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lundi 13 avril 2026

(Interlude - Ecrit Fantome) L'Hotesse d'Accueil





L'HOTESSE D'ACCUEIL

***


    Le chauffage d’appoint grince à ses pieds. Elle en glisse toujours un sous le bureau malgré la chaleur du hall. Elle a toujours été frileuse. Le téléphone sonne, elle décroche. Elle ne s’entend plus vraiment répondre. Tout devient automatisme à cette heure. Elle jette un œil à l’horloge murale qui occupe presque tout un mur. Une œuvre d’artiste qui pourrait payer le manque d’effectif.

    18h passées.

Elle raccroche en ayant déjà oublié quel renseignement elle a donné.

Les vestiges de ce ton affable résonnent encore.

    « Je vous en prie. Bonsoir Madame. » Elle répète ces mots tant de fois qu’ils en perdent tout leur sens.

Elle gigote sur sa chaise, se lève de quelques centimètres pour faire circuler le sang dans ses jambes. Un massage de pieds… c’est ce dont elle rêve à cet instant.

Peut-être quand elle rentrera… mais personne ne l’attend.

Elle plisse les yeux.

Lui, par contre, quelqu’un l’attend. Ou bien c’est l’inverse.

Ce gamin est là depuis bien un quart d’heure à piétiner dans une flaque de neige.

Elle regarde autour. Personne ne le remarque. Il est comme un fantôme.

En tout cas, si ce n’en est pas un, il ne va pas tarder à le devenir.

Les températures sont basses. Très, trop. La  tempête du siècle  est à peine passée et lui est là avec un T-shirt et un gilet de grosse laine qui a vécu mille vies. Son jean, lui, est effiloché, et ce n’est pas pour le style.

Pourtant, il ne tremble pas.

Elle le voit fourrer son visage de temps à autre dans une épaisse écharpe. Elle est bordeaux, seule couleur qui pointe sur cette silhouette dégingandée.

Elle renseigne mécaniquement un visiteur avant de revenir au jeune homme.

Il tousse et regarde ses doigts, écœuré, avant de jeter un petit cylindre blanc par terre, sur le sol glacé.

Elle pouffe.

Première cigarette ?

Soudain, il semble se débattre avec un insecte. Il se frotte le visage en râlant puis frappe violemment du pied.

La douleur se diffuse dans ses propres orteils. Le jeune homme grimace, jure au moment où une femme le bouscule. Enfin, elle pense qu’il a juré. La femme s’est arrêtée net et le détaille de haut en bas.

Lui, il l’ignore.

Ce gamin a quelque chose de fascinant.

Enfin, il semble se décider. Il s’agite, s’ébroue puis, après avoir enfoui une nouvelle fois son visage dans l’écharpe, il coule vers les portes automatiques. Il marche à reculons, tiré par des fils invisibles.

Quand il entre dans le hall, son cou s’étire et une constellation de taches de rousseur et d'éclat métalliques émergent de la laine bordeaux. Il plisse les yeux comme si tout l’agressait.

Il paraît même suffoquer quand il dénoue le cache-cou.

Il ne fait pourtant pas bien chaud.

Ses pieds se rapprochent instinctivement du chauffage d’appoint alors que le jeune homme époussette ses cheveux. Puis elle capte son regard. Lui ne la regarde pas, mais elle n’arrive pas à détourner le sien.

Le vert de ses yeux a quelque chose d’impossible. Ils sont d’une puissance absurde tant ils contrastent avec cette silhouette fragile.

Les portes automatiques grincent en s’ouvrant une énième fois. Une bourrasque s’infiltre et le jeune homme chancelle jusqu’à elle. Il se rattrape in extremis à l’accueil avant de disparaître dans le même mouvement que les brochures qu’il vient de faire tomber.

Elle sursaute quand il réapparaît. Ses yeux sont pétris d’angoisse. Il essaie de replacer les dépliants, mais ses mains tremblent. Il a les ongles rongés au sang et les jointures brûlées par le froid.

    « Monsieur ? » dit-elle dans un élan machinal.

Une fraction de seconde, elle le voit rentrer la tête dans les épaules pour la lorgner à travers une boucle blonde qui vient de glisser sur son front.

    « Bonjour, je… »

Elle est surprise par sa voix. Éraillée et grave, trop adulte pour un visage aussi poupon.

Tout est décidément contraste chez lui.

Pourtant, ce n’est pas ça qui la captive le plus.

Maintenant qu’il se tient proche d’elle, elle est subjuguée.

Il est d’une beauté magnétique, profondément dérangeante. De celles qu’on expose dans les musées et qu’on regarde se noyer avec émerveillement.

Elle entend vaguement un nom s’échapper de ses lèvres gercées et ses doigts sont déjà en train de le taper sur le clavier.

Un mouvement sec la fait sortir de sa rêverie. Il vient de reculer d’un pas et le regard qui l’avait envoûtée quelques instants auparavant s’éteint. Il passe au travers d’elle comme s’il ne faisait plus vraiment partie de ce monde.

    Est-ce qu’il a bu ?

    Qu’est ce qui cloche chez lui ?

L’ordinateur émet un léger son et elle lit machinalement quand le jeune homme redemande :

    « La chambre de monsieur Bouvier… Axel…»

    Pourquoi est-ce qu’il halète autant ?

Et ce bruit agaçant. Il n’arrête pas de se mordre la lèvre inférieure et ses dents émettent un claquement désagréable.

    « S’il vous plaît » ahane-t-il .

Nouveau craquement.

Elle lui jette un furtif coup d’œil.

Ses dents maltraitent une des pointes métalliques qui lui transpercent le visage.

Elle ne sait pas pourquoi son attitude la met soudainement mal à l’aise.

Elle avait très bien entendu la première fois.

Pourquoi la presser autant ?

Et qui visite les gens aussi tardivement ?

Une sueur froide parcourt son échine et ses doigts s’engourdissent. Elle sert les dents agacée et sa jambe s’agite sous le bureau quand elle relève la tête en s’efforçant de sourire.

    « Suivez ce couloir. Chambre 1221, deuxième étage. Service de cardiologie. » indique-t-elle du doigt. « Les visites se terminent à 19h30. »

Il la remercie avec le même ton robotique qu’elle, puis s’éloigne, le pas traînant.

Il n’a qu’un T-shirt sur le dos.

Elle hoche la tête, dépitée.

    Les jeunes…

Ses yeux se posent une nouvelle fois sur l’horloge du hall.

18h30.

Un bain chaud et un massage de pieds, c’est tout ce dont elle a besoin.

====

        Saluuuuuuuut les boundies !!!!! 💚💚💚
    
    J’espère que cet écrit fantôme vous a plu autant que moi j’ai aimé replonger dans cette scène 👀❄️

Vous aurez peut-être réalisé qu'il s'agit de l'Episode 1 - Chap 5  mais vu par la jeune femme de l'accueil!

Un petit POV extérieur… ça change tout, non ? 👁️✨
On voit les choses… mais on ne les comprend pas forcément mieux 😏

Dites-moi en commentaire ce que VOUS vous avez ressenti face à ce mystérieux inconnu 👀💭
(oui oui, je parle bien de lui 😌💚Notre ronchonchon d'émeraude)

Et comme toujours…

        👉 si vous voulez la suite, le vrai fil de l’histoire, les non-dits qui s’accumulent et les cœurs qui s’embrouillent… vous savez où cliquer 😏📖

On se retrouve très vite pour la suite du feuilleton !!! 💫

    Votre King Mochi 🍭🍡
        Diogène


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lundi 30 mars 2026

Chap V : Le Loup Boiteux et la Proie de Givre (3/5)


 PrécédemmentChap V - Le Loup Boiteux et la Proie de Givre - 2/5 

(👀~15 min de lecture)



Chap 5

LE LOUP BOITEUX & LA PROIE DE GIVRE

(3/5)


---


    « Je suis désolé, tellement désolé, Gabriel. »

    Hireki est effondré devant lui. Le visage défait, tordu par la douleur.
Il est méconnaissable.

