Affichage des articles dont le libellé est complicité. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est complicité. Afficher tous les articles

lundi 8 décembre 2025

(ANNONCE) Un Instagram Dédié!


        Hey les Boundies 💛


    Je prends une pause dans les larmes, le drama et les blessures psychologiques pour vous annoncer une bonne nouvelle (pour une fois 😅) :

✨ Le roman a désormais son propre compte Instagram !

    Pourquoi ce compte ?

Parce que Un Chant d’Éternité, ce n’est pas qu’une histoire à lire.

C’est un univers, un lien, un projet de cœur. Et j’avais envie d’un endroit rien qu’à lui, pour partager tout ce qui entoure la série :

📚 anecdotes d’écriture
💬 réflexions d’auteur 
🎭 coulisses, extraits, bonus
😈 et toujours plus de drama émotionnel (of course)

    Et ici sur le blog, alors ?

Rien ne change !

Les chapitres, interludes et épisodes inédits continueront d’être publiés ici.

Mais si vous voulez plus de contenu régulier, plus vivant, plus personnel… Venez rejoindre le Royaume sur Insta ! 👑

💭 Vous pouvez aussi m’y écrire, commenter, réagir, pleurer avec moi...

        À très vite pour le prochain épisode,
    et merci de suivre cette aventure étrange, tordue, et (j’espère) inoubliable 🖤

    Votre King Mochi Stressé 🍡🍭
        Diogene

lundi 24 novembre 2025

Interlude - Pixel et Secrets



PIXEL & SECRETS

***

    Le salon est plongé dans une lumière bleue, comme un aquarium un peu triste.

La console grésille doucement. Manette en main, Gabriel affronte des hordes de zombies pixélisés avec concentration, jurant à chaque défaite.

Il est assis en tailleur sur le canapé. Torse nu, cheveux en vrac, cernes bien ancrées. Une boîte de mochis matcha vide traîne dans un coin de la table basse, à côté d’un mug où une cuillère repose, noyée dans un fond de Gabychouco.

Sur le fauteuil, de biais, Hireki le regarde. Lui n’est pas non plus à son avantage. TShirt Superman, chantilly séchée sur le bout du nez, pyjama Pikachu…

Mais, pour Gabriel, ce n’est pas le plus agaçant.

Hireki le matte.

Enfin, "mater", chez Hireki, n’a rien de lubrique. Ce mec vit dans un shôjô des années 90. Il a le regard rêveur, le fantasme flottant, les yeux un peu absents et les soupirs un peu trop longs.

Ça fait vingt minutes que ça dure.

    À quoi peut bien penser un mec comme lui, quand il fantasme ?

    Est-ce qu’ils courent main dans la main sur de la barbe à papa, avec un sourire béat, sans jamais s’adonner à un bon vieux ballet de langues bien baveuses ?

Une image floue de leurs lèvres qui se frôlent s’impose un instant. Gabriel s’ébroue, écoeuré

    Erk…

Le hoquet de dégoût est couvert par un nouveau soupir de l’Asiatique.

Gabriel fronce les sourcils.

    C’en est trop !

Deux têtes tranchées plus tard, il décide d’agir.

Sans prévenir, il inspire profondément.

Un rot monumental, long, gras, vibrant, retentit.

Un démon sorti tout droit des entrailles.

    BURHHHRRRRRKHKHKHK...

Il ne bouge pas. Les yeux rivés à l’écran.

Mais il capte un mouvement léger à ses côtés. Il tourne la tête, faussement étonné, les yeux écarquillés.

    « La vache, celui-là, il venait de loiiiin !!! »

Hireki le regarde, éberlué. Il semble encore perdu dans les dernières bribes de son rêve.

    « Tu sens ? » demande Gabriel imperturbable.

    « Quoi ?! »

Hireki se redresse brusquement, essayant de reprendre contenance. Gabriel s’approche, prêt à lui souffler à la figure.

    « Non ! Rapproche pas ta gueule ! » se débat l’Asiatique.

Gabriel renifle deux fois, concentré.

    « C’est l’ail des pierogi d’hier midi, non ? »

    « Putain, Gaby ! T’es vraiment dégueulasse ! »

Hireki fronce le nez en s’enfonçant dans le fauteuil pour fuir l’haleine. Gabriel ricane, fier de son coup.

Il reprend la manette.

    « Dit celui qui se gratte le cul au réveil pour sentir ses doigts après ! »

    « Je fais jamais ça ! » s’insurge Hireki

Gabriel lui lance un regard en coin, le sourcil relevé.

    Ils savent tous les deux...

Les oreilles de Hireki rougissent.

Gabriel, satisfait, se concentre à nouveau sur l’écran.

Court silence. Seulement les borborygmes zombies et la pluie fine contre la baie vitrée.

    « Sinon, Krypton, c’était comment ? » Lance soudain Gabriel.

    « Quoi ? »

    « Avoue, t’étais en train de chevaucher Clark Kent. Avec son petit collant et son slip rouge bien moulant. Suuuper sexy !! »

Le pied de Hireki cesse de se balancer. Un léger sursaut. Un souffle coupé.

Le silence.

Blanc.

Froid.

Sourd.

Gabriel le sent. Il sent qu’il a glissé.

Il ressasse.

Et le mot lui revient.

    Chevaucher.

Il a dit chevaucher.

Mais à quel moment il a cru que c’était une bonne idée ?

Est-ce qu’il vient de blasphémer contre le Dieu sacré de Hireki ?

Son personnage, resté trop longtemps immobile, meurt encore.

Gabriel hésite à relancer la partie.

Il tente.

    « Enfin j’veux dire… chevaucher, genre… son dos, hein. Dans le ciel. Pour voler. T’sais, comme dans les vieux films. Survoler la ville, la cape au vent… »

Mais il sait.

Trop tard.

Il a senti la bascule. La lumière a changé.

Hireki le fixe.

Aucune colère. Juste ce visage d’adulte blessé, celui qu’il ne montre jamais.

Le métis recule lentement contre le dossier, croise les bras.

Il a la posture verrouillée, le regard vissé à l’écran.

