline.
Le ciel d’émeraude.

    « Regarde-moi ! »

Gabriel est là, penché sur lui. Ses doigts frais enserrant ses joues brûlantes.

Hireki ne peut pas bouger, mais il n’en a pas envie. Il s’agrippe aux poignets avec désespoir.

    « Tu me vois ? » demande Gabriel calmement.

La vie revient. Ses poumons se gorgent d’un souffle nouveau.

    « Gabriel… »

Hireki tangue quand son ancre lui est arrachée brutalement.

    « Hey, Ax’ ? Ça va ? »

Son infirmier.

La panique l’envahit. Tout se brouille encore une fois. Gabriel n’est plus là. Ses mains sont vides.

    « Souffle fort ! » lui demande l’infirmier.

    Gabriel…

L’Asiatique cherche du regard en vain, alors que l’infirmier l’encourage encore :

    « Souffle, comme dans un ballon ! Fort ! »

Il essaie de se surélever mais un bras le retient.
Il ne le voit plus.

    Gabriel…

    « Souffle, Joli Cœur ! Allez ! »

Hireki se débat.
Il ne peut pas.

    Est-ce que cet imbécile comprend ?

    Il ne peut pas… Sans Gabriel.

Hireki tente de repousser l’homme. Mais une simple pression sur son tibia l’apaise immédiatement.

    « Souffle, Hireki. »

De cette simple inflexion, dans ce conseil bienveillant et pur… il souffle. Il souffle fort.

Son buste se soulève à chaque poussée et il le voit. 

Gabriel. 

La main délicatement appuyée sur sa jambe. 

Il ne le regarde même pas.

Le jeune homme recule lentement en repoussant ses boucles humides.

    Un ange…

    Son Ange…

Le brouillard se lève, la douleur s’amenuise. Les bips réguliers du scope envahissent peu à peu la pièce. Puis, le frottement léger d’un pied sur le sol carrelé.

    « Gabriel ! » appelle Hireki dans un sursaut douloureux.

Il ne parvient pas à se redresser convenablement ; lance un regard implorant à l’infirmier qui le redresse avec maîtrise.

    « Reste… »

C’est tout ce qu’il peut dire. Le corps encore trop fébrile pour qu’il puisse le retenir autrement.

    « Les visites se terminent » brise l’infirmier, le nez sur une tablette numérique.

Il lève le nez sur Gabriel. 

Brusquement, l’étonnement envahit ses traits. Sa bouche s’ouvre quelques longues secondes. Puis, le sourcil haut, il sourit en coin.

    « Mais on peut s’arranger ! »

Un malaise poisseux s’installe. Hireki frissonne. Il se sent soudainement sale. Son regard balance entre son infirmier et Gabriel…

    Son infirmier… 
    et le regard haineux de Gabriel.

Dans une impulsion qui n’est pas la sienne, Hireki empoigne violemment la blouse du soignant. L’infirmier perd l’équilibre, se rattrape au bord du lit.

    « Laisse-le ! » crache-t-il.

Le professionnel repousse la main, effaré.

    « Hey !! Ça va, Joli Cœur. Tout doux ! »

Il réajuste gauchement son badge, mais sa main tremble.

    « Qu’est-ce qui te prend ? » siffle-t-il entre les dents.

Puis, brusquement, dans un geste leste, il empoigne sans finesse l’épaule de Gabriel avant de la flatter comme celle d'un vieil ami :

    « On n’a pas idée de se mettre dans des états pareils pour une simple visite, hein ? »

Il quitte la chambre, en ricanant.

    « Trente minutes, pas plus ! J’envoie le médecin ! » lance-t-il par-dessus son épaule avant de disparaître.

Gabriel fixe la porte, marmoréen. Hireki peut presque l’entendre respirer à l’envers.

    « Vous vous connaissez ? » demande-t-il avec précaution.

Gabriel sursaute et se retourne, le regard complètement perdu. Sa bouche se fend d’un léger mouvement. Il se ravise, se dandine nerveusement.

    « Non. Enfin… J’sais pas »

Il hausse une épaule dans un tic nerveux avant de se frotter le nez, violemment. Trop.

    « P’têt… »

La réponse est un coup de tonnerre.

Hireki le voit enfin.
Vraiment.
Pleinement.

Sans fard, avec tout l’amour sincère qu’il lui doit. Ce Gabriel qu’on a sali, jusqu’à ce que lui-même ne sache plus à qui appartient son corps. Ce Gabriel qu’il a lui-même utilisé.