    À quoi il joue ?

Gabriel le fixe, interdit.
Ce n’est pas Hireki… Hireki ne pleure pas.
Pas comme ça… Sans drame. Sans théâtre.
Quelque chose vient de s’effondrer, et ce qu’il en reste est un amas de tristesse et de désespoir.
Les yeux de Gabriel s’agrandissent, comme s’il pouvait voir au-delà de cette silhouette misérable, affalée dans un lit d’hôpital, les cheveux gras et les larmes ruisselantes.

    « Qu’est-ce qui te prend ? »

    « Go… gom… » Hireki hoquette. Sa perfusion tinte contre son support quand il essaie de s’essuyer les yeux. « Tellement… pour tout… » Il renifle bruyamment entre deux sanglots, avant d’être de nouveau submergé de chagrin.

    Est-ce que cet imbécile… est réellement en train de pleurer ?
    Pourquoi ?
    Pour lui ?
    Après ce qu’il lui a fait ? Jouer de ses sentiments ? De son corps ?

Dans le couloir, un bruit métallique fait ressurgir chez Gabriel des images lointaines.

Les barres de fer emmêlées comme un mikado. Le bruit de soudure qui cède… Et la petite silhouette suspendue. Traversée de part en part…

Il cligne des yeux. Chasse ce cauchemar.
La dette…
Il se mord la joue pour ne pas trop penser, mais c’est trop tard.

Un réflexe de gamin… Juste un réflexe… Essaie-t-il de se raisonner. En vain.

Gabriel ouvre à peine la bouche que les larmes de Hireki redoublent.

C’est autre chose…

Le métis se penche. Il hésite à tendre la main, se ravise. Puis, dans des soubresauts, il recule.

    « Ore wa… kimi o kizutsuke… tsudzuketeta… » Les mots grincent, étouffés dans la manche de sa blouse d’hôpital.

Gabriel déglutit. 

    Qu’est-ce qu’il a fait pour le mettre dans cet état ?

Puis ce sont les mots de Maxence qui lui reviennent.
    Qu’est-ce que tu as encore fait ?

    Encore…
    Oui…

    Qu’est-ce qu’il a bien pu faire… encore ?

Il rejoue les dernières minutes, mais les gémissements de Hireki, l’atmosphère trop lourde… Tout lui brouille l’esprit.

Et ce monitoring assourdissant. Il lui vrille les tympans.

Il regarde l’écran dont les constantes clignotent.

Son champ de vision rétrécit. Tout devient flou. Il ne voit plus que l’écran. N’entend plus que les alarmes, puis une sueur froide lui mord les reins. Chaque tintement de la machine suit son échine, insidieux, jusqu’à sa nuque. Se mue en un souffle. Le souffle de l’infirmier… Il glisse sur sa peau. L’étrangle.

Gabriel frissonne. Se tourne vers la porte.

    « Gabriel… » supplie le métis.

Il se concentre de nouveau sur lui.

S’il ne se calme pas… ‘‘Machin va…’’

Ses narines tiraillent. La douleur lui pince les muqueuses. Dans un sursaut, il chasse les relents de poudre. Ses doigts lui reviennent humides, mais le sang n’est pas là. Seulement une main moite et tremblante, dans un tunnel sans issue. Une impasse dont les murs noirs se resserrent de plus en plus.

Ses cuisses se serrent instinctivement. Il flanche.

Les doigts entre elles, il les sent…

    « Kidzukanakatta. Nani mo… nani mo miete… »

La litanie grouille, poisseuse. Elle se mêle à son tour aux alarmes, aux bourdonnements dans ses oreilles.

    « Ore, saitei da… » Les mots se dédoublent, se mêlent aux cris stridents du rythme cardiaque de Hireki.

Gabriel ne parvient plus à respirer. Il ne voit plus rien. Tremble.

    « … tasukerarenakatta… »

    « La ferme… » feule Gabriel entre ses dents. Il tangue. Son corps lui échappe. « Ferme-la… »

Il ne sait même pas si on l’entend, si Hireki l’entend.

Comme toujours… Un cri silencieux…

Il doit se ressaisir. S’ancrer à quelque chose de concret…
Quelque chose de rassurant… Et partir.

Il n’a plus rien à faire ici…

Quelque chose de fiable…

Et lorsqu’il s’apprête à abandonner,

Gabriel capte, du coin de l’œil, la grosse laine bordeaux.

    L’écharpe…

Sa respiration s’arrête… définitivement. Il en est certain.
Le temps ne court plus. L’oxygène suspendu. Les pleurs disparus.

    L’écharpe !

Son esprit vient de suivre le même chemin que celui de Hireki. Une mécanique si bien huilée que les images défilent devant lui.

    L’écharpe ! 

Il a gardé l’écharpe après avoir trouvé Hireki inconscient !

    Il l’a sauvé !

Encore une fois !

C’est pour ça, pour ÇA que Hireki pleure…

Il vient de s’engluer dans une poix faite de grosse laine.

Gabriel serre le poing.

    Pourquoi est-ce qu’il s’obstine à oublier ? Au bout de toutes ces années.

    Il n’est qu’un pantin. Le pion du destin.

Il lève les yeux sur la silhouette misérable en face de lui.

Bien sûr que c’est Hireki. Mais un Hireki le cœur à nu. Un cœur agrippé aux draps, qui prononce des mots qu’il ne comprend même pas.

    « Kidzukanakatta. Nani mo… nani mo mietenakatta… » L’Asiatique tangue d’avant en arrière. Les yeux perdus dans le vide.

Il est parti.
Égaré dans un monde qui n’est pas à lui…

Une rage sourde bourdonne en Gabriel. Il se déteste.

Il vient non seulement de raviver un amour qu’il voulait détruire, mais il l’a gravé au fer rouge.

Il se hait.
Il veut partir.

Quand il amorce un mouvement, son corps bascule en arrière. Il est si près de la fenêtre que le froid traverse ses vêtements. Loin des lames acérées du givre, c’est une main glacée à l’autorité douce qui le repousse aussitôt en avant. Une force contre laquelle il ne peut rien. Mélange de colère, de pitié, d’amour ou de haine. Ses pieds s’arrachent du sol. Il tourne la tête vers la porte, mais son corps penche dans la mauvaise direction. La main tendue, les doigts s’allongent, et il les voit s’agripper fermement à l’épaule de Hireki.

    « Hireki ! » le secoue-t-il violemment. Trop, pour un corps si fragile.

La tête du métis dodeline. Il grimace de douleur, mais ne relève pas les yeux.

    « … mie tena… ka… tta… » continue-t-il de réciter comme un mantra.

Gabriel agrippe ses cheveux. Trop brutalement. Il veut le faire taire.

    « La ferme ! Tu entends ?? Tais-toi !!! » Il lui attrape le menton. Écrase sa main sur ses lèvres.

Il ne veut plus l’entendre. Ne plus voir ce flot de larmes. Il veut revoir Hireki.

    LE Hireki.

Pas le mec plus célèbre que les auteurs qu’il traduit. Pas l’influenceur qui pose dans des magazines littéraires comme si c’étaient des revues de mode.