    « Évidemment que tu parlais de voler. De quoi tu parlerais d’autre ? » Sa voix est plus grave que d’habitude. Monotone. On dirait son père.

Gabriel déglutit.

    « Ben… de rien… »

Ce n’est pas la première fois que Hireki réagit comme ça sur ce genre de blague.

Mais, impossible qu’il soit gay, si ?

Non. Il ne dort presque jamais seul, et ses draps empestent le parfum féminin.

Et pourtant…

Il sait aussi ce que Hireki ressent pour lui.

Alors il ne serait pas “l’exception”, l’erreur de parcours, un fantasme ? Mais un désir qu’il refuse de regarder en face ?

Gabriel ne veut pas y penser. Ca ne ferait que remuer le couteau dans la plaie. Une plaie qui ne cicatrise pas vraiment depuis dix ans.

Il se remet à jouer pour s’empêcher de ruminer.

Mais ses doigts sont trop raides.

L’écran devient un prétexte.

L’atmosphère est chargée d’un silence qui hurle.

Il lâche, presque sans y penser :

    « T’sais, Hireki… On a tous nos secrets. »

    « J’suis pas gay ! »

La phrase tombe.

Un point final.

Une pierre lourde qui scelle une caverne encore close.

Gabriel s’arrête.

Le jeu en pause.

Un battement.

Il tourne lentement la tête. Hireki ne bouge pas. Les yeux toujours sur le téléviseur. Une veine, minuscule, bat doucement à sa tempe.

Gabriel se mord la lèvre. Il gigote. Son corps parcouru d’un frisson étrange.

    Alors lui aussi a des secrets.

    Et lui non plus n’est pas prêt.

Il se racle la gorge et dans une évidence qu’il espère légère s’étonne :

    « Ben ?! Je sais, Chan ! »

Gabriel lui sourit à pleines dents avant de relancer la partie, se recalant confortablement au fond du canapé.

    « Le nombre de fois que j’ai entendu crier ton nom à la porte d’entrée alors que je venais juste bouffer des nouilles ! »

Il râle à un énième Game Over puis tend la manette à Hireki.

    « Tu veux bien faire ce niveau pour moi ? »

Et la vie continue, comme si de rien n’était…

====


        Helloooooow les Boundies !! 💕🌈✨

    OUI, encore un interlude 😅 
Mais hey, ce n’est pas le tout de revenir après trois mois de remise en question existentielle façon drama coréen, faut aussi rallumer la flamme créative, et autant vous dire que l’allumette est un peu humide. 🔥💧

Alors voilà, le prochain épisode de la trame principale est en chantier, mais pas abandonné, hein ! J’ai toujours le plan, les arcs, les twists, les tragédies, les pleurs, les cris, tout ça en tête 🎭📚… MAIS, trois mois sans poser les yeux sur Un Chant d’Éternité, c’est pas rien. Je me dois de tout relire, me réimprégner, me réapproprier mon bébé (non mais vous vous rendez compte du comble ?? 😭).

Bref. En attendant de pouvoir recracher des larmes et des dialogues de fin du monde, voici un petit interlude pour vous faire patienter 🫶

Alors alors… que pensez-vous de nos deux traumatophiles préférés, quand ils ne sont pas occupés à s’étriper pour savoir qui souffre le plus fort ? 😂

👉 Deux gros dégueus ?
👉 Des beaufs ?
👉 Des gamins ?
👉 Des ado attardés déguisés en hommes fonctionnels ?
👉 Ou juste… les plus attendrissants des paumés ?

Dites-moi tout en commentaire 💬, partagez vos théories (TEAM HIREKI VS TEAM GABY ?? 😏), vos ressentis, vos punchlines préférées, et comme toujours, merci d’être là 🖤
    Votre King Mochi Motivé
        Diogène


-N'hésitez pas à Commenter et Partager-

lundi 10 novembre 2025

(Interlude - Ecrit Fantôme) Matin Calme



    MATIN CALME
Gaby's Edition

***

    Ses poumons s’emplissent du nouveau jour. Il ouvre les yeux.

        Toujours vivant...
        Et merde…
        Quelle heure il est ?

Il tourne la tête vers le chevet.
Son portable est resté branché toute la nuit… Lui, au moins, commence la journée batterie pleine.
Il n’a même pas pris la peine de ranger l’argent de sa passe. Les billets sont chiffonnés sur la tablette.

Il bouge, par réflexe, puis s’arrête.

Il se fout de l’heure, finalement.

Il faudra bien qu’il déguerpisse avant 10 h, de toute façon.
Le plafond est plus intéressant.

Par la même occasion, il évite les messages reçus cette nuit, la veille même, quand sa batterie a rendu l’âme.

Il se fout aussi des messages.

Il sait quel nom va apparaître avec un « 9+ » flamboyant à ses côtés.

    « Fait chier… », grimace-t-il. Pourquoi la première chose à laquelle il pense est Hireki ?

Il gigote légèrement. Il a envie de pisser.

Il cale quand même les bras sous sa tête.

La chambre est pas mal. Remue un pied. Les draps, pas trop rêches.

Il a connu pire.

Le temps s’étire. Ses orteils s’agitent au rythme d’une chanson imaginaire. Ses paupières papillonnent deux fois. Il parcourt la pièce.

Comment font ces gens qui paressent ?

Il se frotte les yeux, chassant du même geste la silhouette qui se dessine, emmitouflée dans une énorme couette.

Agacé, il s’assoit d’un bond au bord du lit. Les draps volent puis retombent, gonflés d’air, avant de s’affaisser aussi sec.

Il baille bruyamment pour ne pas s’entendre penser. Les coudes enfoncés dans les genoux, tête basse, il attend que son cerveau suive le mouvement. Il l’imagine se retourner comme un fœtus flottant dans du liquide amniotique.

Pas la bonne image. Sa vessie pèse un peu plus maintenant que la gravité fait son œuvre.

Il se masse distraitement. Sa nuque est raide, son dos engourdi.

        Le prix de la chambre.

Avec lenteur, il fait rouler sa tête, ses épaules, enfin étire les bras. 

Longuement.

 Devant lui, au-dessus, puis un peu plus en arrière.

