lundi 9 décembre 2024

Premiers Emois (Interlude)

 

🍡 Salut les Boundies! 🍡

Nous en sommes déjà au troisième épisode du Chapitre 3! EH OUI!! 😱 

A cette occasion, voici un petit interlude léger et hors du temps 🌈🌈

Découvrez quand et comment Hireki a commencé a être consumé par cet amour dévorant qu'il a, aujourd'hui, pour Gabriel! 🔥

✨✨Bonne lecture et à la semaine prochaine pour la suite de 'Un Chant d'Eternité'! ✨✨


***


    Le salon est plongé dans une semi-obscurité, éclairé seulement des lueurs bleutées de l’écran de télévision.

Sur le canapé, Hireki, recroquevillé sous une couverture, les yeux grands ouverts, est complètement absorbé par le film d’horreur qui défile. À ses côtés, tout aussi rabougri et collé à son épaule, Gabriel tient la télécommande, prêt à baisser le son dès qu’un cri strident surgira.

    « Sérieux, pourquoi elle descend dans la cave ? » marmonne Hireki sans quitter l'écran des yeux. « Ça finit jamais bien, les caves. Autant brandir une pancarte lumineuse "Tuez-moi" ! »

Il resserre un peu plus la couverture, trahissant son angoisse malgré son ton désinvolte.

    « Elle a dit qu'elle allait voir les fusibles... » chuchote Gabriel, pragmatique.

    « Mais pourquoi une bougie ? Une BOUGIE, Gaby !!! » Hireki lui lance un regard plein d'incompréhension. Pour toute réponse, Gabriel hausse simplement les épaules, la moue innocente.

    « Gaby, avoue ! » le pousse Hireki d'un coup d'épaule, un sourire malicieux aux lèvres. « Si c’était toi, tu te sauverais dès le premier bruit bizarre, hein ? »

Il arbore une confiance insolente, comme s’il n’avait pas sursauté une seule fois depuis le début du film.

Gabriel ne répond pas. Les yeux rivés à l’écran, il sursaute violemment lorsque l'actrice pousse un cri déchirant tandis qu’une silhouette sombre surgit derrière elle.

C’est à ce moment précis qu’Hireki décide de glisser sa main sur sa nuque.

    « AAAAH !!! » hurle le jeune garçon, bondissant du canapé comme un chat pris de panique.

Hireki éclate de rire, s’écroulant presque sur les coussins, les pieds s’agitant sous la couverture comme un fantôme épileptique.

    « Ta tête ! J'en peux plus !!! Gaby, trop mignon !! »

Les rires sont stoppés net par un coussin qui frappe Hireki de plein fouet.

Gabriel, les joues rouges, se tient prêt à défendre son honneur du haut de ses 11 ans.

    « Ah ouais ? » réplique Hireki, d'un ton de défi, un coussin déjà en main.

En quelques secondes, la guerre est déclarée. Les coussins volent dans tous les sens, les rires éclatent, et le film est complètement oublié. Le salon devient un champ de bataille dont le canapé est la seule barricade.

Gabriel se réfugie derrière un accoudoir. 

    « Pas trop fort ! Pas trop fort ! » supplie-t-il, entre deux éclats de rire.

    « Vous êtes cerné, Gaboudin ! » menace Hireki en lançant un coup bien placé.

Gabriel s’écroule en arrière, la main sur le cœur, se roulant sur le tapis dans une exagération théâtrale.

    « Aaaah, Hi-chan ! Tu m’as tué ! » gémit-il, faussement agonisant.

Hireki lève les yeux au ciel. « Trop facile ! Gaby le fragile ! » dit-il dans une posture conquérante.

Profitant de cet instant de relâchement, Gabriel attrape un coussin au sol et le lance en pleine face de son ami, faisant glisser ses lunettes.

    « Toi, tu l’auras voulu ! » Hireki les replace l'air déterminé. Une flamme vengeresse brille derrière les énormes verres ronds.

Ils se jettent l’un sur l’autre. Les coussins volent de plus belle, les rires explosent, et l’adrénaline fait battre leurs cœurs. Dans un élan de victoire, Hireki, fort de son corps d’adolescent, coince Gabriel sur le tapis, un coussin prêt à porter le coup de grâce. Mais le petit corps à sa merci lève les mains en signe de reddition.

    «Je me rends, je me rends!» Les cheveux en bataille et les joues rougies par l’effort, Gabriel éclate d’un rire cristallin qui résonne dans la pièce, secouant son petit corps.

Hireki se fige soudainement. Le coussin reste en l’air, ses muscles tendus.

Le temps ralentit. 

Le chaos disparaît. 

Les rires s’effacent, ne laissant que ce regard: Deux émeraudes pétillantes d’innocence.

Et quelque chose d’autre.

Quelque chose qu’Hireki ne comprend pas encore.

Il ne peut détacher ses yeux de Gabriel: Son sourire éclatant, le halo de boucles châtaines étalées sur le tapis, et encore, toujours, ces yeux verts... Magnétiques... Une chaleur nouvelle s’empare de lui. Un frisson parcourt son échine. Son estomac papillonne, déclenché par une essence enivrante.

Pourquoi cette chaleur ? Pourquoi ce cœur qui s’acharne à vouloir s’échapper de cette poitrine soudain trop petite ?

C'est son meilleur ami. Juste... Son meilleur ami. Pourtant...

Son corps penche en avant, attiré par une force invisible.

    « Hi-chan... » Gabriel, se crispe  « Tu me fais peur... » murmure-t-il. Son souffle tiède aux parfum de chocolat chaud caresse les lèvre de Hireki mais ses paroles claquent comme un seau d’eau glacée.