    SON Hireki.

    Le vrai.

Celui qui a chanté Careless Whisper à un mannequin en carton. Qui est resté la langue collée à un lampadaire gelé. 

    Celui qui l’appelle Gaboudin avec un sourire impossible.

Si leurs âmes sont liées, comme Hireki le dit si bien, alors… c’est avec ce mec-là.

Pas cette loque.

À cette volonté farouche, tout son corps est parcouru d’une chaleur indescriptible. Elle se propage du plus profond de son être. L’apaise. Sa vision s’éclaircit mais reste brouillée. Ce n’est plus l’angoisse. La boule au fond de sa gorge dit autre chose.

    « Je comprends rien à ce que tu dis… » Le ton de sa voix est incompréhensible. Doux et ferme à la fois. « Tu parles japonais, Chan… Je comprends rien… »

Les yeux noirs se braquent soudainement sur lui, incrédules.

Puis… le silence.

Comme à chaque fois que leur regard se croise, il n’y a plus rien autour d’eux. Ni le scope. Ni les pas feutrés dans les couloirs. Pas même leur souffle.

Juste leur lien indéfectible… Dans un espace hors du temps.

Dans un recoin lointain, les tintements du scope ralentissent.

Gabriel pourrait lâcher Hireki maintenant, pourtant il en est incapable. Le métis le dévisage. Ses iris glissent et s’accrochent à chaque détail. Chaque piercing, chaque tache de rousseur. Gabriel est englouti tout entier.

Puis les mots claquent. Sans mesure. Une vérité crue, dure et sans détours.

    « Je ne t’aime pas. »

Un uppercut.

Gabriel vient de reculer de trois pas sans même s’en rendre compte.

Hireki a toujours le regard braqué sur lui, mais ses yeux brillent d’un éclat nouveau. Il n’y a aucune haine. Seulement une lucidité effrayante. La même qui vient de frapper dans ces quatre mots.

Le ciel ne s’écroule pas. Le sol ne s’ouvre pas sous ses pieds.

Parce que Gabriel est venu pour ça. Pourtant, un courant électrique traverse son corps. Il lui brûle les doigts à chaque battement de cœur. Il secoue légèrement la main.

Hireki baisse la tête.

    « Je l’ai cru, je te jure… Longtemps… Trop… » dit-il en s’essuyant la joue.

Pourquoi il se justifie ? Ses muscles sont soudain douloureux. Ses doigts s’enfoncent dans ses paumes.

Pourquoi il réagit comme ça ?

Il s’en fout.

Oui, il s’en fout.

Après tout, lui non plus ne l’aime pas… pas comme “ça”.

    Jamais…

    « Alors pourquoi tu chiales ? » lance-t-il.

Hireki lève la tête, soufflé. Gabriel ne sait plus. Plus rien de ce qu’il doit attendre ou faire. Tout ce qu’il veut, c’est partir.

    « Attends ! » le retient la voix brisée de Hireki alors qu’il coule vers la porte.

C’en est trop.

    « Mais putain ! À quoi tu joues, bordel ? » se retourne-t-il violemment. « Est-ce que tu peux être cohérent une fois dans ta vie ? » Il fusille Hireki du regard, une tension plus sourde encore dans le corps. C’est au bout d’un silence trop long qu’il s’en retourne à la porte. « Prends soin de toi… » susurre-t-il une dernière fois.

    « Je voulais juste… m’excuser… » s’échappe enfin la voix encore abîmée de Hireki.

    « Mais de quoi ?! » grince Gabriel dans un désespoir agacé. Il ne se retourne même pas. « Toujours à assumer toute la merde que j’fais. T’es là, à chialer comme une merde en t’excusant de plus m’aimer ! Tu pouvais pas juste… » Sa tête cogne contre la porte. Il veut partir mais il en est incapable. « Pourquoi t’as appelé ? » Sa voix se brise, les mots coincés entre la gorge et le cœur.

    « Pour la même raison que tu es venu ! » tranche Hireki.

Il est piqué au vif. Lui-même ne connaît pas la réponse.

    « Je t’ai dit… pour l’écharpe » tente-t-il en toute mauvaise foi, mais quelque chose cloche.

La voix de Hireki claque. Ferme, autoritaire.

    « Arrête ça immédiatement, Gabriel. »

Tout son corps se tend. C’est comme ça depuis toujours.
Quand la voix s’élève, le corps obéit. Il ne cherche même pas à lutter.

    « Tu as les clefs de chez moi. Tu pouvais la rendre n’importe quand sans venir ici. »

Sa main est suspendue, les doigts tremblants. Elle ne lui appartient plus.

Et la voix caverneuse s’immisce jusque dans ses tripes : « Je veux que tu t’assoies et que tu m’écoutes. Maintenant ! »

Le scope ralentit. Dangereusement. Les tintements distordus dans le vide.

Gabriel se regarde s’asseoir sur le bord du lit alors qu’il a encore la main sur la poignée de porte.

La chaleur au fond de ses entrailles revient, animale. Elle lui hurle de fuir mais il l’ignore, jusqu’à ce qu’elle semble elle-même briser les chaînes. Hireki se perd dans une toux violente. La main agrippée à la poitrine, sa gorge racle douloureusement. Gabriel ressent la même au fond de la sienne. Il presse son torse pour s’assurer que son cœur bat encore.

Il sursaute quand la main de Hireki s’en empare.

Elle est froide.

Il n’a jamais les mains froides.

Parce qu’il est vivant… Lui.

    « Écoute-moi », tente-t-il entre deux quintes rauques. « C’est tout ce que je demande… Pas de… » L’Asiatique lève les yeux. Il n’y a plus rien du loup dans son regard noir. Seulement un adulte suppliant. « Je ne te demande pas de me pardonner… »

    « Pardonner quoi ? » coupe sèchement Gabriel.

    « Tout ! Absolument tout ! » Les perles noires se perdent un instant dans des souvenirs trop pressants. Il s’agite, confus. « Les… les sucettes, Rousselet… » Son visage se tord de nouveau dans un sanglot qu’il a du mal à retenir. « Ton père et… le mi… » Il s’étrangle sur le dernier mot. Renâcle quand il se retient de vomir.

Gabriel le voit lutter. Sa pomme d’Adam roule lentement sous la peau.

    Qu’est-ce qu’il ravale comme ça ?

    Est-ce qu’il veut vraiment savoir ?

    Non…

    « Je vois pas de quoi tu parles », s’apprête-t-il à se lever, mais Hireki le retient avec force.

    « Je serai là… Quoi que tu choisisses… Même si tu pars, je… je te jure, Gabriel. »

    « Je comprends rien à ce que tu dis !! » précise de nouveau Gabriel en ôtant vivement sa main. « Tu dois être perturbé… à cause de ton coma. » Essaie-t-il maladroitement.

Parce qu’au fond, il sait… Il sait très bien de quoi il parle.

Et il ne veut pas que Hireki le regarde comme ça.

Il veut garder auprès de lui quelqu’un qui jamais n’entendra ce qu’il a à dire. Pas par égoïsme… par naïveté.

    « Gabriel… s’il te plaît. » insiste l’Asiatique.

Hireki enserre sa main avec plus de vigueur. La même que lorsqu’il lui a presque ordonné de lui avouer l’avoir trouvé sur la colline.

Gabriel le regarde. Hireki a la mâchoire tremblante. Un mélange étrange de peur, de colère et de tourments.

Il peut supporter le désir brûlant à chacune de ses œillades. L’amour que jamais il ne lui rendra. Mais pas ça…

Le corps suppliant de Hireki se penche davantage.