Il ne nie même pas. Pas vraiment. Parce qu’il ne peut pas mentir. Parce qu’il ne sait pas.

Il ne sait plus qui ou même combien ont profité de sa docilité.
Et c’est pire que tout.

Quelque chose lâche. D’un coup.

Les digues cèdent sans prévenir.

Hireki s’effondre. Sans transition. Sans pudeur. Il pleure. Fort.

Des sanglots larges, douloureux, entiers.

Un seul cri se forme, étouffé dans sa gorge, déchiré par l’épuisement et la vérité nue :

    « Je suis désolé… tellement désolé, Gabriel… »


====


      
 🌟 Heyyy les Boundies  💖💥 

    Alors alors… cet épisode 😳💔 ? Un peu intense hein ?! Et long aussi... Mais hey! Ca valait le coup non? De telles retrouvailles ne pouvaient décemment pas tenir dans un épisode de 10minutes.

Vous l’avez senti le petit vroum-vroum de la tension entre nos deux Dramaphiles 🔥👀 ? 

Et ce moment où Hireki pète (un peu beaucoup) un câble 😬✋… 

  • Vous avez eu peur pour Gabriel 😱 ou 
  • Vous vous êtes dit "WTDuck… Hireki serait un Red Flag" ? IMPOSSIBLE!! 😭😭

Balancez-moi vos feels 💌, vos théories 🕵️‍♀️, vos ships 🚢 (oui en même temps... Il n'en existe qu'un! 😅), et même vos insultes préférées nulles mais mignonnes 😏✨. 

J’vous lis TOUS dans les coms, alors faites péter le clavier 🔥💬 !

    💬 Allez, racontez-moi :

1️⃣ Votre moment préféré de l’épisode 💖
2️⃣ Celui qui vous a brisé le cœur 💔
3️⃣ Et… est-ce que vous aviez envie de mettre un coup de pied aux fesses de Gabriel 😵‍💫 ? (moi oui)

    Votre King Mochi fatigué,
        Diogène


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lundi 26 mai 2025

Chap IV : La Promesse de l'Ange (5/5)

 

Précédemment: Chap IV - La Promesse de l'Ange - 4/5 


(👀 ~10min de lecture)


Chap 4

LA PROMESSE DE L'ANGE

(5/5)

---


    « Votre fils est réveillé. »

La phrase avait tranché l’air la veille comme une lame froide. Maxence n'avait pas entendu la suite. Il s'était déjà levé, son manteau dans les bras, ses clefs perdues quelque part au fond d'une poche trop profonde.

Le froid, dehors, n'était pas celui des promenades silencieuses. Il cinglait, frappait, glaçait jusqu'à l'os. Impossible de prendre la voiture : la neige tombait en rideau épais, les bourrasques hurlant à chaque croisement comme si elles cherchaient à le retenir. Chaque pas était une bataille. Ses bottes creusaient la poudreuse, la chassaient en éclaboussures gelées. Il avançait, tendu, le regard au sol, ses pensées battant la cadence plus fort encore que ses talons.

    J'arrive.

    Je suis là.

    Je serai toujours là.

Pourtant, à mesure qu'il avançait, la volonté s'étiolait et laissait place aux mensonges.

Il avait resserré son écharpe quand une violente bourrasque le gifla.

    Des scénarios.

    Des phrases toutes faites.

    Des silences à cultiver.

Les flocons acérés s'infiltraient en lui pour les geler avant qu'ils ne franchissent le seuil de ses pensées.

Maxence accéléra quand son pied s'enfonça profondément. La neige l'engluait. Il pesta en tirant sur sa jambe. Rien à faire, le sol le retenait.

Il glissa les mains dans ses poches.

Le téléphone d'Axel.

Pourquoi l'avait-il pris ?

Il ne le lui rendrait pas. Pas encore.

Un violent coup de vent le stoppa net. Les flocons, comme des bras glacés, le repoussaient. 

Il s'arrêta.

    « Il a besoin de repos », se défendit il, l'angoisse au bord des lèvres.

Mais il le savait. Ce n'était pas le repos d'Axel qu'il protégeait. C'était le sien. C'était son propre cœur qu'il refusait d'ouvrir.

Il tituba jusqu'à une vitrine.

Encore un peu de temps... Juste un peu… Comme si dix jours n'avaient pas suffi à ressasser encore et encore les mots acerbes.

