Précédemment: Chap IV - La Promesse de l'Ange - 2/5
(👀 ~10min de lecture)
⚠️ Trigger Warning ⚠️
Cet épisode contient des mentions de dissociation, de détresse psychologique intense, et d’allusions implicites à des souvenirs d’abus.
La lecture peut être éprouvante. N’hésitez pas à faire une pause si nécessaire.
💙Prenez soin de vous💙
Chap 4
LA PROMESSE DE L'ANGE
(3/5)
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La porte grince.
Gabriel la referme doucement, le cœur battant, et reste un instant appuyé au chambranle.
Ce n’est pourtant pas la première fois qu’il s’infiltre dans cette chambre… Mais le bruit ambiant le surprend toujours.
Le goutte-à-goutte,
Le tensiomètre,
Le grésillement des machines.
Il les entend dans son dos.
Quelque chose a changé. Il plisse les yeux, se concentre, mais rien n’y fait. Son esprit est encore brouillé par la poudre. Il se frotte le nez, se retourne.
Trop vite.
Il chancelle. Se rattrape, dos au mur, haletant.
La silhouette est là, pile devant lui, endormie.
« Salut, Tête de Châtaigne… » murmure Gabriel.
Hireki repose sur le dos, les bras de chaque côté du corps. Gabriel s’approche et saisit enfin ce qui cloche:
« Ah… t’as retiré ton masque de pilote de chasse ! »
Le respirateur artificiel n’est plus là. La poitrine de Hireki se soulève régulièrement, naturellement. Inconsciemment, celle de Gabriel suit les mêmes mouvements.
Deux cœurs pour une seule âme.
Hireki a les cheveux en bataille, les lèvres gercées, une compresse sur l’œil droit. Ce côté du visage est encore marqué de croûtes. La peau semble si fragile, presque transparente. Une vieille trace d’adhésif marque sa joue. Gabriel réalise trop tard qu’il est en train de la toucher du bout des doigts. Il recule la main brusquement.
« Ben... T’as une sale gueule, tu sais ça ? »
Bip bip bip
Le moniteur cardiaque s’emballe une fraction de seconde pour défendre Hireki. Gabriel le fixe aussitôt, prêt à dégainer une répartie cinglante. Il suit la course des oscillations qui ralentissent peu à peu en un rythme régulier. Gabriel s’avance, le toise, le vert de ses yeux pareil à celui des constantes.
Il penche la tête.
À droite,
puis à gauche.
« Encore sur ton jeu ? » lâche-t-il soudain. « Il a l’air à chier… J’comprends rien. »
Il éclate de rire avant de se couvrir la bouche. « Shhhht… » secoue-t-il la main, s’intimant de se taire « Machin va me défoncer. » Ses yeux s’écarquillent. L'infirmier est de nouveau entre ses cuisses. Il les regarde se resserrer d'elles-mêmes.
« Enfin… encore une fois ! » Gabriel est pris d’un fou rire qu’il étouffe comme il peut.
Puis vient le vertige.
Il s’effondre dans le fauteuil placé à côté du lit. Le métal grince, les roues crissent, et le siège frappe le mur. À genoux sur l’assise, le front appuyé au dossier, il essaie de s’asseoir correctement, mais tout tourne.
« Putain… la descente… »
La nausée monte.
La pièce tangue.
Pris au piège, Gabriel ferme les yeux mais les rouvre aussitôt.
« J’dois pas m’endormir !! Ou Machin va… j’l’ai déjà dit, ça, non ? »
Le regard exorbité, la bouche ouverte. Les murs le prennent en étau puis reculent aussi sec. Le temps s’est arrêté soudainement. Immobile, figé, le silence est assommant.
Le goutte-à-goutte,
Le tensiomètre,
Le grésillement des machines.
Puis la respiration de Hireki. Gabriel s'y raccroche, y synchronise la sienne.
Régulière,
Profonde,
Paisible.