    « Je ne t’en voudrai pas. Je t’aiderai… »

Tout son système est en train de s’enrayer.

Il se sent perdre pied et c’est dans une violence rare que Gabriel se jette sur lui.

    « Je. Ne. Suis. Pas. Une putain. DE VICTIME !!! » Les doigts prêts à déchirer le tissu de la blouse. Les yeux émeraude brûlent d’une rage existentielle. Ils dévorent Hireki tout entier. Il le secoue une nouvelle fois quand il perçoit un mouvement sur ses lèvres. « C’est bien compris, Hireki ? » Leurs visages ne sont plus qu’à quelques millimètres. Gabriel sent chaque vaisseau de son visage tambouriner sous sa peau.

    « Gab… »

Deux légers coups retentissent. Un médecin les fixe, incrédule, avant de jeter un regard furtif à sa montre. 

    « Les visites… »

    « C’est mon frère », coupe instantanément Hireki.

Gabriel se retourne, choqué.

De quoi ? Il n’en a aucune idée.

Quelque chose a résonné en lui…

    Un mot.
    Un seul.

    Frère.

Hireki fixe le médecin. Bien trop pour réussir à cacher qu’il évite son regard. Ses prunelles dansent, hésitantes. Son corps tendu comme un arc.

    « Je vais y aller », se relève Gabriel. Il sent la main de Hireki glisser sur la sienne quand il essaie de le retenir une dernière fois. Puis, sans trop savoir ce qui lui prend, Gabriel se jette à son cou. Tout son corps s’apaise instantanément. La chaleur de Hireki. Il avait oublié à quel point elle l’apaise. Il le serre un peu plus. Sciemment. Il n’a pas envie de pleurer, il veut sentir son cœur vibrer contre le sien. Il sent Hireki hésiter, pour finalement le serrer trendrement..

Gabriel reprend vie. Elle coule dans toutes ses veines.

    « Pardon », murmure-t-il avant de se détacher lentement du corps tremblant de l’Asiatique.

    « Je suis pas prêt, Chan », lui glisse-t-il au creux de l’oreille. L’écharpe coule à ses pieds quand il se redresse. Gabriel la regarde un instant. Puis fixe Hireki. Ses yeux font encore un aller-retour entre le cache-nez et son meilleur ami, avant qu’il ne l’attrape d’un geste sec.

    « Tu pues », lance-t-il à Hireki. « Elle mérite pas ça. »

Le métis secoue légèrement la tête, éberlué. Il a retrouvé sa mine de chiot déconcerté face à l’humain.

    « J’te la rendrai plus tard… »

C’est mieux ainsi.

    Les non-dits.
    Les secrets.

C’est ce qui lui procure encore la paix.

Gabriel lui ébouriffe les cheveux d’un geste paternel.

    « À plus, Tête de Châtaigne. »


FIN CHAPITRE 5
====


        SALUUUUUUT LES BOUNDIES 😏😏

    NON VOUS NE RÊVEZ PAS 😭😭
Oui oui c’est bien moi

VOTRE KING MOCHI QUI RÉAPPARAÎT COMME UNE FLEUR
🌸🌸🌸

AVEC…

🎉🎉✨✨l’épisode 3 chapitre 5✨✨🎉🎉

COMME SI ÇA NE FAISAIT PAS 8 MOIS QUE VOUS ATTENDIEZ 👁️👄👁️

Franchement dites-moi…

On n’était pas à ça 🤏🤏🤏 de devoir faire un :
    “PRÉCÉDEMMENT DANS UN CHANT D’ÉTERNITÉ” ?? 😭😭😭

Oui j’ai honte un peu… mais PAS TROP NON PLUS 😌

Du coup dites-moi TOUT 👇👇

💬 vous vous souvenez encore de ce qui se passe ou pas du tout ?
💬 team “j’ai tout relu comme un détective 🕵️”
💬 ou team “j’avance à l’aveugle et je prie 😭


et SURTOUT 👀

    💔 vous êtes team Gabriel (pauvre bébé 😭)
OU
    🖤 team Hireki ( problème ambulant ?? 😏)

    En tout cas merci d’être encore là après tout ce temps 🥺🫶
(et promis… je DIS promis… je vais essayer de pas redisparaître 8 mois 😭😭😭)

    Votre King Mochi trop fier!!
        DIOGENE 🍡🍭


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lundi 2 mars 2026

(INTERLUDE) Page Novapedia - Hiroki Sanô



Hiroki Sanô
(né Axel Hiroki Bouvier)

    Axel Hiroki Bouvier, né le 21 avril XXXX à Sendai (préfecture de Miyagi, Japon), est un traducteur littéraire franco-japonais. Spécialiste de la littérature japonaise contemporaine, la presse spécialisée le décrit régulièrement comme l'un des traducteurs les plus sollicités de sa génération. Il est également le traducteur officiel français de la série de manga Kôryû no Kishi - L’Ère des Mille Cieux.

Biographie

    Fils d’une interprète japonaise et d’un chercheur en économie français, Hiroki Sano possède la nationalité franco-japonaise. Il passe les premières années de son enfance à Sendai avant de s’installer en France avec son père.

Élevé dans un environnement bilingue et biculturel, il développe très tôt un intérêt marqué pour les langues, la précision lexicale et les variations de registre. Il entretient depuis un lien régulier avec sa famille maternelle et séjourne fréquemment au Japon, dans un cadre professionnel et familial.

Nom et usage

Axel Hiroki Bouvier, il utilise principalement son second prénom dans le cadre professionnel.

Une erreur administrative survenue lors de son installation en France transforme “Hiroki” en “Hireki” sur certains documents officiels. Il indique avoir conservé cette variante dans la sphère privée, la qualifiant avec humour de « faute devenue habitude ».

Pour ses publications, il adopte le nom Hiroki Sano, “Sano” étant le nom de famille de sa mère.

Formation

    Autodidacte, il ne suit pas de formation académique spécialisée en traduction. À 21 ans, il remporte le Prix Jeune Plume dans la catégorie traduction, devenant le plus jeune lauréat du concours à ce jour.[1]

Lors de la remise du prix, il déclare avoir participé « par curiosité », précisant ne posséder « aucun diplôme particulier dans le domaine », une déclaration qui contribue à façonner son image de prodige atypique.

Carrière

    Traducteur indépendant, Hiroki Sano collabore avec plusieurs grandes maisons d’édition françaises. Sa capacité à restituer les subtilités stylistiques et culturelles de textes réputés complexes lui vaut une réputation d’exigence et de rigueur particulièrement reconnue dans le milieu.

Sa traduction de La Théorie des Marées Intérieures de Riku Yamamori, ouvrage considéré comme difficilement transposable en raison de sa densité philosophique et de sa structure narrative singulière, marque un tournant dans sa carrière et consolide son statut.[2]

Plusieurs éditeurs soulignent sa participation active aux choix d’adaptation éditoriale, notamment concernant les notes, les références culturelles et le rythme narratif. 

Il est régulièrement présenté comme l’un des traducteurs les plus convoités de sa génération.