Son reflet l'avait alors fixé, tendu, partagé entre détermination et peur. Derrière la buée, une émeraude se détacha. Froide. Unique.

    « Vous êtes incapable de vous occuper convenablement de votre fils. » Une goutte de vérité qu'il ne voulait pas boire.

Finalement, comme un miracle amer. Alors qu'il entrait prudemment dans la chambre d'Axel, celui-ci ne montra aucune réaction. Ses paupières se fermaient un peu plus longuement à chaque clignement. Maxence reçut l’ultime chance d’enfin choisir. Face à ce vide qu'il ne sut remplir, son esprit dansait : 
 
    Couper le lien ou le dénouer lentement ?

L'instant décisif où, enfin, une fois pour toutes il décida quel adversaire il affronterait le lendemain.

Et le voilà aujourd’hui. Le poing suspendu devant la porte, partagé entre excitation et prudence.

Maxence prend une profonde inspiration. Il hésite. Puis frappe.

Deux coups secs.

Il ouvre la porte sans attendre, se jette dans la gueule du loup.

Son cœur s'emballe immédiatement.

Angoisse ou soulagement ? Impossible de le dire.

Axel est semi-allongé, le regard tourné vers la fenêtre. Le vent est si violent que les flocons ne tombent plus : ils s'écrasent. La neige frappe le carreau et Maxence l'imagine le briser pour l'étrangler, lui et ses mensonges.

Une silhouette se dessine furtivement, sans raison.

Volute de glace et d'émeraude.

Il frissonne.

Axel ne l'a même pas remarqué. Il ne bouge pas, ses yeux noirs perdus entre la vitre et le vide.

    « Hey, fils... » souffle-t-il.

La tête de son garçon dodeline légèrement. Ses paupières battent lourdement, avant de se poser sur lui. Un regard sans colère, sans joie.

    « Salut, 'Pa. » La voix est rauque. Fragile. Il ne sourit pas.

Maxence peut bien accuser la fatigue, mais au fond il sait. Ce n'est pas lui qu'Axel attendait.

L'homme ôte ses gants pour ne pas affronter le regard déçu, la poitrine prise en étau par une tristesse indicible. Il ne gagnera rien frontalement. C'est factuel. Il l’a bien intégré durant tout ce temps : Mener la guerre à Gabriel ne mènera à rien.

Il aura essayé.

Pour quoi au final ?

En arriver là, au chevet d'un fils qui s'accroche comme du lierre à un arbre pourrissant.

    « C'est ce que j'essaie de faire !! » Ce hurlement de l'âme quand Maxence avait ordonné à ce gamin de disparaître... 

Alors que ce n’est pas lui le problème, mais les sentiments de son propre fils.

Maxence s'approche prudemment. Un pas, puis un autre. Il sent son corps attiré comme un aimant. Tout en lui hurle de serrer son fils dans ses bras, mais il se contient en tirant nerveusement sur son écharpe. Il tremble. Il s'en aperçoit lorsqu'il finit par tendre les doigts vers ceux d’Axel.

    « Tu es assis, c'est bien », dit-il en souriant. Il stoppe son geste à quelques millimètres des bandages. Des gelures encore sous surveillance... La main gauche, évidemment, comme si le sort s'acharnait.

Est-ce qu'il pourra redessiner ces petites caricatures rondes et adorables qu'il collait partout à la maison ?

Maxence se racle la gorge.

Est-ce qu'il en dessine encore ? Il n'est plus un enfant...

L'homme s'assied sur le fauteuil médicalisé. Axel est silencieux. Il bouge à peine, mais son regard le scrute. Il le sent couler sur lui, et Maxence se sent coupable. Rien ne pourra jamais racheter le passé. Il hésite encore un instant et époussette nerveusement le bord de son manteau.

Puis enfin, il l'affronte.

Son œil droit est encore un peu enflé et sa joue ressemble à une terre aride. Maxence lui sourit. Il sent bien que ses lèvres s'étirent piteusement. Son fils, son si beau fils, n'a plus rien de sa mère. Il plisse les yeux, cherchant les vestiges de Haruko avant de se ressaisir, honteux.

Est-ce qu'il l'a déjà au moins regardé pour ce qu'il est vraiment ?

Axel est Axel...

Plus un enfant, pas plus qu'un ersatz de Haruko.

Il se fustige. La route sera longue. 

Il se pince l'arête du nez.