Il tourne lentement les yeux vers l'endormi.
« J’me pose là, 5 min… j’suis KO… »
Il s’appuie sur les paupières, se frappe les joues. Ses genoux tressautent et la fatigue l’envahit, une lassitude crasse. L’esprit plus clair, il approche maladroitement le fauteuil près du lit. Il grimace. Chaque à-coup lui rappelle comment il a réussi à avoir accès à cette chambre.
« Ça va passer… ça passe toujours », murmure-t-il pour lui-même.
Il se coule dans le dossier, nonchalant, comme pour défier la douleur.
« Même pas mal, tu vois ?! » Ses reins, ses fesses, ses entrailles même le font souffrir, pourtant il reste là, affalé, un sourire arrogant aux lèvres.
Là, une bosse solide. Dans sa poche arrière.
Gabriel tire l’objet. Le papier craque.
« Ah oui ! C’est pour toi ! »
La sucette est fendue. Il fait la moue en la faisant rouler entre ses doigts. Puis, d’un geste solennel, la glisse délicatement sous les doigts du métis.
Gabriel sursaute.
Ils sont chauds.
Vraiment chauds !
Vivants !
Plus que tous les autres jours. Gabriel en est certain.
« C’est bon signe, ça, hein ? » Il serre la main, fermement cette fois. Il sourit en levant les yeux vers le visage endormi. Il veut partager ce petit bonheur, mais sa mine se renfrogne aussitôt. Hireki ne lui sourit pas en retour.
« J’l’ai pas volée ! » se défend-il aussitôt. « J’l’ai méritée ! Comme celles de la Rousselet ! »
À ce nom, une amertume étrange le prend à la gorge. Gabriel hoquette.
La Rousselet
Pourquoi il repense à elle ?
Soudain, un parfum d’ylang-ylang et de fleur de tiaré embaume la pièce. La bile lui monte. Il essuie ses lèvres précipitamment, se frappe la tempe, plisse les yeux, mais il les sent quand même :
Le toucher trop audacieux, la chaleur humide… intime. Quelque chose sur ses doigts. Et…
ce souffle…
« Bon garçon… »
Le souffle des secrets. Celui qu’on murmure pour étouffer les cris
« … Prends une sucette. »
Gabriel se débat, balaie son oreille pour chasser le bourdonnement. Puis, dans un même mouvement, se retourne, frappe le vide. Il n’y a personne. PERSONNE… mais elle est là.
Il halète, les doigts agrippés au fauteuil. Ses yeux détaillent chaque recoin de la pièce. Il ne se permet aucun clignement.
Elle n’est pas là…
Qui, déjà ?
Gabriel retombe dans le fauteuil, se frotte le front.
Bip bip bip
Il voit rouge.
Une colère sourde qu'il ne comprend pas monte des profondeurs de son âme. Brusquement, il se penche violemment sur Hireki, les doigts crispés sur les draps.
« Pourquoi t’es pas content ?! » crache-t-il. « Je l’ai pas volée, j’ai été sage ! SAGE !! »
Le corps tangue légèrement sous les secousses du matelas. Mais Hireki ne réagit pas.
Bip bip bip
Le moniteur accélère encore. Gabriel se tend.
« J’suis con… » Il repousse ses cheveux, s’essuie le front. En redécouvrant la situation, il s’effondre dans le fauteuil et timidement, ses doigts tapotent la main de Hireki. Un appel prudent.
« Tu seras content quand tu te réveilleras, hein ? » se mord-il la lèvre « T’étais toujours content ! »
Ses yeux roulent et le souvenir parle à travers lui. Les mots lui échappent…
« Sois sage, comme ça tu me donneras tes sucettes. »
Ce n'est pas sa voix. Ce ne sont pas ses mots.
Il se redresse, frappé par une vérité enfouie. Gabriel s’écrase la bouche pour la faire taire.
