lundi 3 mars 2025

Chap IV : La Promesse de l'Ange (2/5)


Précédemment: Chap IV - La Promesse de l'Ange - 1/5

(👀 ~10min de lecture)


⚠️ Trigger Warning ⚠️

Cet épisode aborde des thèmes très sensibles, dont exploitation sexuelle, toxicomanie, dissociation, maltraitance psychologique et détresse extrême.

La lecture peut être éprouvante. N’hésitez pas à faire une pause si nécessaire. 

💙Prenez soin de vous💙


Chap 4

LA PROMESSE DE L'ANGE

(2/5)

---

    Le coup de rein est puissant. Il est plaqué si fort contre le mur qu'il lui semble que la petite étagère à ses côtés a vacillé. Il sourit bêtement. Il n'a même pas eu mal. Pourtant, à cet endroit, son dos est marqué.

Enfin, il croit...

C’est là que le muret a frappé quand Monsieur Bouvier l’a poussé, il y a...

Combien de temps déjà ? 

Il fronce le nez en essayant de se souvenir. Il remonte le fil et c'est "L'autre" qui lui revient.

Ah ! C'est vrai... Lui aussi a frappé à cet endroit en voyant les ecchymoses.

Il y a même écrasé sa cigarette!

    « Cochon » susurre Gabriel, un peu hilare en repensant à l'odeur de chair brûlée.

Son regard divague. Il n'arrive pas à fixer un point précis, sa tête ballotte sous les coups de butoir. Ses yeux accrochent finalement le néon qui grésille au plafond. On dirait un bruit de grillons... ou des cigales ? Il fronce les sourcils.

Son nez brûle. Il se frotte les narines. Il a le vertige, même dans ses pensées. Les mots lui échappent.

L'homme râle entre ses cuisses et Gabriel repense encore à "L'autre".

Au moins, avec lui, c'était la dernière fois. Juste de quoi récupérer quelques affaires…

    « Il a changé les serrures » murmure-t-il, la tête tapotant contre le mur.

    « Ta gueule » grogne l'homme dans son cou. Il halète à chaque coup de rein. Gabriel peut sentir ses lèvres retroussées frotter contre sa peau. Il penche la tête pour y échapper et son regard croise celui d'un préservatif, tout sourire, lunettes de soleil éclatantes et pouce levé.

    « C'est bon » soupire Gabriel pour rassurer l'affiche.

Normalement?

La ventilation fait osciller le papier à moitié décollé et la mascotte opine du chef, satisfaite.

Une secousse plus violente et Gabriel s'entend gémir. L'homme a soulevé sa jambe. Il a trouvé le bon angle.

    Ça arrive parfois... Il dirige sa main en bas, pour se caresser.  C'est physiologique... 

Mais l'homme s'agite un peu plus. Accélère. Gabriel s'accroche à son cou pour ne pas perdre l'équilibre. Il entend son propre souffle, saccadé, entrecoupé de quelques hoquets. Il se voit brouiller les pistes. Il ne sait même pas pour qui...

Est-ce que c'est lui là, qui gémit ? Est-ce qu'il prend vraiment son pied ?

Puis les doigts s'enfoncent dans sa peau. L'homme se libère en lui.

    « Argh putain, oui ! » Encore une ultime poussée, jusqu'au fond. Gabriel s’attend à ce qu’il secoue son engin encore un peu...

Comme un pistolet d'essence... Jusqu'à la dernière goutte.

Un rire lui échappe. Un gémissement. Il s'agrippe plus fort, mais l'homme recule déjà. Le regard rivé dans celui de Gabriel, il lui attrape sans douceur le menton puis lui flatte la joue.

    « Bon garçon… » Il se retire... Trop vite. Ses entrailles se tordent.

    « C'était une baise phénoménale! » lâche-t-il en remontant déjà son pantalon. « Comme d'hab', tu vas m'dire ! » Il darde soudain un regard presque complice sur Gabriel. « J't'avais dit, sous K c'est une dinguerie ! » Il se tapote la narine d'un geste équivoque.

Gabriel glisse jusqu'au sol dans un gémissement qui frôle la satisfaction. Ses jambes tremblent. Sa tête tourne. Son nez brûle toujours autant. Il en pince l'arête, se frotte les paupières.

    « Ouais, carrément... Mais, t'as pas... Quelque chose de plus fort ? » Sa voix est engluée par les substances.

L'infirmier replace son badge avec application quand il lui jette un regard dédaigneux dans le reflet d'un miroir.

    « Tu t'crois où ? Les stocks se remplissent pas par magie.» Il revient à sa tenue qu'il ajuste avec soin. « Camé ! »

Les mots ne l'atteignent pas. Gabriel se relève en chancelant.

    « Ah... Ben... C'est pas grave » hausse-t-il des épaules, faussement penaud. « La prochaine fois...»