Quelque chose lâche dans un craquement sec.

Il ne sait pas quelle vertèbre ou articulation s’est remise en place, mais il se sent étrangement revigoré. Il expire ostensiblement d’aise, comme un pied de nez au poids de sa vie.

Il l’insulte en pensée avant de se lever.

Ses gestes sont lents. Un vieillard de vingt-sept ans. Ses pieds traînent sur la moquette. D’une minute à l’autre, son talon va s’enflammer comme une allumette. D’ailleurs, il a déjà envie de fumer.

Il lorgne la fenêtre. 

Personne ne le saurait… S’il se penche bien… Personne ne saurait. 

Ses yeux se brouillent. Il a le vertige en imaginant le sol se rapprocher.

        Est-ce qu’on regarde le bitume s’approcher comme un salut ?

        Est-ce qu’elle a…

Sa vision se referme sur la neige tachetée de sang.
Les grands yeux verts.

Il sursaute nerveusement, balaie la pièce comme ce souvenir qu’il ne réussira jamais à enfouir réellement.

L’hôtel.

Il est à l’hôtel.

Il jette un regard à la fenêtre. Il a envie de fumer. Qui le saurait, après tout ? Ses pupilles fixent le vide.

        Droite, oui. Gauche, non.

Il fumera plus tard. C’est interdit ici.

Il faut qu’il se soulage de toute urgence.

Son pas s’emporte.

Le néon de la salle de bain est violent.

    « Putain ! C’est quoi ce délire des néons blancs ?! » Il avance au radar, évite soigneusement le miroir, puis jette t-shirt et caleçon au sol.

Il urine sous la douche dans une béatitude absolue.

    « À vessie pleine, cerveau en peine », murmure-t-il en pensant à ce proverbe aussi absurde que son créateur. « Ta gueule, Tête de Châtaigne », geint il, irrité.

L’eau est chaude. Brûlante même.

Il ne distingue plus rien dans la vapeur. Même pas ses pensées.

Parfait !

En temps normal, il déteste la chaleur, mais pas les douches. Il y passerait des heures. Regarder la crasse s’écouler, tourbillonner.

Pas la sienne. Celle des autres.

    « Bon retour chez toi ! Fils de chien ! » Il ricane, satisfait, en regardant les dernières traces du client se noyer dans les égouts.

La savonnette de l’hôtel est ridiculement petite. Elle fond entre ses doigts après le troisième lavage intégral. Le moindre millimètre de peau, le moindre recoin. Rien n’est épargné.

Dernier tour du propriétaire. Il passe lentement la main sur son torse, détaille ses hanches, l’intérieur de ses cuisses. Machinalement, il lisse les poils de son ventre, les range dans le bon sens.

Plus aucune trace du client. Des 'autres'.

Il ne reste que lui.

    « Récuré comme un sou neuf ! » sourit-il.

Hireki péterait un câble à l’entendre dénaturer des proverbes. Comme si cet imbécile n’en inventait pas de nouveaux chaque jour. Il roule des yeux, horripilé.

Il s’essuie sommairement et plie la serviette avec un soin démesuré. Il la dépose précautionneusement sous une petite affiche.

Il la connaît par cœur. Il la lit à chaque fois qu’il met les pieds dans cette pièce. Pourtant, il la relit, encore et encore.

        ‘Pour de nouveaux linges de toilette, veuillez laisser votre serviette au sol.’

Une fois, deux fois.

Pour être certain.

Il plisse les yeux, décryptant chaque mot comme un parchemin.

    « Pour de nouveaux linges de toilette », lit-il à voix haute, « veuillez laisser votre serviette… » Il regarde le tissu par terre. « … au sol. » Il acquiesce vivement. 

Il ne voit pas d’autre manière de comprendre cet ordre. 

        Il ne peut pas s’être trompé ? 

Il la relit une dernière fois, une tension étrange dans tout le corps.

        Même s’il se trompe… Il ne risque rien ici, si ?

Il n’ose pas se retourner, de peur de croiser les coups.

Il attrape son t-shirt à la volée. 

Son dos s’est délié dans la chaleur. 

Il se baisse de nouveau. Le geste se suspend au-dessus de son caleçon. Il joue nerveusement avec l’anneau qui traverse son septum, la moue songeuse.

Soudain, le sous-vêtement est roulé en boule dans le t-shirt.

Sans aucune pudeur, il traverse la chambre nu comme un ver. Sa peau humide attire un léger souffle frais. L’extase se lit sur son visage.

Son sac à dos est appuyé au chevet.

Petit inventaire matinal : 

    Caleçons sales.
    T-shirts qui puent. 
    Chaussettes trouées. 
    Caleçon…

Il regarde autour de lui puis renifle prudemment le sous-vêtement…

    « Propre ! »

Il l’enfile. Passe le t-shirt de la veille, son pantalon élimé. Il claque de la langue et soupire. Il doit passer à la laverie de toute urgence.

        Chez Hireki, ça serait gratuit… Vraiment gratuit…

Il regarde la boîte en métal qui émerge des vêtements écrasés.

Il n’a même plus de thé.

Il pince les lèvres. Il n’a pas envie de voir sa gueule d’imbécile heureux.

Il s’empare des billets et les fourre dans sa poche arrière.

        Il passera à la laverie.

Une mèche s’échoue sur son front pour goutter sur le matelas. Il lève les yeux, tire dessus, l’essore comme on tire le pis d’une vache. Elle rebondit en une boucle parfaite quand il la lâche.

    « Connasse… »

Une rage sourde gronde alors en lui. Il se précipite dans la salle de bain. Le miroir est embué ; il l’essuie à grands coups de bras.

Les mains cramponnées au lavabo, il se fixe haineusement. Son visage est brouillé par les gouttes. Il serre les dents. Les cheveux en boucles folles. 

Longs, trop longs. On dirait lautre.

Il enfonce les doigts dans sa tignasse. La lisse furieusement, du front jusqu’à l’arrière de la tête. La maintient en une houppette sommaire. Quelques boucles rebelles forment des bosses.
Il repasse sa main, encore et encore, aplatit le tout.