« Moi aussi ! » coupe-t-il fermement. « Moi aussi j’étais content ! » Fulmine -t-il au visage du souvenir qui se matérialise peu à peu.
Gabriel se débat. Ses bras brassent le vide. Il gémit, rejette le parfum acidulé, l’image d’une vérité frelatée.
« J’étais content ! » répète-t-il avec conviction. « Content, content, j’étais content. » Les paupières écrasées par ses paumes, il se raccroche à Hireki, fixe son sourire comme un appel au secours.
« Ton sourire, Hi-chan… » geint-il avant de relâcher la pression sur ses yeux. Gabriel sourit tendrement. Sa poitrine se gonfle. C’est la vérité. Sa vérité.
« Ton sourire… Tu n’as jamais arrêté … Et ça vaut bien… »
Quoi ?
« Tout ça… » souffle-t-il en souriant à pleine dents à l'Asiatique.
Gabriel déglutit, le regard perdu dans le vide.
Il part.
Les yeux gorgés. La vue brouillée.
Il part.
Brusquement, il agrippe le bord du pyjama bleu et blanc comme du bois flottant pour ne pas se noyer dans ces mensonges.
Des mensonges... Que des mensonges...
Lui, il sait...
« Après… Après, on jouera au Loup de Givre ! Hein ? » secoue t il timidement le tissu. « Hein ? Chan ? »
Lentement, la comptine se dessine sur ses lèvres. Son corps balance en rythme alors que ses doigts jouent la partition sur le bras inerte.
« Loup qui boîte, en silence avance et traîne sa… »
Soudain, il réalise.
« Non… »
Il lâche le vêtement, se recule.
Il n’a pas le droit.
Il ne peut pas.
Il observe ses doigts. Marbrés, froids, sales… dangereux.
« Non… Moi je… Je peux que givrer… »
Il tousse, son cœur déchiqueté par des crocs acérés. Il ne parvient plus à respirer. Une sueur froide le traverse.
« … C’est moi le loup, maintenant… »
Il sourit puis emplit d'une folie douce rit doucement, nerveusement, ... Franchement
« … Plus eux, elle, ou lui… »
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🌈💥✨ YOOOO LES BOUNDIES !!! ✨💥🌈OUI, OUI, vous ne rêvez pas 👀 : vous venez bel et bien de dévorer l’épisode 3 du chapitre 4 après deux semaines de silence monacal 😶📵 (ou presque... j’ai quand même crié dans ma tête💀).
- Est-ce que j’ai été sympa de vous laisser en plan sans même un petit interlude mignon ? 😅❌ Non.
- Est-ce que je regrette ? 🤷♂️Un peu.
- Mais est-ce que c’était nécessaire pour ma santé mentale ? ABSOLUMENT!! 🧘♀️🍵
J'étais en VACANCES 🍹⛱️🌊J’avais besoin de me ressourcer, me recentrer, et SURTOUT de fuir ces deux crétins émotionnellement ingérables pour préserver ce qu’il me reste de paix intérieure 🧠💥ME REVOILÀ, boosté à bloc, inspiré, et prêt à vous replonger dans le tsunami émotionnel™️ 🌀💔 avec une nouvelle salve de feels, de crises existentielles, et de "Non mais WHAT ???!" 😭🔥Alors ? 😇Ça piquait un peu aujourd’hui aussi, hein ? 🥲🎭 Vos larmes, vos cris, vos théories folles ➡️ dans les commentaires, right now ! 💬🫠JE VEUX TOUT!🔜 Rendez-vous lundi prochain pour une nouvelle tournée de :💀 trauma😶 non-dits🧊 et Gabriel Parfait™️ qui a toujours une masterclass de douleur à offrir à Hireki…Votre King Mochi revigoré,🍡 Diogene 🍡
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🕊 Envie de souffler un peu… ou de creuser plus loin ? 🕊
Prolongez l'expérience avec ces quelques Bonus:
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