Œuvres traduites (sélection)

Romans et essais

  • Riku Yamamori, La Théorie des marées intérieures
  • Mei Takahara, Traité des ombres et des lucioles
  • Katsuro Natsume, L’Ontologie du vent silencieux
  • Shinobu Arai, L’Équilibre des chrysanthèmes en hiver
  • Yôko Minase, Les Maisons que la pluie emporte

Manga

  • Ren Ishikawa, Kôryû no Kishi - L’Ère des Mille Cieux (depuis 20XX)

Distinctions

Prix Jeune Plume - Catégorie Traduction (plus jeune lauréat à ce jour)
Prix Horizon des Lettres Étrangères
Mention spéciale du Jury - Salon International de la Traduction 


Contrat majeur : Kôryû no Kishi - L’Ère des Mille Cieux

    En 20XX, il signe un contrat exclusif avec les éditions Kurokami pour assurer l’adaptation française de la série à succès Kôryû no Kishi - L’Ère des Mille Cieux, phénomène éditorial international.

L’annonce suscite un important écho médiatique dans la presse culturelle et spécialisée, plusieurs observateurs évoquant un “coup stratégique” pour l’éditeur.[3] Cette collaboration marque une extension notable de son activité vers un public plus large.


Style et approche de la traduction

    Hiroki Sano défend une approche exigeante privilégiant la restitution des intentions stylistiques et des sous-entendus culturels plutôt qu’une simple transposition littérale.

Il accorde une attention particulière :

  •     aux variations de registre,
  •     à la musicalité des phrases,
  •     à la cohérence des voix narratives.

Il déclare en interview « préférer perdre une journée sur un mot plutôt que trahir une nuance » [4]. Son travail est régulièrement salué pour son équilibre entre fidélité au texte original et fluidité en langue française.


Conférences et interventions publiques

    Invité régulier de festivals littéraires, de salons internationaux et de tables rondes consacrées à la traduction, il intervient également dans des émissions culturelles consacrées aux livres et aux échanges interculturels.

Il est ponctuellement convié à des colloques universitaires portant sur la traduction et la médiation linguistique. Ses interventions sont souvent remarquées pour leur mélange d’analyse technique et d’autodérision.


Réception et impact médiatique

    Déjà reconnu dans le milieu de la traduction littéraire, Hiroki Sano voit sa notoriété dépasser ce cadre lorsqu'une photographie publiée sur ses réseaux sociaux devient virale. Initialement partagée pour son caractère humoristique, l'image attire alors un public plus large. Son apparence physique, fréquemment comparée par la presse en ligne à celle d'une idole de pop asiatique, contribue à l'intérêt médiatique dont il fait l'objet.

Sa désignation comme traducteur français de Kôryû no Kishi - L'Ère des Mille Cieux, l'une des séries de manga les plus populaires de sa génération, participe également à accroître sa visibilité auprès d'un lectorat plus large. 

Plusieurs libraires observent un effet mesurable sur les ventes d'ouvrages traduits par ses soins.[5] La sortie française de L'Ontologie du Vent Silencieux connaît ainsi une hausse notable, certains médias évoquant un phénomène atypique dans le secteur de l'édition.

Ce phénomène alimente un débat sur l'influence des réseaux sociaux et de l'image publique dans la promotion d'œuvres exigeantes, ainsi que sur la place croissante des traducteurs dans la médiatisation des livres qu'ils adaptent.

Présence en ligne

    Son compte officiel Instashot rassemble près de 85 000 abonnés.[6]  Ses admirateurs se surnomment eux-mêmes les  Hirokittens.

Hiroki Sano gère lui-même l'ensemble de ses réseaux sociaux, où il alterne annonces professionnelles, photographies, réflexions sur la traduction et publications consacrées à son quotidien.

Une publication hivernale devenue virale en 20XX, souvent citée comme emblématique de son autodérision, entraîne une forte augmentation de son audience et demeure l'une des plus partagées de son compte.[7] 

Passionné par l'esthétique kawaii, il partage régulièrement des dessins chibi réalisés par ses soins ainsi que des aperçus de sa collection de stylos fantaisie. Cet aspect de sa personnalité contribue à façonner une image publique jugée accessible et atypique pour un traducteur littéraire.

Il collabore régulièrement avec la marque japonaise de papeterie Tsukimi Stationery, dont il devient l'un des principaux ambassadeurs. En 20XX, à l'occasion du Festival Tsukimi Stationery Days à Kyoto, la marque lance la collection limitée Tsukimi Stationery × Hiroki Sano, composée notamment de carnets, de stylos, de marque-pages et d'accessoires illustrés par le traducteur. [8] 

En parallèle, il participe ponctuellement à des collaborations avec des marques de boissons, de liseuses électroniques ou de vêtements d'intérieur, privilégiant des produits en lien avec son univers et son activité professionnelle.

Controverses et débats

    L’ampleur de sa médiatisation suscite ponctuellement des critiques au sein du milieu éditorial. Certains observateurs estiment que l’attention portée à sa personne pourrait détourner la visibilité des auteurs originaux ou du travail collectif de traduction.[9][10]

D’autres considèrent au contraire que sa popularité contribue à renouveler l’intérêt pour la littérature étrangère auprès d’un public plus jeune.

Interrogé à ce sujet, il déclare : « Si quelqu’un ouvre un livre pour une mauvaise raison mais le referme en ayant appris quelque chose, alors le livre a gagné. »


Vie privée

Relativement discret sur sa vie personnelle, il apparaît occasionnellement accompagné de proches lors d’événements culturels.

Sa présence au Festival International du Septième Art  aux côtés de la comédienne Éléonore Valmont suscite des spéculations médiatiques, sans qu’aucune confirmation officielle ne soit apportée.[11]

Article modifié: Retrait de contenu anecdotique, spéculatif et insuffisamment sourcé.

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Références

[1] « Un prodige autodidacte récompensé : portrait d’Hiroki Sano », Revue TransLitt, n°38, juin 20XX.

[2] Camille Dargent, « Traduire l’intraduisible : le pari réussi de Hiroki Sano », Le Courrier des Lettres, 14 septembre 20XX.

[3] « Kurokami sécurise l’adaptation française de Kôryû no Kishi », Actualité Édition, 3 mars 20XX.

[4] Entretien avec Hiroki Sano, émission Passerelles, Radio Culture France, 22 novembre 20XX.

[5] Marc Villeneuve, « Quand le traducteur devient phénomène », Livres Hebdo Fiction, 20XX.

[6] Compte officiel Instashot de Hiroki Sano (@hirokawaii), consultation du 4 mai 20XX.

[7] « La photo hivernale qui a fait exploser les réseaux », Culture & Influence, 18 janvier 20XX.

[8] « Festival Tsukimi Stationery Days 20XX: La marque annonce une collaboration avec le traducteur Hiroki Sano », Nihon Creative Press, 8 avril 20XX.

[9] Tribune collective, « Traduction, image et médiatisation : où placer la frontière ? », La Gazette des Lettres Modernes, 20XX.

[10] Anonyme, « Le marketing avant la littérature ? », Observatoire Éditorial Indépendant, 20XX.

[11] « Nouveau boyfriend ou simple ami ? Éléonore Valmont s'affiche au bras d'un séduisant inconnu », Flash People, n°487, mai 20XX.


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    Heeeellloooow les Boundies !!!! 🌸✨🍡

    Alors alors alors… 👀
Comment vous avez trouvé cette page Wik... heu ...Novapedia sur NOTRE Hireki national ???

Parce que oui, on oublie beaucoup trop souvent que cet imbécile en pyjama Pikachu 🐭⚡  est aussi une véritable icône littéraire 📚🔥

Entre idole japonaise sortie d’un clip 🎤✨ et daddy cultivé qui peut te parler trois heures d’une virgule mal traduite 😌📖 le grand écart est quand même spectaculaire.

Et pourtant… on sait.
Vous savez.
On SAIT.