    « Ça va, 'Pa ? » Maxence hoche la tête sans répondre tout de suite.

Il se rapproche un peu sur l'assise, les coudes sur les genoux, les mains entrelacées.

Il a préparé tant de phrases, mais rien ne semble convenir.

    « Hier, tu étais encore confus. Mais j'étais là, tu sais ? » Il lève le menton. Un geste dérisoire. Ce n'est pas de la fierté. Juste de la volonté. Celle d'être un père. Enfin.

    « Je suis venu tous les jours. J'ai même annulé ma prochaine mission. » Les mots flottent, comme s'il essayait de construire un pont entre eux. Mais Axel ne le rejoint pas. Il penche simplement la tête, les sourcils froncés. Il doute. Et Maxence sent le coup, profond et silencieux.

    « Merci. » Un simple souffle contenant un monde entier de distance. Maxence n'y tient plus. Il se penche, et sa paume caresse avec tendresse la tempe de son fils. Mais Axel se dérobe aussitôt.

    « Tu sais que tu peux compter sur moi ? Hein ? » s'inquiète Maxence.

Il le pense.

Vraiment.

Pas comme avant. Pas comme ces autres fois, où il le disait sans être là. Mais les yeux d'Axel restent sombres.

Il retire sa main, à regret. Il lisse les draps. Le tissu est moite. Comme sa paume.

    « C'est... sensible. » Axel tente un sourire, mais sa lèvre se fend d'une fine strie rouge.

Maxence se lève d'un bond, attrape la cruche. Ses gestes trahissent son trouble. L'eau se pare de vaguelettes régulières.

    « Bois... doucement. » Le verre tremble. Axel l'attrape de ses deux mains. Maxence les détaille. Elles frôlent à peine le contenant.

    « Je vais t'aider ! » Dans son empressement, Maxence ne fait qu'effrayer son fils, qui lâche le verre. Les deux hommes restent interdits, les yeux rivés au pyjama mouillé.

    « Pardon... » se décide enfin Maxence en le débarrassant.

    « Ça va aller, 'Pa. Je... » s'agite Axel. Il est agacé, et Maxence ne comprend pas.

Ne voit-il pas qu'il fait des efforts ?

    Bip.

Axel tousse brièvement. La toux sèche résonne dans la poitrine de Maxence. Il sent le froid, le vide, la douleur dans son torse.

    Bip bip.

Le scope s'emporte. La toux reprend. Il n'entend plus qu'elle. Un écho assourdissant qui se démultiplie, vrille ses tympans, écrase son esprit. Il reste paralysé, hypnotisé par ce petit cœur de pixels qui clignote devant des chiffres qui s'affolent. L'adrénaline parcourt tout son corps. Il halète. Son cœur bat à tout rompre au rythme des alertes.

Le souvenir le cueille brutalement.

Haruko…

    « 'Pa ? » La voix fragile le ramène. « Pa ? Ça va ? » Maxence cligne des yeux. Revient au présent. La poitrine d'Axel monte et descend. Régulière, puissante.

Vivante.

    « Tu as parlé aux médecins ? » La question le gifle. Le sol s'ouvre sous lui. Une sueur froide traverse son échine. Il vacille intérieurement. Il n'avait pas prévu cette question.

Imbécile.

Maxence se tourne vers son fils. Axel est trop diminué pour affronter la vérité.

Pas maintenant.

    « Non », lâche-t-il avec aplomb.

Il fuit. Encore… Comme toujours.

C'est pour son bien.

Un bon père protège son fils.

Mensonge.

Axel plisse les yeux, suspicieux.

    « Enfin… » hésite Maxence. Il se sent jugé, percé à jour. « Juste… pour suivre l'évolution de ton… » Il se laisse tomber dans le siège en se recroquevillant sur lui-même. « Axel ? Tu te souviens de ce qui s'est passé ? »

    Bip bip bip.

La tête de son garçon tangue. Maxence le voit lutter sur deux respirations avant de secouer négativement du chef.

    « Tu es certain ? Tu sais, tu peux… tout me dire. » Maxence fuit son regard pour chasser l'image du sourire aux dents acérées qui se dessine soudain. « Vraiment… » Sa voix s'étrangle. Il se sent grimacer d'amertume.

Il avance à reculons.

    « Non. » Un simple murmure qu'il refuse d'entendre.

    « Si tu t'es disputé avec… » Il ravale sa rage. « Avec lui. »

Axel doit parler, sinon il ne pourra pas lui montrer…

    Bip bip bip.