L'infirmier lève un sourcil avant de décocher un sourire entendu.

    « T'aimes ça, hein ? T'es ma p'tite salope... »

Gabriel tente un sourire qu'il sait pitoyable. Ses jambes flageolent. Il s'empêtre dans son jean et manque de tomber. Il se rattrape in extremis. Cette fois, l’étagère vacille réellement.

Il sent quelque chose. Là, au bout de ses doigts.

C'est froid.

Ils se sont enfoncés dans quelque chose.

Il éclate de rire.

    Un pot de chambre.

    « Ahahaha !!! Merde, la chance !! Il est vide !! Regarde !! »

Il tend la main vers le visage écœuré de l’infirmier, qui le repousse violemment.

    « J'finis ma garde à 4 h ! Jusque-là, j'vois rien, j'entends rien. Tu connais l'chemin et touche pas aux machines !»

Puis, sans autre regard, le soignant sort, les mains dans les poches, le torse gonflé. Gabriel l'entend siffloter derrière la porte.

    « À plus...» Il plisse les yeux.

C’est quoi son nom déjà ? Est-ce qu’il lui a seulement demandé ou s'est juste contenté d'obtenir ce qu'il voulait de lui ?

    « Machin... » lâche-t-il finalement.

Plus un bruit. Plus d'agitation. Le calme plat.

Il regarde autour de lui.

La pièce sent les médicaments rances, le désinfectant. Gabriel lève les yeux agacé. Et ce putain de néon qui clignote.

    « J'vais faire une crise d'épilepsie, hahaha! »

Il remonte misérablement son pantalon, perd l’équilibre. Se cogne la tête contre le mur.

    « Fait chier ! »

Il ferme les yeux, s'essuie une nouvelle fois le nez pour en chasser toute la poudre qu'il a respirée. Enfin, il parvient à se redresser et il la voit.

    La bonbonnière.

Elle déborde de petits bâtonnets bien connus.

Il attrape une sucette avec une rapidité étonnante.

Elle est rouge et blanche. Comme celles de la Rousselet!

Ses doigts la serre si fort que le plastique crépite.

    « J’ai été très gentil ! J’ai droit !» se défend il.

Il la presse contre sa poitrine, tournant vivement le dos à la bonbonnière, de peur qu’elle ne la lui reprenne.

Les "autres" lui prennent toujours tout.

Mais pas cette fois!

Personne ne lui volera ce petit trésor.

PERSONNE !

    « J’ai aussi droit de gagner, d’abord !» lâche-t-il d'un ton résolu.

Le néon cesse de crépiter.

Gabriel se fige.

Un silence absolu.

Alors, un sourire satisfait se dessine lentement.

On l'écoute enfin.

À l'abri des voleurs, il déploie les doigts et admire la friandise avec la fierté d'un enfant.

    « C'est pour Hi-chan...»

Mais la réalité le frappe. Ses mains tremblent. Ou est-ce les vertiges ? Il pouffe en secouant la tête et se dirige vers la porte.

Il jauge les épreuves qui l’attendent.

Le couloir est droit, dégagé et jalonné de veilleuses orangées. Il remercie Dieu à la volée en amorçant un pas.

    « Des checkpoints! » s'émerveille-t-il.

Il est dans un de ces jeux vidéo de zombies que Hireki affectionne tant. Pourtant quelque chose cloche. Il pince les lèvres et soudain, il réalise. Il retient son pas.

Il n'est pas le héros.

...

Il souffle un rire fatigué. Qu’est-ce qu’il espérait ?

Il se frotte le visage, le sourire résigné.

    Il perd toujours. Tou-jours !

Il lève de nouveau les yeux et inspire un grand coup.

Son corps avance

...

    « Visez la tête »


=====


    🌙✨ Salut les Boundies ! ✨🌙

Eh bien… wow! Cet épisode, c’était du lourd. Intense. Oppressant. Comme un néon qui clignote dans une pièce trop silencieuse.

🔥 Gabriel s’enfonce, toujours plus bas. Mais est-ce qu’il tombe… ou est-ce qu’il court, volontairement, vers le gouffre ?
🍭 Une simple sucette. Un fragment d’innocence dans un monde qui n’a plus rien de tendre. Mais à qui appartient-elle vraiment ?

Et surtout… quand est-ce que ça s’arrête ?

💬 Qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans cet épisode ?
💬 Le regard de Gabriel sur lui-même… Il joue avec le feu ou il est déjà consumé ?
💬 Cette sucette… espoir ou ironie cruelle ?

J’ai hâte (et un peu peur 👀) de lire vos réactions. Merci d’être là, toujours, pour suivre cette descente… ou peut-être, un jour, cette remontée. 🖤

Prenez soin de vous, hydratez-vous, et surtout… ne perdez jamais de vue qui vous tend la main. 🌌🍭

    🔥 Votre King Mochi, Diogene 🔥



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