Derrière le prodige convoité par les maisons d’édition, il y a toujours :
    🧦 les chaussettes ridicules
    🍫 le Gabychouco
    🦸‍♂️ les figurines Superman
    ☕ le thé hors de prix
et 0 compétence en cuisine.

Bref. Une légende. Mais version sac à sucre.

Dites-moi tout en commentaire 👇

    ✨ Le détail qui vous a fait rire ?
    ✨ Le détail qui vous a surpris ?
    ✨ Est-ce que vous iriez acheter un traité philosophique juste parce que c’est lui qui l’a traduit ? 

Soyez honnêtes 😌

    Likez si vous aimez voir Hireki briller
    Partagez si vous faites officiellement partie du fan club 🍡
    Et abonnez-vous pour plus de chaos organisé signé HiGab 💫

À très vite les Boundies 💖

    Votre King Mochi🍡✨
        Diogene



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lundi 24 novembre 2025

Interlude - Pixel et Secrets



PIXEL & SECRETS

***

    Le salon est plongé dans une lumière bleue, comme un aquarium un peu triste.

La console grésille doucement. Manette en main, Gabriel affronte des hordes de zombies pixélisés avec concentration, jurant à chaque défaite.

Il est assis en tailleur sur le canapé. Torse nu, cheveux en vrac, cernes bien ancrées. Une boîte de mochis matcha vide traîne dans un coin de la table basse, à côté d’un mug où une cuillère repose, noyée dans un fond de Gabychouco.

Sur le fauteuil, de biais, Hireki le regarde. Lui n’est pas non plus à son avantage. TShirt Superman, chantilly séchée sur le bout du nez, pyjama Pikachu…

Mais, pour Gabriel, ce n’est pas le plus agaçant.

Hireki le matte.

Enfin, "mater", chez Hireki, n’a rien de lubrique. Ce mec vit dans un shôjô des années 90. Il a le regard rêveur, le fantasme flottant,  et les soupirs un peu trop longs.

Ça fait vingt minutes que ça dure.

    À quoi peut bien penser un mec comme lui, quand il fantasme ?

    Est-ce qu’ils courent main dans la main sur un nuage de barbe à papa, avec un sourire béat, sans jamais s’adonner à un bon vieux ballet de langues bien baveuses ?

Une image floue de leurs lèvres qui se frôlent s’impose un instant. Gabriel s’ébroue, écoeuré

    Erk…

Le hoquet de dégoût est couvert par un nouveau soupir de l’Asiatique.

Gabriel fronce les sourcils.

    C’en est trop !

Deux têtes tranchées plus tard, il décide d’agir.

Sans prévenir, il inspire profondément.

Un rot monumental, long, gras, vibrant, retentit.

Un démon sorti tout droit des entrailles.

    BURHHHRRRRRKHKHKHK...

Il ne bouge pas. Les yeux rivés à l’écran.

Mais il capte un mouvement léger à ses côtés. Il tourne la tête, faussement étonné, les yeux écarquillés.

    « La vache, celui-là, il venait de loiiiin !!! »

Hireki le regarde, éberlué. Il semble encore perdu dans les dernières bribes de son rêve.

    « Tu sens ? » demande Gabriel imperturbable.

    « Quoi ?! »

Hireki se redresse brusquement, essayant de reprendre contenance. Gabriel s’approche, prêt à lui souffler à la figure.

    « Non ! Rapproche pas ta gueule ! » se débat l’Asiatique.

Gabriel renifle deux fois, concentré.

    « C’est l’ail des pierogi d’hier midi, non ? »

    « Putain, Gaby ! T’es vraiment dégueulasse ! »

Hireki fronce le nez en s’enfonçant dans le fauteuil pour fuir l’haleine. Gabriel ricane, fier de son coup en reprenant la manette.

    « Dit celui qui se gratte le cul au réveil pour sentir ses doigts après ! »

    « Je fais jamais ça ! » s’insurge Hireki

Gabriel lui lance un regard en coin, le sourcil relevé.

Les oreilles de Hireki rougissent.

    Ils savent tous les deux...

Gabriel, satisfait, se concentre à nouveau sur l’écran.

Court silence. Seulement les borborygmes zombies et la pluie fine contre la baie vitrée.

    « Sinon, Krypton, c’était comment ? » Lance soudain Gabriel.

    « Quoi ? »

  « Avoue, t’étais en train de chevaucher Clark Kent. Avec son petit collant et son slip rouge bien moulant. Suuuper sexy !! »

Le pied de Hireki cesse de se balancer. Un léger sursaut. Un souffle coupé.

Le silence.

Blanc.

Froid.

Sourd.

Gabriel le sent. 

Il a glissé.

Il ressasse.

Et le mot lui revient.

    Chevaucher.

Il a dit chevaucher.

Mais à quel moment il a cru que c’était une bonne idée ?

Est-ce qu’il vient de blasphémer contre le Dieu sacré de Hireki ?

Son personnage, resté trop longtemps immobile, meurt encore.

Gabriel hésite à relancer la partie.

Il tente.

    « Enfin j’veux dire… chevaucher, genre… son dos, hein. Dans le ciel. Pour voler. T’sais, comme dans les vieux films. Survoler la ville, la cape au vent… »

Mais il sait.

Trop tard.

Il a senti la bascule. 

La lumière a changé. Hireki le fixe.

Aucune colère. Juste ce visage d’adulte blessé, celui qu’il ne montre jamais.

Le métis recule lentement contre le dossier, les bras croisés.

Il a la posture verrouillée, le regard vissé à l’écran.

    « Évidemment que tu parlais de voler. De quoi tu parlerais d’autre ? » Sa voix est plus grave que d’habitude. Monotone. On dirait son père.

Gabriel déglutit.

    « Ben… de rien… »

Ce n’est pas la première fois que Hireki réagit au quart de tour à ces blagues.

Mais, ...

    Non... Ses draps empestent trop souvent le parfum féminin.

Pourtant…

Il sait aussi ce que Hireki ressent pour lui.

Alors il ne serait pas “l’exception”, l’erreur de parcours, un fantasme ? Mais un désir qu’il refuse de regarder en face ?

Gabriel ne veut pas y penser. Ca ne ferait que remuer le couteau dans la plaie. Une plaie qui ne cicatrise pas vraiment depuis dix ans.

Il se remet à jouer pour s’empêcher de ruminer.

Les doigts trop raides.

L’écran comme prétexte.

L’atmosphère est chargée d’un silence qui hurle.

Il lâche, presque sans y penser :

    « T’sais, Hireki… On a tous nos secrets. »

    « J’suis pas gay ! »

La phrase tombe.

Un point final.

Une pierre lourde qui scelle une caverne encore close.

Gabriel s’arrête.

Le jeu en pause.

Un battement.

Il tourne lentement la tête et Hireki ne bouge pas. Les yeux toujours sur le téléviseur, une veine bat doucement à sa tempe.

Gabriel se mord la lèvre. Gigote. Son corps parcouru d’un frisson étrange.

    Alors lui aussi a des secrets.

    Et lui non plus n’est pas prêt.

Il se racle la gorge et dans une évidence qu’il espère légère s’étonne :

    « Ben ?! Je sais, Chan ! »

Gabriel lui sourit à pleines dents avant de relancer la partie, se recalant confortablement au fond du canapé.

    « Le nombre de fois que j’ai entendu crier ton nom à la porte d’entrée alors que je venais juste bouffer des nouilles ! »

Il râle à un énième Game Over puis tend la manette à Hireki.