L'atmosphère se refroidit aussitôt.

    « Je ne suis pas là pour faire la morale… » Insiste Maxence.

    Bip bip bip bip.

    « Je ne sais plus » Une porte se ferme. A double tour.

Axel tousse une nouvelle fois. Sa respiration lui arrache une plainte quand il laisse tomber la tête en arrière. Il aspire à pleins poumons, les doigts agrippés à son pyjama mouillé.

Maxence se replace maladroitement sur le siège. Il n'a même pas vu son fils souffrir, trop occupé à céder du terrain à... Sa jambe a des soubresauts. Un tic nerveux qu'il a depuis toujours quand il se sent acculé.

Axel se racle la gorge. Il se rehausse avec maladresse.

    « Mon téléphone. » Les mots tombent, tel un couperet. Le mensonge se presse aussitôt à ses lèvres. Maxence bombe le torse. Une posture trop franche pour être honnête.

    « Je ne l'ai pas ! » Les mots lui échappent. Une réponse sèche. Bien trop suspecte. Aussi, la réaction d'Axel ne se fait pas attendre. Il voit son fils le fixer, méfiant. Les perles noires le sondent pour lui arracher la vérité.

    « Il n'était pas sur moi ? » La voix sonne comme une menace.

Maxence est pris au piège. Il ne peut plus reculer. Sa fierté l'a devancé.

Lui rendre le téléphone maintenant est impossible.

Il presse la main contre la poche de son manteau. Le cellulaire lui brûle les doigts.

    « On m'a donné ta montre, c'est tout. »

    Bip bip bip.

Maxence se mord la joue. La montre qu'il lui a offerte.

    Bip bip bip.

Le scope s'excite. Cette fichue machine semble parler pour lui.

Son poing se referme un peu plus. Il évite les iris noirs. Il ressemble à un petit garçon pris en faute. Sa jambe tremble de plus en plus. Le bruit de son talon marque chaque temps de son angoisse. Le téléphone prend feu.

Ses ongles s'enfoncent dans son genou, mais la tension est trop grande. Ses oreilles bourdonnent. Sa poitrine va exploser.

Maxence bondit brusquement.

    « Tu n'as pas besoin de ça ici !! » 

Son bras balaie le vide. Il ne se maîtrise plus... Sa silhouette s'agite devant son fils éberlué. Il n'entend même pas ses propres mots. Ce n'est pas lui qui parle. C'est sa fierté, son ego blessé, le père incapable qui s'accroche à ses derniers mensonges. Ils grondent en lui, luttent pour leur survie, mais il ne peut plus supporter…

    Bip bip bip bip.

La tristesse d'Axel.

Il manque à sa promesse… Il gâche tout, une fois de plus. 

Ce n'est pas ce qu'il veut.

Un souffle nouveau emplit soudain sa poitrine. Comme s'il venait d'atterrir là, dans une nouvelle vie, un nouveau corps. Maxence observe autour de lui. Perdu.

    « Pa’ ? Ça va ? » Axel s'est enfoncé dans son oreiller comme un chiot apeuré. Maxence porte la main à son visage. Ses joues sont humides, ses dents claquent. 

Tout s'écroule.

Il fond en larmes. 

Maxence se réfugie derrière ses mains, cache ses pleurs de honte. Ses pardons étouffés dans sa manche, il tombe épuisé dans le fauteuil médicalisé.

    « Excuse-moi… Pardon, je… » Maxence relève misérablement la tête. « J'ai eu si peur, Axel ! Peur de te perdre, toi, et… »

    Haruko… Encore une fois…

La bouche d'Axel se tord. Il n'y a pas vraiment de compassion dans son regard. Seulement une tristesse vide.

Maxence sent une colère sourde bourdonner encore tout au fond.

    « Vous êtes incapable de vous occuper de votre fils. »

C'est vrai… Il n'a fait que rejeter la faute sur les autres, mais la vérité est là. Il n'a fait que vivre dans les souvenirs de sa femme, dans l'imaginaire d'une fille perdue, sans ouvrir une seule fois les yeux sur celui qui leur a survécu.

Maxence quitte lentement le fauteuil. Dans un geste paternel, il ébouriffe prudemment les cheveux d'Axel.

    « Pardon, Ma Cerise. Je repasserai. Repose-toi. »

    « Trouve mon téléphone… S'il te plaît. »

Maxence sourit, défait mais pas vaincu.

