Affichage des articles dont le libellé est en cours. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est en cours. Afficher tous les articles

mardi 25 août 2026

TABLE DES MATIERES

Dernières Mises à Jour:

- Blog mis à Jour un lundi sur deux -
***
***

~ ~ UN CHANT D'ETERNITE ~ ~

 

Un Chant d’Éternité est un roman-feuilleton dramatique et psychologique, où trois voix s’entrelacent au fil d’une histoire d’amitié, de blessures enfouies et de vérités trop longtemps tues. À travers une structure en chapitres imbriqués et des épisodes courts mais intenses, chaque partie vous rapproche un peu plus du cœur battant de cette tragédie moderne où chaque réponse soulève une nouvelle question. 
Cliffhangers garantis, émotions brutes, et fragments d’âme à chaque épisode.
🎭 Lecture courte: 10 min par épisode
📆 Publication : un lundi sur deux

⚠️ Contenus sensibles, émotions fortes garanties ⚠️


✅ Ce que c’est :

✔️ Un drame psychologique lent et dur
✔️ Une amitié ambiguë, imparfaite, qui blesse autant qu’elle soutient
✔️ Un roman sur la honte, le silence, la survie
✔️ Une relation humaine 
✔️ Une histoire qui n’explique pas tout, ne pardonne pas tout, et ne soigne pas tout

***


📖 HISTOIRE PRINCIPALE 📖

        Entre eux ce n'est pas de l'amour. C'est tout le reste...

    Gabriel et Hireki sont amis d'enfance. L'un porte ses blessures comme une armure. L'autre distribue sa lumière en s'oubliant dans l'ombre.

Tout les oppose, mais ensemble, ils avancent. Portés par les non-dits, une loyauté bancale et des illusions tenaces… Jusqu'à ce que les masques craquent.

Car certains souvenirs résistent au silence et ce qu'ils révèlent peut tout détruire.

Et là… Aimer ne suffit plus. Surtout quand on a mal aimé …
        ➡️Avertissement à lire avant de débuter la lecture
        ➡️Pour une première immersion: * MATIN CALME *
        ➡️Commencez l'histoire:  **ICI**


🎁 BONUS & UNIVERS ÉTENDU 🎁

    Plongez encore plus profondément dans l'univers d'Un Chant d'Éternité grâce à ces moments exclusifs et complices, où les personnages se révèlent sous des angles inédits. Ces contenus n’appartiennent pas à la trame directe, mais enrichissent l’univers en révélant ce qui se passe en marge, en coulisse… ou entre les lignes.

        ➡️ Comment et quand lire les Bonus?
        ➡️Accédez aux bonus en cliquant **ICI**






lundi 30 mars 2026

Chap V : Le Loup Boiteux et la Proie de Givre (3/5)


 PrécédemmentChap V - Le Loup Boiteux et la Proie de Givre - 2/5 

(👀~15 min de lecture)



Chap 5

LE LOUP BOITEUX & LA PROIE DE GIVRE

(3/5)


---


    « Je suis désolé, tellement désolé, Gabriel. »

    Hireki est effondré devant lui. Le visage défait, tordu par la douleur.
Il est méconnaissable.

    À quoi il joue ?

Gabriel le fixe, interdit.
Ce n’est pas Hireki… Hireki ne pleure pas.
Pas comme ça… Sans drame. Sans théâtre.
Quelque chose vient de s’effondrer, et ce qu’il en reste est un amas de tristesse et de désespoir.
Les yeux de Gabriel s’agrandissent, comme s’il pouvait voir au-delà de cette silhouette misérable, affalée dans un lit d’hôpital, les cheveux gras et les larmes ruisselantes.

    « Qu’est-ce qui te prend ? »

    « Go… gom… » Hireki hoquette. Sa perfusion tinte contre son support quand il essaie de s’essuyer les yeux. « Tellement… pour tout… » Il renifle bruyamment entre deux sanglots, avant d’être de nouveau submergé de chagrin.

    Est-ce que cet imbécile… est réellement en train de pleurer ?
    Pourquoi ?
    Pour lui ?
    Après ce qu’il lui a fait ? Jouer de ses sentiments ? De son corps ?

Dans le couloir, un bruit métallique fait ressurgir chez Gabriel des images lointaines.

Les barres de fer emmêlées comme un mikado. Le bruit de soudure qui cède… Et la petite silhouette suspendue. Traversée de part en part…

Il cligne des yeux. Chasse ce cauchemar.
La dette…
Il se mord la joue pour ne pas trop penser, mais c’est trop tard.

Un réflexe de gamin… Juste un réflexe… Essaie-t-il de se raisonner. En vain.

Gabriel ouvre à peine la bouche que les larmes de Hireki redoublent.

C’est autre chose…

Le métis se penche. Il hésite à tendre la main, se ravise. Puis, dans des soubresauts, il recule.

    « Ore wa… kimi o kizutsuke… tsudzuketeta… » Les mots grincent, étouffés dans la manche de sa blouse d’hôpital.

Gabriel déglutit. 

    Qu’est-ce qu’il a fait pour le mettre dans cet état ?