Une fois, 
Deux fois… 

Trois fois!! Il entend presque le bruit des cheveux arrachés. Ils bourdonnent à son oreille. Les bosses sont encore là.

Il érupte en une pluie de jurons. Tire un peu plus, prêt à se scalper.

Sa peau se détache, dévoile un crâne immaculé.

    « La boule à zéro!! » Il rit franchement, mais l’amertume noie la pièce.

Sans lâcher prise, il cherche frénétiquement autour de lui. Quelque chose, quelque chose, n’importe quoi pour les attacher.

        Un diable en boîte.

C’est ainsi que sa chevelure explose. En milliers de ressorts quand il rend les armes. 

Il fouille ses poches.
Pour être sûr.
Pour ne pas perdre une fois de plus…

    Chewing-gum menthe forte, 
    Briquet, 
    Paquet de clopes écrasé… 

    Un préservatif.

Il le regarde, dubitatif.

L’aluminium est froissé.
Sûrement percé… Des coups à se choper une merde.

    « Toi !! T’es dangereux, mon gars !! » Il le jette à la poubelle.

Cette foutue boucle traverse de nouveau son front. Il ne peut rien y faire. Il lui donne une dernière pichenette pour la forme et pense une fois de plus à Hireki. Ses doigts délicats quand il la replace sans même s’en rendre compte.

Il s’ébroue.

Sa brosse à dents est encore posée sur la céramique. Il s’en empare sans manière et frotte de longues minutes.

Avant, arrière, joue, langue. 

Il hoquète quand, dans un geste trop violent, il heurte sa luette. Il crache, tousse ; le dentifrice est mêlé de sang. Il se rince. S’essuie de l’intérieur du poignet.

Il s’approche du miroir.

Quelques poils drus…

Il oublie parfois qu’il est adulte.

Il fait crisser ses doigts sur sa peau. 

        Un cactus ? Un kiwi ?

        S’il se faisait pousser la barbe ?

Hireki et sa peau de mochi en seraient dingues de jalousie.

Les clients, eux, détestent les poils. C’est pour ça qu’il les garde.

Mais il doit aussi gagner sa croûte… Il ne peut pas se la jouer hipster.

        Racheter des rasoirs ou passer se raser chez… 

Il stoppe sa note mentale avant de prononcer le prénom de trop.

Il débarrasse la salle d’eau comme il chasse les yeux noirs qui émergent à sa pensée.

Dans la chambre, il tire les rideaux, entrouvre la fenêtre.

Ses gestes s’enchaînent.

Vifs.

Une tornade à rebours qui laisse la chambre comme il l’a trouvée.

Impeccable et plus encore.

Après avoir enfoui ses derniers effets au fond du sac, il arrache les draps du matelas puis les dépose avec soin au bout du lit, parfaitement repliés.

        Plus un pli, plus une trace.
        Il n’est jamais venu ici.

Le sac sur l’épaule, il quitte la chambre sans un regard en arrière.

        Cigarettes
        Laverie
        Rasoirs…

        Thé.


Matin Calme - Gaby's Edition


====

      
 🎉 Salut les boundies ! 🎉

    Non, vous ne rêvez pas, après trois mois de silence radio, votre king mochi mal aimé refait surface ! 👑🥲 Un retour tout en douceur, ou presque, avec ce petit écrit fantôme venu hanter votre lundi!! 🖤👻

    À la base, ce texte devait être... roulements de tambour...
        ➡️ l’épisode 1 du chapitre 5.

Mais voilà, comme souvent dans mon cerveau capricieux, j’ai fini par prendre un tout autre chemin narratif.

Du coup, ce “Matin calme” n’apparaîtra pas dans la trame officielle... mais il reste le texte d’origine, celui que j’avais bossé à fond, que j’aimais bien, alors j’y ai apporté quelques modifs pour le sortir de son contexte initial.

Bon, j’avoue... 😬

Encore une fois, c’est Gabriel qui vole la vedette. Oui, je sais, Hireki semble relégué au fond de la laverie à trier les chaussettes sales. Mais que voulez-vous ? Gaby, c’est mon perso fétiche, c’est lui que je maîtrise le mieux (allez comprendre pourquoi... 🙃).

Cela dit !

Pas de panique, j’ai déjà en tête un Matin calme, version Hireki, pour vous montrer l’autre versant de ce duo tout en nerfs, thé froid et tragédies domestiques 🫖💥

📅 Prochain rendez-vous dans deux semaines si tout va bien (et que mon cerveau ne décide pas de m’embarquer ailleurs entre-temps 🧠💨).

        👉 En attendant, dites-moi :

    – Vous êtes plutôt team Gabriel ou team Hireki ?
    – Quel moment du texte vous a le plus marqué ?
   – Et si vous deviez donner un nouveau proverbe débile à ajouter à la liste, ce serait quoi ? 😏

Merci de continuer à lire malgré la noirceur de certains passages, ça me touche plus que vous ne le croyez 💜

    Prenez soin de vous, et ne laissez jamais votre serviette au mauvais endroit, on sait tous ce que ça peut déclencher… 😅🧼

        À très vite, bande de traumatophiles! 🌙🖤

    Votre King Mochi plein de questions
        Diogène


Retour à la *Table des Matieres*
-N'hésitez pas à Commenter et Partager-

lundi 28 avril 2025

INTERLUDE - Secrets de Création : La Salle d'Attente de l'Existence



Hello les Boundies ! 🍡💛

    Alors, j’avais prévu de vous poster aujourd'hui la suite du chapitre IV (promis, je suis dessus ! 🧠✍️), mais… La vie réelle a frappé plus fort que prévu ! 📅💥

Entre mes recherches hyper précises sur les sorties de coma (et croyez-moi, j’veux pas vous écrire n’importe quoi ! 🚑🧠) et un emploi du temps digne d’un RPG en mode hardcore 🔥🎮… eh ben j’ai pas pu finir à temps... 😭

Je m’en excuse platement et mochiment 🛐🍡

Mais ! Comme je ne voulais pas vous laisser sans rien à vous mettre sous la dent ce lundi, je vous ai préparé un petit interlude ultra spécial.