    « Tu veux bien faire ce niveau pour moi ? »

Et la vie continue, comme si de rien n’était…

====


        Helloooooow les Boundies !! 💕🌈✨

    OUI, encore un interlude 😅 
Mais hey, ce n’est pas le tout de revenir après trois mois de remise en question existentielle façon drama coréen, faut aussi rallumer la flamme créative, et autant vous dire que l’allumette est un peu humide. 🔥💧

Alors voilà, le prochain épisode de la trame principale est en chantier, mais pas abandonné, hein ! J’ai toujours le plan, les arcs, les twists, les tragédies, les pleurs, les cris, tout ça en tête 🎭📚… MAIS, trois mois sans poser les yeux sur Un Chant d’Éternité, c’est pas rien. Je me dois de tout relire, me réimprégner, me réapproprier mon bébé (non mais vous vous rendez compte du comble ?? 😭).

Bref. En attendant de pouvoir recracher des larmes et des dialogues de fin du monde, voici un petit interlude pour vous faire patienter 🫶

Alors alors… que pensez-vous de nos deux traumatophiles préférés, quand ils ne sont pas occupés à s’étriper pour savoir qui souffre le plus fort ? 😂

👉 Deux gros dégueus ?
👉 Des beaufs ?
👉 Des gamins ?
👉 Des ado attardés déguisés en hommes fonctionnels ?
👉 Ou juste… les plus attendrissants des paumés ?

Dites-moi tout en commentaire 💬, partagez vos théories (TEAM HIREKI VS TEAM GABY ?? 😏), vos ressentis, vos punchlines préférées, et comme toujours, merci d’être là 🖤
    Votre King Mochi Motivé
        Diogène


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lundi 10 novembre 2025

(Interlude - Ecrit Fantôme) Matin Calme



    MATIN CALME
Gaby's Edition

***

    Ses poumons s’emplissent du nouveau jour. Il ouvre les yeux.

        Toujours vivant...
        Et merde…
        Quelle heure il est ?

Il tourne la tête vers le chevet.
Son portable est resté branché toute la nuit… Lui, au moins, commence la journée batterie pleine.
Il n’a même pas pris la peine de ranger l’argent de sa passe. Les billets sont chiffonnés sur la tablette.

Il bouge, par réflexe, puis s’arrête.

Il se fout de l’heure, finalement.

Il faudra bien qu’il déguerpisse avant 10 h, de toute façon.
Le plafond est plus intéressant.

Par la même occasion, il évite les messages reçus cette nuit, la veille même, quand sa batterie a rendu l’âme.

Il se fout aussi des messages.

Il sait quel nom va apparaître avec un « 9+ » flamboyant à ses côtés.

    « Fait chier… », grimace-t-il. Pourquoi la première chose à laquelle il pense est Hireki ?

Il gigote légèrement. Il a envie de pisser.

Il cale quand même les bras sous sa tête.

La chambre est pas mal. Remue un pied. Les draps, pas trop rêches.

Il a connu pire.

Le temps s’étire. Ses orteils s’agitent au rythme d’une chanson imaginaire. Ses paupières papillonnent deux fois. Il parcourt la pièce.

Comment font ces gens qui paressent ?

Il se frotte les yeux, chassant du même geste la silhouette qui se dessine, emmitouflée dans une énorme couette.

Agacé, il s’assoit d’un bond au bord du lit. Les draps volent puis retombent, gonflés d’air, avant de s’affaisser aussi sec.

Il baille bruyamment pour ne pas s’entendre penser. Les coudes enfoncés dans les genoux, tête basse, il attend que son cerveau suive le mouvement. Il l’imagine se retourner comme un fœtus flottant dans du liquide amniotique.

Pas la bonne image. Sa vessie pèse un peu plus maintenant que la gravité fait son œuvre.

Il se masse distraitement. Sa nuque est raide, son dos engourdi.

        Le prix de la chambre.

Avec lenteur, il fait rouler sa tête, ses épaules, enfin étire les bras. 

Longuement.

 Devant lui, au-dessus, puis un peu plus en arrière.

Quelque chose lâche dans un craquement sec.

Il ne sait pas quelle vertèbre ou articulation s’est remise en place, mais il se sent étrangement revigoré. Il expire ostensiblement d’aise, comme un pied de nez au poids de sa vie.

Il l’insulte en pensée avant de se lever.

Ses gestes sont lents. Un vieillard de vingt-sept ans. Ses pieds traînent sur la moquette. D’une minute à l’autre, son talon va s’enflammer comme une allumette. D’ailleurs, il a déjà envie de fumer.

Il lorgne la fenêtre. 

Personne ne le saurait… S’il se penche bien… Personne ne saurait. 

Ses yeux se brouillent. Il a le vertige en imaginant le sol se rapprocher.

        Est-ce qu’on regarde le bitume s’approcher comme un salut ?

        Est-ce qu’elle a…

Sa vision se referme sur la neige tachetée de sang.
Les grands yeux verts.

Il sursaute nerveusement, balaie la pièce comme ce souvenir qu’il ne réussira jamais à enfouir réellement.

L’hôtel.

Il est à l’hôtel.

Il jette un regard à la fenêtre. Il a envie de fumer. Qui le saurait, après tout ? Ses pupilles fixent le vide.

        Droite, oui. Gauche, non.

Il fumera plus tard. C’est interdit ici.

Il faut qu’il se soulage de toute urgence.

Son pas s’emporte.

Le néon de la salle de bain est violent.

    « Putain ! C’est quoi ce délire des néons blancs ?! » Il avance au radar, évite soigneusement le miroir, puis jette t-shirt et caleçon au sol.

Il urine sous la douche dans une béatitude absolue.

    « À vessie pleine, cerveau en peine », murmure-t-il en pensant à ce proverbe aussi absurde que son créateur. « Ta gueule, Tête de Châtaigne », geint il, irrité.

L’eau est chaude. Brûlante même.

Il ne distingue plus rien dans la vapeur. Même pas ses pensées.

Parfait !

En temps normal, il déteste la chaleur, mais pas les douches. Il y passerait des heures. Regarder la crasse s’écouler, tourbillonner.

Pas la sienne. Celle des autres.

    « Bon retour chez toi ! Fils de chien ! » Il ricane, satisfait, en regardant les dernières traces du client se noyer dans les égouts.

La savonnette de l’hôtel est ridiculement petite. Elle fond entre ses doigts après le troisième lavage intégral. Le moindre millimètre de peau, le moindre recoin. Rien n’est épargné.

Dernier tour du propriétaire. Il passe lentement la main sur son torse, détaille ses hanches, l’intérieur de ses cuisses. Machinalement, il lisse les poils de son ventre, les range dans le bon sens.

Plus aucune trace du client. Des 'autres'.

Il ne reste que lui.

    « Récuré comme un sou neuf ! » sourit-il.

Hireki péterait un câble à l’entendre dénaturer des proverbes. Comme si cet imbécile n’en inventait pas de nouveaux chaque jour. Il roule des yeux, horripilé.

Il s’essuie sommairement et plie la serviette avec un soin démesuré. Il la dépose précautionneusement sous une petite affiche.

Il la connaît par cœur. Il la lit à chaque fois qu’il met les pieds dans cette pièce. Pourtant, il la relit, encore et encore.

        ‘Pour de nouveaux linges de toilette, veuillez laisser votre serviette au sol.’

Une fois, deux fois.

Pour être certain.

Il plisse les yeux, décryptant chaque mot comme un parchemin.

    « Pour de nouveaux linges de toilette », lit-il à voix haute, « veuillez laisser votre serviette… » Il regarde le tissu par terre. « … au sol. » Il acquiesce vivement. 