Puis ce sont les mots de Maxence qui lui reviennent.
    Qu’est-ce que tu as encore fait ?

    Encore…
    Oui…

    Qu’est-ce qu’il a bien pu faire… encore ?

Il rejoue les dernières minutes, mais les gémissements de Hireki, l’atmosphère trop lourde… Tout lui brouille l’esprit.

Et ce monitoring assourdissant. Il lui vrille les tympans.

Il regarde l’écran dont les constantes clignotent.

Son champ de vision rétrécit. Tout devient flou. Il ne voit plus que l’écran. N’entend plus que les alarmes, puis une sueur froide lui mord les reins. Chaque tintement de la machine suit son échine, insidieux, jusqu’à sa nuque. Se mue en un souffle. Le souffle de l’infirmier… Il glisse sur sa peau. L’étrangle.

Gabriel frissonne. Se tourne vers la porte.

    « Gabriel… » supplie le métis.

Il se concentre de nouveau sur lui.

S’il ne se calme pas… ‘‘Machin va…’’

Ses narines tiraillent. La douleur lui pince les muqueuses. Dans un sursaut, il chasse les relents de poudre. Ses doigts lui reviennent humides, mais le sang n’est pas là. Seulement une main moite et tremblante, dans un tunnel sans issue. Une impasse dont les murs noirs se resserrent de plus en plus.

Ses cuisses se serrent instinctivement. Il flanche.

Les doigts entre elles, il les sent…

    « Kidzukanakatta. Nani mo… nani mo miete… »

La litanie grouille, poisseuse. Elle se mêle à son tour aux alarmes, aux bourdonnements dans ses oreilles.

    « Ore, saitei da… » Les mots se dédoublent, se mêlent aux cris stridents du rythme cardiaque de Hireki.

Gabriel ne parvient plus à respirer. Il ne voit plus rien. Tremble.

    « … tasukerarenakatta… »

    « La ferme… » feule Gabriel entre ses dents. Il tangue. Son corps lui échappe. « Ferme-la… »

Il ne sait même pas si on l’entend, si Hireki l’entend.

Comme toujours… Un cri silencieux…

Il doit se ressaisir. S’ancrer à quelque chose de concret…
Quelque chose de rassurant… Et partir.

Il n’a plus rien à faire ici…

Quelque chose de fiable…

Et lorsqu’il s’apprête à abandonner,

Gabriel capte, du coin de l’œil, la grosse laine bordeaux.

    L’écharpe…

Sa respiration s’arrête… définitivement. Il en est certain.
Le temps ne court plus. L’oxygène suspendu. Les pleurs disparus.

    L’écharpe !

Son esprit vient de suivre le même chemin que celui de Hireki. Une mécanique si bien huilée que les images défilent devant lui.

    L’écharpe ! 

Il a gardé l’écharpe après avoir trouvé Hireki inconscient !

    Il l’a sauvé !

Encore une fois !

C’est pour ça, pour ÇA que Hireki pleure…

Il vient de s’engluer dans une poix faite de grosse laine.

Gabriel serre le poing.

    Pourquoi est-ce qu’il s’obstine à oublier ? Au bout de toutes ces années.

    Il n’est qu’un pantin. Le pion du destin.

Il lève les yeux sur la silhouette misérable en face de lui.

Bien sûr que c’est Hireki. Mais un Hireki le cœur à nu. Un cœur agrippé aux draps, qui prononce des mots qu’il ne comprend même pas.

    « Kidzukanakatta. Nani mo… nani mo mietenakatta… » L’Asiatique tangue d’avant en arrière. Les yeux perdus dans le vide.

Il est parti.
Égaré dans un monde qui n’est pas à lui…

Une rage sourde bourdonne en Gabriel. Il se déteste.

Il vient non seulement de raviver un amour qu’il voulait détruire, mais il l’a gravé au fer rouge.

Il se hait.
Il veut partir.

Quand il amorce un mouvement, son corps bascule en arrière. Il est si près de la fenêtre que le froid traverse ses vêtements. Loin des lames acérées du givre, c’est une main glacée à l’autorité douce qui le repousse aussitôt en avant. Une force contre laquelle il ne peut rien. Mélange de colère, de pitié, d’amour ou de haine. Ses pieds s’arrachent du sol. Il tourne la tête vers la porte, mais son corps penche dans la mauvaise direction. La main tendue, les doigts s’allongent, et il les voit s’agripper fermement à l’épaule de Hireki.

    « Hireki ! » le secoue-t-il violemment. Trop, pour un corps si fragile.

La tête du métis dodeline. Il grimace de douleur, mais ne relève pas les yeux.

    « … mie tena… ka… tta… » continue-t-il de réciter comme un mantra.

Gabriel agrippe ses cheveux. Trop brutalement. Il veut le faire taire.

    « La ferme ! Tu entends ?? Tais-toi !!! » Il lui attrape le menton. Écrase sa main sur ses lèvres.

Il ne veut plus l’entendre. Ne plus voir ce flot de larmes. Il veut revoir Hireki.

    LE Hireki.

Pas le mec plus célèbre que les auteurs qu’il traduit. Pas l’influenceur qui pose dans des magazines littéraires comme si c’étaient des revues de mode.