    J’espère vous allez aimer! 💖✨


===

 Un jeune asiatique atterrit sur le sol. Mou et ferme à la fois, il lui semble flotter tout en marchant sur du coton. Il regarde autour de lui, paumé.

La salle est vide, à l’exception d’un autre jeune homme, assis sur une chaise en plastique, ses yeux verts émeraude posés sur lui.

Il n’a pas l’air étonné.

Pour le reste, pas une fenêtre, pas une sortie, pas même un fichu interrupteur. Juste ce grognement ambiant… Un ronflement ? et cette ampoule qui clignote. 

L’Asiatique regarde les chaises en plastique alignées : c’est déprimant.

L’autre jeune homme s'agite: Silhouette longiligne, cheveux châtains aux boucles folles, et ce regard à damner les dieux.

Il est recroquevillé sur lui-même, bras croisés, cigarette éteinte au coin des lèvres. Il a l’air d’attendre ici depuis des heures voire même des années.

    « Tu crois qu’on est morts ? » demande l’Asiatique, nerveux.

    « J’sais pas. J’ai pas souvenir d’avoir vécu, déjà… Pas vraiment en tout cas... Peut-être qu’on est en train de naître. Qui sait ? »

Il darde un regard presque provocant vers son interlocuteur.

L’Asiatique hausse les épaules et vient s'affaler lourdement à côté de lui. Soudain, il lui sourit, comme si un lien fort venait de naître entre eux. Il le fixe, de plus en plus émerveillé.

Quand ses lèvres s’ouvrent enfin, une prémolaire pointue apparaît.

    « Tu sors d’un manga ! » lance le frisé sûr de lui.

Les yeux bridés s’arrondissent. L’Asiatique a un léger mouvement de recul.

    « Quel genre ? »

Le châtain plisse les lèvres d’incertitude.

    « Aucune idée… » Il l'observe davantage en se frottant le menton. « Hmmm... Brun, yeux noirs mais bienveillants avec une touche de naïveté. Two-block haircut un peu aplati… »

Il reste un moment à fixer la fossette sur son menton.

    « T’es plutôt beau gosse, alors je dirais shōjo ! » tranche-t-il

Soudain, comme s’il prenait conscience de lui-même, il sursaute et commence à s'observer avec nervosité.

    « J’suis comment ? » demande-t-il avec empressement, le regard éberlué de panique.

    « Divin… » souffle l’Asiatique, sous le charme.

Le frisé se frotte le front de dépit en s’affalant un peu plus au fond de son siège.

    « Ok… C’est peut-être même pire. »

    « Pire ?! Pire comment ?! » s’enquiert l’Asiatique.

Le jeune homme se penche vers lui comme si révéler son idée risquait de bouleverser le cours du temps… ou de leur création.

    « Un ya… »

Il n’a pas le temps de finir sa phrase : une porte se matérialise dans un grincement sombre.

Elle s'ouvre sur un jeune homme pas plus âgé qu’eux. Grand, cheveux noirs en bataille, regard ténébreux. Il respire le charisme... et s’avance en terrain connu.

Il soupire d’aise en se massant la nuque avant de toiser les deux autres.

    « Salut les jeunes ! »

Le fumeur redresse à peine la tête.

    « Ok… v’la notre seme… »

    « Notre quoi ?! »

Le nouvel arrivant s’incline faussement, théâtral :

    « Axel. OC oublié. »

L'Asiatique fronce les sourcils.

    « Oublié ? »

Axel éclate d’un rire sans joie :

    « Ouais. Abandonné, repris... Puis re-abandonné. À croire que l’auteur a un goût particulier pour l’amnésie créative. »

Le chatain lève un sourcil.

    « C’est si grave que ça ? »

Axel s’approche, baissant la voix comme un conspirateur :

    « Psychosis Scriptoria Compulsiva : L’auteur est incapable de ne pas infliger drames, pertes et traumatismes à ses créations, même lorsqu’il jure vouloir leur bonheur. »

Les deux jeunes hommes échangent un regard inquiet. Les doigts de l’Asiatique enserrent soudain ceux du châtain, qui regarde leurs mains jointes un moment.

Il lève le nez vers le brun, qui fixe leurs doigts lui aussi.

    « Gaby » murmure-t-il. «Tu t’appelles Gabriel. Et tu es mon Ange »

Gabriel sursaute.

    « Il a un nom !! » s’écrie Axel. « Te voilà sur la route des morts atroces, des traumatismes en série, des histoires d’amour impossibles, des drames sans fin… Et, peut-être même… »

Il marque une pause dramatique, ses pupilles sombres rivées sur eux. Le bord de ses lèvres tressaute. Il retient un sourire vicieux.

    « Quoi ?! QUOI ?! » panique l’Asiatique, serrant un peu plus les doigts de Gabriel.

    « Hireki ! Tu m'fais mal ! »

    « Hir ?? Je m’appelle Hireki ?! »

Le rire d’Axel s’élève, tonitruant. Les bras en croix et la tête jetée en arrière :

    « Il va tomber amoureux de vous ! Il va vous bichonner, vous rendre magnifiques… Et puis, un jour… »

Il claque violemment des mains. Les deux garçons se jettent l’un contre l’autre, tremblants.

    « PAF ! D’un simple claquement de carnet ! Il vous oubliera. »

Gabriel blêmit. Hireki ouvre grand la bouche sans réussir à articuler quoi que ce soit.

    « Tu veux dire… ? » commence Gabriel d’une voix rauque, sa cigarette papillote entre ses lèvres asséchées.

    « Ouais » conclut Axel en s’adossant nonchalamment contre le mur. « On est littéralement à la merci d’un clavier plein de miettes, d’un stylo Bic en fin de vie, et d’un auteur sadique. »

Silence lourd.

Puis Gabriel se redresse, les yeux brillants d’une détermination inattendue.

    « Moi vivant, j’me laisserai pas oublier comme ça ! »

    « Malice… » le coupe Axel d’une voix morne. « C’était ton premier nom. Je t’ai aimé… froidement, sombrement. De cet amour trop cliché. L’idée a été abandonnée. » Il enfouit les mains dans ses poches et fait les cent pas. « Je t’ai reconnu à tes yeux émeraude, même si l’enveloppe a changé. »

Gabriel reste interdit.

