lundi 24 février 2025

Chap IV : La Promesse de l'Ange (1/5)


Précédemment: Chap III - Les Cris du Silence - 5/5

(👀 ~10min de lecture)


Chap 4

LA PROMESSE DE L'ANGE

(1/5)


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    « Monsieur Bouvier !»

    Maxence se lève d'un bond quand la voix surgit derrière lui. Il a été appelé tôt au matin. Axel a connu un épisode important d'arythmie durant la nuit, nécessitant davantage d'examens. La femme en blouse blanche s'approche, les yeux encore fixés sur des documents. Arrivée à son niveau, elle tend machinalement la main vers lui, le regard à peine levé au-dessus de ses lunettes.

    « Bonjour », dit-elle avant de refermer le dossier dans un bruit feutré.

    « Bonjour, Docteure. » Maxence essuie discrètement sa main sur ses vêtements avant de la tendre à son tour. Elle est glacée par l'angoisse.

    « Asseyez vous, je vous en prie. » La femme a déjà contourné le bureau pour se laisser couler dans sa chaise. Elle s'avance, le visage sérieux, puis tapote doucement la pochette devant elle.

    « J'ai les nouveaux examens de votre fils. Ils sont plutôt bons. »

    « Plutôt ? » Le mot claque comme une sentence. La panique est aussitôt palpable. Maxence essaie de se contenir, feignant de s'installer plus confortablement sur son siège. La docteure se penche légèrement, l'allure pleine de compassion professionnelle. Il la voit le détailler d'un regard concerné. Elle semble peser chacun des mots qu'elle va prononcer. Enfin, elle se lance après une petite toux nerveuse.

    « Comme vous le savez, votre fils est arrivé en arrêt cardiaque. » Maxence frémit. La femme s'arrête un bref instant, le laissant se reprendre. Puis, elle poursuit, les mains jointes devant elle : « Nous l'avons stabilisé rapidement. » Soudain, hésitante, son regard devient étrangement fuyant et attentif à la fois : « Cependant... »

Maxence se redresse d'un coup. Ses yeux écarquillés d'effroi transpercent la femme, qui recule légèrement avant de poursuivre plus prudemment : « Depuis son admission, votre fils présente des épisodes intermittents d'arythmie, toujours sous surveillance. Mais celui de cette nuit était particulièrement sévère, c'est pourquoi nous avons refait une série d'examens. » Les épaules de Maxence s'affaissent. Que doit-il en penser ? Est-ce grave ? Il hésite :

    « Mais... Il va se réveiller, n'est-ce pas ? » Ses doigts se serrent sur son manteau dans l'espoir d'une réponse positive. La femme s'appuie presque nonchalamment contre le dossier de son siège en rouvrant le dossier médical. « Parlez-moi de cette cicatrice au thorax », lance-t-elle, les yeux rivés sur les documents.

    « Pardon ? » Une bouffée d'angoisse envahit Maxence. Un frisson glacé lui parcourt l’échine, ses doigts s’engourdissent sous l’adrénaline. Il déglutit. Ce fichu accident... Il le savait. Il le savait depuis le début. Un pressentiment de plus en plus pesant.

    « Votre fils présente une large cicatrice en dessous de la clavicule gauche et une deuxième sous l'omoplate gauche. » Elle lève enfin le regard vers lui sans bouger davantage : « Sont-elles... communicantes ? » articule-t-elle clairement.

    « Sa cicatrice ? » Maxence répète le mot sans vraiment le comprendre. Il se frotte le front, nerveux. Sa main est maintenant moite. « Est-ce qu'elle... est-ce qu'elle aggrave son état ? »

    « Que s'est-il passé ? » insiste la femme d'un souffle professionnel impitoyable qui ne lui laisse aucun répit.

    « ... » Maxence s'agite avant de se lancer : « Une cage à poule. Ces jeux d'escalades pour enfants. » Le regard voilé par les souvenirs, les mots résistent. Il fronce le nez sous l'effort. « C'était... Il y a plus de 20 ans... Il a escaladé... monté et... hum. » Il s'ébroue pour retrouver plus d'aplomb et les mots s'échappent bien plus vite qu'il ne l'aurait voulu. « La structure a lâché », comme pour se débarrasser des horribles réminiscences qui se dessinent devant lui.