Il ne voit pas d’autre manière de comprendre cet ordre. 

        Il ne peut pas s’être trompé ? 

Il la relit une dernière fois, une tension étrange dans tout le corps.

        Même s’il se trompe… Il ne risque rien ici, si ?

Il n’ose pas se retourner, de peur de croiser les coups.

Il attrape son t-shirt à la volée. 

Son dos s’est délié dans la chaleur. 

Il se baisse de nouveau. Le geste se suspend au-dessus de son caleçon. Il joue nerveusement avec l’anneau qui traverse son septum, la moue songeuse.

Soudain, le sous-vêtement est roulé en boule dans le t-shirt.

Sans aucune pudeur, il traverse la chambre nu comme un ver. Sa peau humide attire un léger souffle frais. L’extase se lit sur son visage.

Son sac à dos est appuyé au chevet.

Petit inventaire matinal : 

    Caleçons sales.
    T-shirts qui puent. 
    Chaussettes trouées. 
    Caleçon…

Il regarde autour de lui puis renifle prudemment le sous-vêtement…

    « Propre ! »

Il l’enfile. Passe le t-shirt de la veille, son pantalon élimé. Il claque de la langue et soupire. Il doit passer à la laverie de toute urgence.

        Chez Hireki, ça serait gratuit… Vraiment gratuit…

Il regarde la boîte en métal qui émerge des vêtements écrasés.

Il n’a même plus de thé.

Il pince les lèvres. Il n’a pas envie de voir sa gueule d’imbécile heureux.

Il s’empare des billets et les fourre dans sa poche arrière.

        Il passera à la laverie.

Une mèche s’échoue sur son front pour goutter sur le matelas. Il lève les yeux, tire dessus, l’essore comme on tire le pis d’une vache. Elle rebondit en une boucle parfaite quand il la lâche.

    « Connasse… »

Une rage sourde gronde alors en lui. Il se précipite dans la salle de bain. Le miroir est embué ; il l’essuie à grands coups de bras.

Les mains cramponnées au lavabo, il se fixe haineusement. Son visage est brouillé par les gouttes. Il serre les dents. Les cheveux en boucles folles. 

Longs, trop longs. On dirait lautre.

Il enfonce les doigts dans sa tignasse. La lisse furieusement, du front jusqu’à l’arrière de la tête. La maintient en une houppette sommaire. Quelques boucles rebelles forment des bosses.
Il repasse sa main, encore et encore, aplatit le tout.

Une fois, 
Deux fois… 

Trois fois!! Il entend presque le bruit des cheveux arrachés. Ils bourdonnent à son oreille. Les bosses sont encore là.

Il érupte en une pluie de jurons. Tire un peu plus, prêt à se scalper.

Sa peau se détache, dévoile un crâne immaculé.

    « La boule à zéro!! » Il rit franchement, mais l’amertume noie la pièce.

Sans lâcher prise, il cherche frénétiquement autour de lui. Quelque chose, quelque chose, n’importe quoi pour les attacher.

        Un diable en boîte.

C’est ainsi que sa chevelure explose. En milliers de ressorts quand il rend les armes. 

Il fouille ses poches.
Pour être sûr.
Pour ne pas perdre une fois de plus…

    Chewing-gum menthe forte, 
    Briquet, 
    Paquet de clopes écrasé… 

    Un préservatif.

Il le regarde, dubitatif.

L’aluminium est froissé.
Sûrement percé… Des coups à se choper une merde.

    « Toi !! T’es dangereux, mon gars !! » Il le jette à la poubelle.

Cette foutue boucle traverse de nouveau son front. Il ne peut rien y faire. Il lui donne une dernière pichenette pour la forme et pense une fois de plus à Hireki. Ses doigts délicats quand il la replace sans même s’en rendre compte.

Il s’ébroue.

Sa brosse à dents est encore posée sur la céramique. Il s’en empare sans manière et frotte de longues minutes.

Avant, arrière, joue, langue. 

Il hoquète quand, dans un geste trop violent, il heurte sa luette. Il crache, tousse ; le dentifrice est mêlé de sang. Il se rince. S’essuie de l’intérieur du poignet.

Il s’approche du miroir.

Quelques poils drus…

Il oublie parfois qu’il est adulte.

Il fait crisser ses doigts sur sa peau. 

        Un cactus ? Un kiwi ?

        S’il se faisait pousser la barbe ?

Hireki et sa peau de mochi en seraient dingues de jalousie.

Les clients, eux, détestent les poils. C’est pour ça qu’il les garde.

Mais il doit aussi gagner sa croûte… Il ne peut pas se la jouer hipster.

        Racheter des rasoirs ou passer se raser chez… 

Il stoppe sa note mentale avant de prononcer le prénom de trop.

Il débarrasse la salle d’eau comme il chasse les yeux noirs qui émergent à sa pensée.

Dans la chambre, il tire les rideaux, entrouvre la fenêtre.

Ses gestes s’enchaînent.

Vifs.

Une tornade à rebours qui laisse la chambre comme il l’a trouvée.

Impeccable et plus encore.

Après avoir enfoui ses derniers effets au fond du sac, il arrache les draps du matelas puis les dépose avec soin au bout du lit, parfaitement repliés.

        Plus un pli, plus une trace.
        Il n’est jamais venu ici.

Le sac sur l’épaule, il quitte la chambre sans un regard en arrière.

        Cigarettes
        Laverie
        Rasoirs…

        Thé.


Matin Calme - Gaby's Edition


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 🎉 Salut les boundies ! 🎉

    Non, vous ne rêvez pas, après trois mois de silence radio, votre king mochi mal aimé refait surface ! 👑🥲 Un retour tout en douceur, ou presque, avec ce petit écrit fantôme venu hanter votre lundi!! 🖤👻

    À la base, ce texte devait être... roulements de tambour...
        ➡️ l’épisode 1 du chapitre 5.

Mais voilà, comme souvent dans mon cerveau capricieux, j’ai fini par prendre un tout autre chemin narratif.

Du coup, ce “Matin calme” n’apparaîtra pas dans la trame officielle... mais il reste le texte d’origine, celui que j’avais bossé à fond, que j’aimais bien, alors j’y ai apporté quelques modifs pour le sortir de son contexte initial.

Bon, j’avoue... 😬

Encore une fois, c’est Gabriel qui vole la vedette. Oui, je sais, Hireki semble relégué au fond de la laverie à trier les chaussettes sales. Mais que voulez-vous ? Gaby, c’est mon perso fétiche, c’est lui que je maîtrise le mieux (allez comprendre pourquoi... 🙃).

Cela dit !

Pas de panique, j’ai déjà en tête un Matin calme, version Hireki, pour vous montrer l’autre versant de ce duo tout en nerfs, thé froid et tragédies domestiques 🫖💥

📅 Prochain rendez-vous dans deux semaines si tout va bien (et que mon cerveau ne décide pas de m’embarquer ailleurs entre-temps 🧠💨).

        👉 En attendant, dites-moi :

    – Vous êtes plutôt team Gabriel ou team Hireki ?
    – Quel moment du texte vous a le plus marqué ?
   – Et si vous deviez donner un nouveau proverbe débile à ajouter à la liste, ce serait quoi ? 😏

Merci de continuer à lire malgré la noirceur de certains passages, ça me touche plus que vous ne le croyez 💜

    Prenez soin de vous, et ne laissez jamais votre serviette au mauvais endroit, on sait tous ce que ça peut déclencher… 😅🧼

        À très vite, bande de traumatophiles! 🌙🖤

    Votre King Mochi plein de questions
        Diogène


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