Hireki bondit :

    « Il nous a déjà dessinés ! Il nous a écrits ! Il commence à souffrir avec nous ! Il pourra pas nous abandonner !! » Il fend l’air d’un geste de révolte « Tu l’as dit toi-même, Gabriel… ou Malice… Peu importe ! Il est là ! Et toi aussi, non ?! »

Il s’effondre tristement, oscillant d’avant en arrière :

    « Il peut pas nous oublier comme ça… Si ? »

Un petit sourire triste étire les lèvres d’Axel.

    « Peut-être. Ou peut-être que tout ça tient à rien. Un thé renversé. Un fichier effacé. Une perte de motivation… Et pouf. Deux prénoms griffonnés sur un coin de page entre une liste de courses et un vieux numéros de téléphone. »

Gabriel s’immobilise. Puis, il se tourne vers Hireki.

    « Va falloir qu’on soit excellents. »

    « Excellents ? »

    « Ouais. Inoubliables. Gravés dans la mémoire. Si fort qu’il pourra plus nous lâcher. On doit prendre le contrôle. Se raconter, pas juste se faire écrire. »

Hireki serre le poing, solennel.

    « Marché conclu!! »

Axel les regarde longtemps. Puis, pour la première fois, leur sourit vraiment.

    « Vous avez peut-être une chance, vous deux. Vous avez une histoire. Une vraie. Pas un cliché. Pas une pâle copie d’influences adolescentes. »

Puis son regard se fige sur Hireki, avec une intensité étrange, comme s'il reconnaissait quelque chose... ou quelqu'un.

Il fait un pas vers lui, hésite.

Un frémissement dans l'air, imperceptible mais réel.

Hireki porte brusquement la main à son torse, surpris par la chaleur soudaine qui irradie de lui. Quand il relève la tête, Axel a déjà commencé à pâlir, ses contours s'effacent doucement, comme une esquisse abandonnée. Il tend la main vers l'Asiatique.

    « Tu es... » souffle t il

Et dans un dernier sourire chargé de fierté et de mélancolie, il disparait dans la lumière blafarde.

Hireki reste là, figé, le souffle court.

Puis, lentement, il murmure :

    « Je m'appelle Axel... Axel Hireki Bouvier. »

Il regarde ses mains, les tourne et les retourne, comme pour s'assurer qu'elles sont bien à lui, qu’il est enfin complet.

Gabriel, ému, s'approche et lui tapote l'épaule dans un geste fraternel avant de brusquement l'attirer contre lui.

Dans cette accolade silencieuse, ils se lient dans une promesse. Celle de forger leur propre histoire.

    « Faut qu’on soit excellents » souffle Gabriel au creux de son oreille.
    « Inoubliables » répond Hireki d’une voix vibrante.

Ils échangent un sourire grave et digne.

    « Si on veut exister... faut aussi écrire les autres! » ajoute Gabriel en serrant doucement son épaule.
    « Avant qu’il le fasse à notre place! » complète Hireki, complice.

Leurs yeux brillent d'une détermination nouvelle.

C'est à ce moment-là qu’une silhouette tombe du ciel dans un bruit mat, comme un pantin mal dessiné qu’on aurait lâché d’une table à dessin.

Gabriel et Hireki bondissent sur leurs pieds.

L’homme , ou ce qui ressemble à une ébauche d’homme, cligne des yeux.

Ses cheveux sont encore flous, ses traits incertains, ses membres à peine ébauchés. Il est une idée pas encore aboutie.

Sans réfléchir, Hireki sent les mots jaillir de sa bouche :

    « Papa?! »

Gabriel, l’ombre d’un sourire au coin des lèvres, ajoute dans la foulée :

    « Monsieur Bouvier! »

Ils l’ont nommé. Ils l’ont fait exister. Avant même que la main de l’auteur ne trace les contours de son destin.

La silhouette hébétée cligne des yeux quand un vieux réveil sonne quelque part dans l'invisible. Un son grave qui marque peut-être leur premier véritable acte de création.

Au loin, dans un cliquetis emporté de clavier, une voix s’élève:

    Allongé dans la neige depuis des heures, bercé par le silence et les caresses...

Gabriel s'insurge.

    « Non !! » râle-t-il. « Le souffle !!Le souffle des flocons ! »

Et la voix s’arrête emplie d’un doute.

Clic clic clic

    « Non ! Le souffle des flocons. Bercé par le silence et le souffle des flocons il ne sait pas…»

Gabriel se retourne vers ses comparses, le sourire fier… Et un peu sadique.

Hireki éclate d'un rire nerveux, et ensemble, d’un commun accord silencieux, ils prennent leur histoire en main.

Leur Chant d’Éternité vient de commencer.


===

  
    Voila les Boundies!! ✨

    Cet interlude un peu foufou m’est venu suite à l'interlude “Secrets de Création: Maxence Bouvier” 🕵️‍♂️✨

En repensant à tout ce que j’avais partagé avec vous sur la naissance d’Un Chant d’Éternité, j’ai eu envie de raconter la création des personnages... mais cette fois vécue de leur point de vue à eux ! 😍✍️

Je me suis inspiré du tout premier "Secrets de Création" sur la genèse de l’histoire, "Secrets de Créations: Les origines" 🎭⏳, et j’ai laissé mon cœur (et mon clavier fou) parler 💬💖

J’espère que ce petit moment entre rêve et réalité vous aura touchés autant qu’il m’a touché à l’écrire !

N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez en commentaire, ou même à me raconter votre passage préféré 🎶💛💬

Vous êtes la plus belle des chorales et je suis honoré de chanter cette aventure avec vous ! 🎵👑🍡

On se retrouve trèèès vite pour la suite !!

Prenez soin de vous, et… ne lâchez jamais votre étincelle ✨🌸

    Votre King Mochi débordé 🍡👑
        Diogène


-N'hésitez pas à Commenter et Partager-



lundi 17 mars 2025

(Interlude) - Une Folle Soiree Karaoke


  
 Exp: Tete de Chataigne - 12/02/20xx - 15:30  
        - Allez, Gaby ! Ça fait longtemps qu’on n’a pas fait une vraie soirée !-

L'idée même de sortir dans un bar bondé ? Une torture ! Mais la situation ne lui laissait guère le choix.