    « Hmmm... » La femme opine. Ses iris balancent, parcourant les informations médicales. « 20 ans... Une cage à poule... » dit-elle, pensive. Elle finit par s'agiter, les sourcils rapprochés. « Les cages Indiana ? » demande-t-elle d'une voix ferme, les yeux désormais rivés, pleins d'intérêt, sur Maxence.

    « Oui », répond-il, décontenancé. Il a un léger mouvement de recul qui fait grincer sa chaise.

    « J'ai moi-même perdu une cousine dans un accident similaire », s'adoucit-elle. La compassion semble enfin sincère quand elle se redresse complètement : « Un vrai scandale. J'étais adolescente, mais je me souviens du procès retentissant qui en a suivi », conclut-elle avant d'enchaîner : « Enfin... Donc, une barre a traversé sa poitrine ? C'est ça ? » Tout son corps est penché vers Maxence, son regard brille d'une nouvelle étincelle.

    « Elle l’a transpercé... de part en part », dit Maxence en mimant la trajectoire comme il peut, le souffle coupé par la douleur fantôme. Soudain, il revoit Axel, si petit, emmailloté dans tous ses bandages, branché à autant de machines : ce lourd respirateur qui lui dévorait le visage, le souffle artificiel et régulier qui l'accompagnait, le « bip » monotone des moniteurs. Lui n'est arrivé que 4 jours plus tard, quand le plus dur était passé. Comme toujours... Où était-il déjà ?

    'Lui' par contre... Quelques fils à l'arcade... Accroché à la jupe de sa mère...

 Il sent son corps défaillir quand la femme se racle discrètement la gorge pour le rappeler à elle. Elle aplatit les feuilles devant elle : « Je vois... »

    « Mais, il avait 7 ans ! » coupe aussitôt Maxence. Brusquement, son regard s'agrandit quand le détail oublié lui revient en plein face. « Mon dieu... Je n'étais pas là. Même pas là. » Il enfouit son visage dans les mains pour en chasser la culpabilité : « J'étais en Mongolie… je n'ai même pas vraiment compris ce qui se passait... » Ses mots étouffés dans les paumes, tout son corps balance d'avant en arrière sur l'assise. « Est-ce que... » Il se reprend d'un mouvement vif : « Cet accident aggrave son état ? Même au bout de 20 ans ?! »

La femme souffle, désolée : « C’est une hypothèse. Une blessure de ce type, si elle a touché les tissus autour du cœur ou compromis certains nerfs, pourrait expliquer une fragilité sous-jacente. »

    « Pourtant, à l'époque, les médecins n'ont parlé que de probables séquelles aux poumons, rien d'autre ! » s'insurge Maxence. Sa poitrine se gonfle sous la révolte. La colère marque son visage, faisant trembler sa mâchoire. « Jamais ! Absolument jamais, on ne m'a parlé de son cœur !!! » Sous le regard impassible de la Docteure, Maxence sent son propre souffle cogner contre sa poitrine. Ses mains tremblent, le corps en suspension au-dessus de sa chaise.

La femme brise le silence de sa froideur clinique : « Les techniques ont évolué en 20 ans. À l'époque, ils sont allés au plus urgent. Mais, si votre fils semble avoir récupéré, il est possible que l’hypothermie récente ait amplifié un problème latent. » Elle se redresse pour reprendre le contrôle de la situation : « Les arythmies cardiaques qu’il présente actuellement pourraient donc bien être liées à ce traumatisme ancien. Même si tout semblait ‘normal’, des adhérences, des altérations au niveau des nerfs peuvent fragiliser le cœur à long terme. Et aujourd’hui, l’hypothermie n’a rien arrangé. » Maxence se laisse retomber lourdement sous le poids de l'incertitude et du désespoir.

    « Mais... Il va se réveiller, n'est-ce pas ? » La mine grave, le regard implorant, sa main s'agrippe au bureau.