Hireki recule brusquement. Chancelant, les mains tremblantes, il replace nerveusement ses lunettes.

    « ... C’est même plus drôle... » Il déglutit en secouant la tête. La chaleur encore aux joues, il ajoute maladroitement : « Tu perds toujours ! »

Gabriel s'assied. Les genoux contre son torse, ses petits doigts tirent nerveusement sur un fil de son pyjama.

    « Pardon, te fâche pas... » s'excuse-t-il presque au bord des larmes.

Hireki fronce les sourcils, agacé. « Qu’est-ce que tu racontes ? » dit-il d'un ton un peu brusque.

Gabriel enfonce la tête dans les épaules avant de sourire, fragile.

« Rien. » tente-t-il d'apaiser le métis qui roule des yeux. « Pfff, t’es débile des fois ! » Il détourne le regard, déjà en train d’effacer ce moment étrange de sa mémoire.

Soudain, un grincement faible mais suffisant brise le silence. Gabriel se redresse droit comme un 'i', le regard fixé sur l’entrée du salon plongée dans l’obscurité.

    « C’était quoi, ça ? » chuchote-t-il en se rapprochant instinctivement de Hireki, agrippant son pyjama.

Le métis, encore troublé, met une seconde à réagir. « Hein ? De quoi tu parles ? »

Gabriel tire sur le tissu et le secoue légèrement. « Le bruit, là !» pointe-t-il l'entrée du salon « On aurait dit… » Il se mord la lèvre, hésitant à prononcer les mots qui rôdent dans son esprit.

    « On aurait dit quoi? » demande Hireki, piqué au vif.

Gabriel avale sa salive avec difficulté. « On aurait dit... Un truc de film d'horreur… »

    «T'es nul toi!!» Hireki éclate d'un rire nerveux, la main déjà posée sur celle de son ami. « C'est surement le ve... »

Soudain un nouveau craquement retentit, plus proche cette fois. Gabriel pousse un hurlement strident et, dans un geste héroïquement égoïste, pousse Hireki en avant.

    « PRENEZ-LE, LUI !!! »

    « QUOI ?! » s’indigne Hireki, complètement paniqué quand la lumière s'allume brusquement.

    « Qu’est-ce que vous fichez encore debout à 2h du matin ?! » tonne Maxence, les bras croisés, le regard noir. « Je vous entends glousser de là-haut !! »

Les deux garçons restent figés, comme des criminels pris sur le fait, les yeux écarquillés, la bouche grande ouverte. Gabriel, les joues rouges et la voix tremblante, pointe alors un doigt accusateur vers Maxence. 

    « Mais? ... Mais?... Vous etes Monsieur Bouvier !! » clame-t-il emplit d'une incohérence grotesque qui sidère tout le monde.

La gêne s'installe. Le jeune homme considère son meilleur ami et son père, puis force un rire bien trop forcé, presque désespéré pour briser le malaise, même si tout sonne ridiculement faux.

Maxence lève les yeux au ciel.

    « Regardez-moi ce bazar », grogne-t-il en désignant les coussins éparpillés, la couverture froissée et le tapis complètement décalé.

    « Désolé, 'Pa », marmonne Hireki en baissant les yeux, mais malgré la situation, un sourire désarmant étire ses lèvres. « On est vivants ! Tout va bien ! » lâche-t-il avec un enthousiasme non feint.

Maxence soupire profondément « Pas pour longtemps si vous ne rangez pas ce salon et allez vous coucher dans les cinq prochaines minutes. »

Gabriel se jette immédiatement sur les coussins, les ramassant avec une précipitation qui frôle le désespoir. Il les empile maladroitement sur le canapé guettant du coin de l’œil Maxence. L'homme visiblement épuisé observe la scène avec une neutralité absolue, appuyé au chambranle.

Les mains de Gabriel cessent de trembler.

Hireki, lui, reste figé à sa place. Il semble ailleurs, son regard flottant dans le vide.

Il ressasse ce moment, ce regard, ce sourire. Pourquoi avait-il voulu se rapprocher de Gabriel, juste avant que Maxence débarque ? Que voulait-il vraiment? La chaleur continue de brûler quelque part en lui, une sensation qu’il ne parvient pas à apaiser.

Maxence soupire encore une fois repoussant ses cheveux, l'air éreinté 

    « Bon! Les Terrible Two, je retourne me coucher! Eteignez la télé et si j’entends encore un bruit… »

Gabriel hoche frénétiquement la tête, son expression soudain très sérieuse. 

    « Promis, monsieur Bouvier, on sera sages comme des images ! »

    « Oui, oui… » répond Maxence, sceptique, avant de quitter la pièce d’un pas trainant.

Le silence retombe aussitôt.

Gabriel pousse un soupir de soulagement en se laissant tomber sur le canapé.

    « Ouf, on a survécu... » chuchote-t-il avec un sourire en coin.

Hireki hoche lentement la tête et s’assoit à ses côtés, mais son esprit est toujours ailleurs. Il lorgne la petite silhouette qui observe le plafond le sourire jusqu'aux oreilles. La sensation persiste au fond de lui, brûlante, insupportable, et refuse de disparaître. 

Qu'est-elle?

Gabriel est là, à ses côtés, si proche qu’Hireki peut sentir la chaleur de son épaule.

C’est juste Gaby. Rien d’autre que Gaby.

Et pourtant… Il vient d'attiser en Hireki les braises d'un feu qui ne cessera à jamais de bruler...



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