    Exp: Tete de Chataigne - 12/02/20xx - 20:02
        -RUPTURE AMOUREUSE !!

C'est ce qu'affichait le SMS, suivi d'une multitude de gifs kawaii éplorés, quand Gabriel avait rejeté l'invitation avec toute la finesse qui le caractérise.

    Exp: Gaboudin - 12/02/20xx - 20:00
        -Fais pas chier !-

Pour un cœur d’artichaut comme Hireki, une simple soirée jeux vidéo et chips n’était pas suffisante.

Deux semaines d'un amour éternel ?! Impossible d'en ressortir indemne ! le monde devait souffrir avec lui! Gabriel en première ligne...

Ainsi, il abdiqua.

Gabriel souffle en grimaçant devant son Coca Zéro. La musique est trop forte, les lumières aveuglantes. Il a déjà mal à la tête. Sans compter Hireki, sur son troisième cocktail, les joues déjà roses comme des cerisiers en fleurs, qui lui hurle dans les oreilles…

    « T’as l’air d’une pivoine !» grogne Gabriel en s’éloignant, le regard fixé sur le verre que son meilleur ami tient dangereusement incliné.

    « Asian flush, mon pote ! Rien à voir avec...» Hireki chancelle en se rapprochant, le verre de plus en plus proche des vêtements de Gabriel. « ...mon état de...» un hoquet « ...Sobriété !»

    «Ébriété serait plus adéquat. » rétorque Gabriel en s’emparant du verre.

    «C’est pas assez !» Proteste Hireki en levant sa main vide pour porter un toast à l’univers tout entier. «Pas assez pour oublier cette garce de Noémie et son, je cite, ‘besoin de se retrouver’ !»

Gabriel lève les yeux au ciel. Il connaît bien cette version de Hireki : blessé, désespéré, et très, très mauvais avec l’alcool. Une seule goutte et c’est fini... Gabriel ne compte plus les soirées à lui tenir les cheveux au-dessus de la cuvette et à le surveiller de près, craignant un coma éthylique.

Désormais, il l'accompagne à chaque rupture, essayant autant que faire se peut de limiter la casse.

    «Tu sais que tu deviens insupportable quand t’es bourré ?»

    «Et toi, tu deviens sexy quand t’es grognon !» ronronne Hireki en se collant à lui, le sourire aguicheur. «Graou.»

Gabriel ne répond pas. Il n'est pas flatté, non, mais il n'en a tout simplement pas le temps. Son regard vient de suivre celui de Hireki qui vient de capter celle qui lui fera tout oublier.

Près des toilettes, une superbe jeune femme souriante, une robe rouge des plus aguichantes, un verre de champagne à la main... Et tout en carton !

    «Oooh... Non, non, non...» murmure Gabriel en voyant Hireki se lever d’un bond.

    «C’est décidé, Gaby ! Ce soir, je vais la faire craquer !» Le métis titube légèrement avant de pointer du doigt le mannequin en carton. «Regarde-moi cette classe, cette élégance ! Elle est parfaite.»

    «C’est du carton, Hireki. DU CARTON !» essaie de le stopper Gabriel, qui sent une veine pulser sur sa tempe quand la silhouette de Hireki lui échappe. 

Il hésite un instant. Il pourrait intervenir davantage, empêcher le désastre, mais une part de lui, probablement la part sadique, décide de laisser Hireki s’embourber dans sa propre absurdité.

Après tout, il a lâché son verre. C’est le plus important.

Il regarde l'Asiatique s’approcher du panneau avec une assurance démesurée, un sourire éclatant plaqué sur son visage rougi par l’alcool.

    «Salut toi...» commence le métis, penché légèrement en avant. «T’es toute seule ce soir ?»

Gabriel, assis à sa table, croise les bras et se concentre sur les lèvres de Hireki avec une curiosité morbide.

    «T’es magnifique, tu sais. Un verre de champagne à la main, le regard perdu dans l’éternité... Tu me fais penser à une œuvre d’art. Genre... la Joconde.» Il a un nouveau hoquet. «Mais en mieux.» Il sourit, toutes dents dehors, son corps tanguant d'avant en arrière.

Sans réponse, Hireki insiste.

    «T’as raison, faut pas parler. Les mots, ça gâche tout.»

Gabriel se frappe le front. Hireki enchaîne les accroches de drague les plus bateau qui soient et prend le silence de la jeune femme pour un encouragement. Mais le pire est encore à venir: Dans un élan de passion débordante, Hireki attrape un micro de karaoké et lance au barman :

    «METS CARELESS WHISPER !!! C’est NOTRE chanson.»

Le barman, visiblement habitué aux clients ivres, hausse les épaules et obéit. Les premières notes de saxophone résonnent dans le bar.

Hireki, micro en main, se tourne vers le mannequin en carton avec une intensité dramatique. Il décoche un clin d’œil approximatif et lance :

    «Je t’offre cette chanson, ma déesse silencieuse !»

Gabriel, toujours caché derrière sa propre main, lève le nez. Hireki entonne les premières notes, et le temps s'arrête. Le métis chante d’une manière si passionnée, si théâtrale, que le bar entier se retourne pour regarder.

Et sa voix est ....DIVINE! Gabriel souffle et se laisse tomber au fond de sa chaise jetant un oeil alentours. Les clients chuchotent, certains filment, mais tous sont stupéfaits par la perfection de sa voix.

«J'en peux pu de toi» grogne Gabriel entre ses dents.

Mais, lorsque la chanson se termine sous les ovations, Hireki se jette presque sur le mannequin en carton pour un baiser final.

Le panneau, peu coopératif, vacille sous son poids et s’effondre, l'entraînant avec lui.

Le silence qui suit est monumental, et l’admiration laisse place à l’hilarité.

    «Il a essayé d’emballer du carton !» s’élève, moqueuse, une voix du fond du bar.