    « Il était important de vous tenir au courant de son état, mais hormis ces arythmies, il n'y a pas de raison de s'inquiéter outre mesure. Il récupère doucement. » La femme décoche son premier sourire depuis le début de l'entretien. Maxence la regarde incrédule. En une fraction de seconde, ce rendez-vous aux allures décisives se transforme en un simple compte rendu. La voix professionnelle continue, bienveillante :     

    « Votre fils est solide et entre de bonnes mains. Il faudra juste qu'il ménage son cœur à l'avenir. » Maxence acquiesce bêtement, encore abasourdi devant la professionnelle qui continue de le rassurer : « Quant à son réveil, il faut rester patient, mais rien d'alarmant. » Elle esquisse un mouvement d'élan vers la droite, la main appuyée sur le bord du bureau. Maxence la suit inconsciemment pour se retrouver debout avant d'y avoir pensé.

    « Laissez-moi vous raccompagner ! » La femme tend la main aimablement vers la porte.

    « Merci », Maxence suit le mouvement comme un pantin avant de sentir un petit objet rond sous un pli de son manteau. « Ah, docteur ! » s'interrompt-il, « est-ce que mon fils a de la visite ? »

    « Je ne m'occupe pas de ce genre de chose. Pourquoi ? »

    « J'ai trouvé cette sucette à son chevet... » fouille-t-il dans la poche. « J'ai pourtant interdit toute visite. »

La docteure regarde la friandise d'un air amusé.

    « Ah ! ce sont les sucettes que l'on donne aux petits patients sages. » elle sourit, rassurante, « la pédiatrie n'est pas très loin, une infirmière l'aura sûrement oubliée ou faite tomber pendant les soins ? » Maxence se pince les lèvres, dubitatif, faisant rouler l'objet entre ses doigts.

    « Les visites sont restreintes dans ce service en temps normal », explique la femme tout en le conduisant lentement vers la sortie, « mais vous pouvez toujours revoir les conditions auprès de l'accueil. » Maxence opine, tendant la main : « Je vais y aller. Merci beaucoup, docteur. »

    « Au revoir, Monsieur Bouvier. »

Une fois la porte refermée, Maxence ne peut s'empêcher de fixer le bonbon. La sucette roule entre ses doigts. Rouge et blanche. Innocente.

Il la serre plus fort. Ses phalanges blanchissent.

Puis, d’un geste sec, il l’écrase sur un chariot de soin abandonné le long du couloir. Trop fort. Les ustensiles tremblent dans un bruit métallique. Il jette un dernier regard sur le couloir. Au fond de celui-ci, Axel lutte, mais peut-être pas pour lui. Il serre le poing. Une impulsion traverse ses doigts crispés. Une chaleur insidieuse, une brûlure glacée comme celle qui lui transperça la poitrine quelques jours auparavant sous les émeraudes assassines : « Vous êtes incapable de vous occuper convenablement de votre fils. »

    « Vaurien », le mot claque, plein d'amertume. « Je serai là. Cette fois. » Maxence tourne les talons, poitrine gonflée et mâchoire serrée.


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    🌟 Salut les Boundies ! 🌟

Et voilà, nous entrons dans le quatrième chapitre ! Déjà ? Enfin ? 😏 On avance, et autant dire que l'ambiance est toujours aussi... légère et joyeuse, hein ? 😈 (Non.)

🔥 Maxence est sous tension. Il veut être là pour Axel, mais... est-ce vraiment pour son fils ? Ou juste pour prouver quelque chose ? 👀 Et cette sucette... coïncidence ou message ? 🍭

Dites-moi tout !

💬 Qu’est-ce qui vous intrigue le plus dans cet épisode ?
💬 Maxence, vous lui faites confiance ou vous le sentez toujours à côté de la plaque ?

Hâte de lire vos réactions ! 🔥 Merci d’être là, vos retours sont ma potion magique pour continuer cette aventure avec vous !! 🖤✨

À la semaine prochaine, prenez soin de vous, et méfiez-vous des sucettes... 👀🍭

    Votre King Mochi, Diogene 🍭🍭



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