Il sait très bien pourquoi.

Ses doigts quittent les cheveux ternes et collés par les jours de coma. Axel l'appellera, quoi qu'il arrive. D'une manière ou d'une autre.

L'image du fil rouge du destin lui revient. Celui qui l'a lié à Haruko et qui lie désormais son fils à ce gamin perdu. Axel n'a pas prononcé son prénom. Pas une seule fois. 

Parce qu'il a muselé son fils durant dix ans. Un tabou qu'Axel continue de respecter pour le protéger, lui.

Il n'a pas été un bon père, mais Axel a toujours été un bon fils.

Maxence baisse les yeux. Une tension glaciale court le long de ses veines. Sa nuque se raidit, son estomac se tord. Il inspire lentement. Le téléphone toujours dans sa poche. Un poids, un feu muet, et l'image qu'il a toujours tenté d'ignorer.

    « Je chercherai… Promis… »

Maxence referme précautionneusement la porte derrière lui. Puis, dans ce couloir animé, d’un geste lent, il sort le téléphone.

L'écran s'illumine.

Le visage souriant apparaît, comme à chaque fois. Le sourire large, les yeux pétillants de malice. Maxence revoit le bambin adorable, toujours dans l'ombre d'Axel, mais qui pourtant attirait tous les regards. Il ne cille pas. Il le regarde enfin comme il vient de regarder son fils. 

Son pouce caresse l'écran. Il tremble, une tension sourde qu'il décide de faire changer de chemin.

Il suit la ligne du sourire, la mâchoire, le cou gracile. Il ferme les yeux. Sa bouche a le goût du fer, l'amertume d'une vérité qu'il concède à moitié.

    « Je ne peux pas t'arracher à lui sans le perdre. Tu as été là, toujours présent, bien plus que moi… Mais… »

D'une pression légère du doigt, l'écran s'éteint.

    « Tu n'es qu'un refuge. Utile mais Froid et dangereux… Pas son foyer. »

Il sourit. Une paix nouvelle au fond de l'âme.

    « Merci pour tout, Gabriel. »


FIN CHAPITRE 4  
====


        
🌨✨ Mes Boundies !!!! ✨🌨

    C’EST ENFIN POSTÉ !!! 🥹💥

Je vous jure, celui-là… pfiou. Ce n’était pas un épisode, c’était une quête intérieure, une ascension du Mont Everest émotionnel en chaussettes trouées, et je vous DOIS un immense merci pour votre patience 🫶💔

📢 Oui, je sais. Il a pris des plombes à sortir. J’ai retourné ce texte dans tous les sens, je l’ai écrit, réécrit, abandonné, redétesté, recollé, coupé, recousu… bref, il a mis le temps. Parce que je n’arrivais pas à l’aimer. Mais il fallait qu’il soit juste. Juste pour Maxence. Juste pour Hireki. Juste pour vous. Et je crois (enfin !!!) que maintenant… c’est le bon.

    🎭 Alors, dites-moi tout :

            💬 Vous attendiez-vous à ces retrouvailles entre Hireki et son père ?
        🥶 Que pensez-vous de Maxence, maintenant ? En rédemption ou toujours à la ramasse ?
        📱 Le téléphone : précieux lien ou arme de manipulation silencieuse ?
        📌 Est-ce que, vous aussi, vous avez senti cette tension glaciale à chaque “bip bip bip” ? 😬
        ❄️ Et si vous deviez résumer cet épisode en un mot, ce serait lequel ?

J’ai HÂTE de lire vos ressentis, vos analyses, vos 💥THEORIES💥 et même vos “j’ai juste pleuré et c’est tout” 😭 (vous avez le droit ! moi aussi 🫠)

Merci de toujours être là, de me lire, de commenter, de m’attendre, de me soutenir, même quand je lutte pour poser trois mots ✍️ Vous êtes la plus belle team que j’aurais pu rêver 🌙🫶

    💌 Je vous dis à Lundi prochain!! 😈

D’ici là, hydratez-vous, pleurez si besoin, serrez votre peluche préférée ou votre tasse de thé, et n’oubliez pas :

    Ce n’est pas juste une histoire. C’est un refuge. ✨

Avec tout mon cœur,

    Votre King Mochi accompli,
        Diogène 🐺🍡💫

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🕊 Envie de souffler un peu… ou de creuser plus loin ? 🕊

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