Les rires éclatent, couvrant les protestations étouffées de Hireki, qui, à moitié coincé sous le panneau publicitaire, se débat comme un beau diable. Gabriel finit par se lever, résigné, et attrape son meilleur ami par le col pour le remettre sur pied.

    «Allez, Roméo. On rentre à la maison.»

    «Elle m’aime, je le sais,» marmonne Hireki en titubant.

    «Bien sûr qu’elle t’aime. Mais c’est compliqué : elle est en papier, toi en vapeur d’alcool...»


    Le lendemain matin, Gabriel, assis dans la cuisine, une tasse de thé fumante entre les mains, profite du calme ambiant quand Hireki entre dans la pièce. Il a les cheveux en bataille, les yeux bouffis, un plaid sur les épaules.

    «Je crois que je suis mort,» annonce-t-il en se laissant tomber sur une chaise.

    «Si seulement,» marmonne Gabriel en prenant une gorgée de thé.

Hireki plisse les yeux. «Pourquoi tu dis ça ? Tu fais ton Gabriel ?»

Gabriel pose sa tasse et le fixe. «Tu te souviens d’hier soir ?»

Hireki réfléchit, les sourcils froncés. Un éclair de panique traverse son visage.

    «Attends... Non!» Ses yeux dansent de droite à gauche. «Wow! Black-out !! Qu’est-ce que j’ai fait ?»

Gabriel se redresse, un sourire froid mais satisfait étirant ses lèvres.

    «Tu as dragué un mannequin en carton, chanté Careless Whisper devant tout un bar, et ensuite, tu as voulu l’embrasser !»

Gabriel se tient droit, la poitrine gonflée de fierté sadique.

Hireki cligne des yeux.

    «C’est...» L'Asiatique se laisse retomber dans sa chaise. «C’est pas possible. Je ferais jamais ça.» déclare-t-il avec assurance.

    «Je t’ai ramené chez toi avec le mannequin écrasé sous le bras. Elle est encore dans la poubelle de la cour ! Si jamais tu veux lui rendre hommage...»

Hireki blêmit en levant le nez vers la fenêtre de la cuisine.

    «Mais sinon, j'peux te montrer quelques vidéos...» finit de le convaincre Gabriel en faisant danser son téléphone sous son nez.

Les yeux du métis s'agrandissent d'effroi. «Des vidéos ?»

Gabriel hoche la tête, impassible. Hireki enfouit son visage dans les mains.

    « J'ai filmé pour la postérité... Des bébés mi Tete de Chataigne, Mi-carton!»

    Il a essayé d'emballer du carton!!! La phrase s'élève du téléphone de Gabriel hilare.

    «HAAAAN! Je vais devoir déménager, changer de nom, partir dans un autre pays... C’est fini pour moi.»

Gabriel soupire. «Quel Dramaxel ! T'as qu'à arrêter de picoler.»

    «Promis. Plus jamais.»

Mais, dans un coin de sa tête, Hireki ne peut s’empêcher de penser au mannequin en carton. Ses yeux se perdent dans le vide alors qu'il essaie de rassembler ses souvenirs.

    «J'suis sûr qu'avec un peu plus de temps, j'aurais pu avoir son numéro,» marmonne-t-il soudain.

Gabriel, incrédule, s'arrête net, le couteau suspendu au-dessus d'un citron. Il pose la lame et regarde Hireki, cherchant le moindre indice de farce. Les yeux plissés d'un mélange de fatigue et d'exaspération, il se rend à l'évidence...

    Hireki est sérieux.

    «Hireki, c'était un PUTAIN DE MANNEQUIN EN CARTON.»

Le métis lève un doigt dramatique.

    «Et alors ? Le vrai problème dans ce monde, c'est le manque d'ambition.»

Gabriel tape du plat de la main, visiblement au bout du rouleau.

    «TU. DRAGUAIS. DU. CARTON.» Gabriel s’aplatit un peu plus sur la table à chaque mot. Son nez n'est plus qu'à quelques millimètres de celui de l'Asiatique, qui ne se démonte pas pour autant.

    «Bah, toi, t'as jamais eu d'histoire avec quelqu'un de plat ?» réplique-t-il avec un sourire narquois, les fossettes bien marquées.

Gabriel reste silencieux une seconde. Enfin, il se redresse d'un coup, prêt à s'arracher les cheveux. Il ne sait pas s'il doit rire ou balancer sa tranche de citron dans la face de cet imbécile heureux.

Finalement, il quitte la pièce sans demander son reste.

    «J'abandonne.»

Hireki éclate de rire.

    «Je suis sûr que si je l'avais rencontrée en vrai, elle serait tombée sous mon charme !»

   «Tombée, oui, comme tout le reste de ta dignité.» ronchonne Gabriel, déjà en train d'allumer une cigarette, l'épaule contre le chambranle de la baie vitrée.

Le silence s'étire. Gabriel commence seulement à se détendre. 

    Cet imbécile a du s'endormir le front contre la table pour finir de cuver...

    «Gaby... » Le gémissement dramatique s'élève, la souffrance à son maximum. Gabriel tend, la mâchoire serrée. «J'peux avoir un gabychouco ? J’agonise.»

Gabriel laisse tomber sa tête en arrière, dépité. Il râle bruyamment d'ennui. 

    Ce mec m'épuise...

Il souffle la fumée de sa cigarette avant de l’écraser.

    «Avec des pépites de chocolat ?» marmonne-t-il, le pas traînant vers la cuisine.


===

    YO LES BOUNDIES !!! 💥💖

    Comme vous le savez déjà, le dernier épisode m'a quelque peu chamboulé (👀😭), au point que j'ai dû m’éloigner quelque temps de mes personnages adorés ! MAIS ME REVOILÀ !! 🎉✨

Bon, pas encore avec un nouvel épisode (patience, mes petits traumatophiles ! 😏), mais avec ce petit interlude totalement "WHAT THE DUCK" 🦆😂 ! Une pause détente, histoire de reposer votre âme et de muscler vos zygomatiques avant la tempête... 🌪️😈

À la semaine prochaine pour de nouveaux traumas ! 🎭🔥

Votre King Mochi,
    aka Diogène ☕🍭