    SON Hireki.

    Le vrai.

Celui qui a chanté Careless Whisper à un mannequin en carton. Qui est resté la langue collée à un lampadaire gelé. 

    Celui qui l’appelle Gaboudin avec un sourire impossible.

Si leurs âmes sont liées, comme Hireki le dit si bien, alors… c’est avec ce mec-là.

Pas cette loque.

À cette volonté farouche, tout son corps est parcouru d’une chaleur indescriptible. Elle se propage du plus profond de son être. L’apaise. Sa vision s’éclaircit mais reste brouillée. Ce n’est plus l’angoisse. La boule au fond de sa gorge dit autre chose.

    « Je comprends rien à ce que tu dis… » Le ton de sa voix est incompréhensible. Doux et ferme à la fois. « Tu parles japonais, Chan… Je comprends rien… »

Les yeux noirs se braquent soudainement sur lui, incrédules.

Puis… le silence.

Comme à chaque fois que leur regard se croise, il n’y a plus rien autour d’eux. Ni le scope. Ni les pas feutrés dans les couloirs. Pas même leur souffle.

Juste leur lien indéfectible… Dans un espace hors du temps.

Dans un recoin lointain, les tintements du scope ralentissent.

Gabriel pourrait lâcher Hireki maintenant, pourtant il en est incapable. Le métis le dévisage. Ses iris glissent et s’accrochent à chaque détail. Chaque piercing, chaque tache de rousseur. Gabriel est englouti tout entier.

Puis les mots claquent. Sans mesure. Une vérité crue, dure et sans détours.

    « Je ne t’aime pas. »

Un uppercut.

Gabriel vient de reculer de trois pas sans même s’en rendre compte.

Hireki a toujours le regard braqué sur lui, mais ses yeux brillent d’un éclat nouveau. Il n’y a aucune haine. Seulement une lucidité effrayante. La même qui vient de frapper dans ces quatre mots.

Le ciel ne s’écroule pas. Le sol ne s’ouvre pas sous ses pieds.

Parce que Gabriel est venu pour ça. Pourtant, un courant électrique traverse son corps. Il lui brûle les doigts à chaque battement de cœur. Il secoue légèrement la main.

Hireki baisse la tête.

    « Je l’ai cru, je te jure… Longtemps… Trop… » dit-il en s’essuyant la joue.

Pourquoi il se justifie ? Ses muscles sont soudain douloureux. Ses doigts s’enfoncent dans ses paumes.

Pourquoi il réagit comme ça ?

Il s’en fout.

Oui, il s’en fout.

Après tout, lui non plus ne l’aime pas… pas comme “ça”.

    Jamais…

    « Alors pourquoi tu chiales ? » lance-t-il.

Hireki lève la tête, soufflé. Gabriel ne sait plus. Plus rien de ce qu’il doit attendre ou faire. Tout ce qu’il veut, c’est partir.

    « Attends ! » le retient la voix brisée de Hireki alors qu’il coule vers la porte.

C’en est trop.

    « Mais putain ! À quoi tu joues, bordel ? » se retourne-t-il violemment. « Est-ce que tu peux être cohérent une fois dans ta vie ? » Il fusille Hireki du regard, une tension plus sourde encore dans le corps. C’est au bout d’un silence trop long qu’il s’en retourne à la porte. « Prends soin de toi… » susurre-t-il une dernière fois.

    « Je voulais juste… m’excuser… » s’échappe enfin la voix encore abîmée de Hireki.

    « Mais de quoi ?! » grince Gabriel dans un désespoir agacé. Il ne se retourne même pas. « Toujours à assumer toute la merde que j’fais. T’es là, à chialer comme une merde en t’excusant de plus m’aimer ! Tu pouvais pas juste… » Sa tête cogne contre la porte. Il veut partir mais il en est incapable. « Pourquoi t’as appelé ? » Sa voix se brise, les mots coincés entre la gorge et le cœur.

    « Pour la même raison que tu es venu ! » tranche Hireki.

Il est piqué au vif. Lui-même ne connaît pas la réponse.

    « Je t’ai dit… pour l’écharpe » tente-t-il en toute mauvaise foi, mais quelque chose cloche.

La voix de Hireki claque. Ferme, autoritaire.

    « Arrête ça immédiatement, Gabriel. »

Tout son corps se tend. C’est comme ça depuis toujours.
Quand la voix s’élève, le corps obéit. Il ne cherche même pas à lutter.

    « Tu as les clefs de chez moi. Tu pouvais la rendre n’importe quand sans venir ici. »

Sa main est suspendue, les doigts tremblants. Elle ne lui appartient plus.

Et la voix caverneuse s’immisce jusque dans ses tripes : « Je veux que tu t’assoies et que tu m’écoutes. Maintenant ! »

Le scope ralentit. Dangereusement. Les tintements distordus dans le vide.

Gabriel se regarde s’asseoir sur le bord du lit alors qu’il a encore la main sur la poignée de porte.

La chaleur au fond de ses entrailles revient, animale. Elle lui hurle de fuir mais il l’ignore, jusqu’à ce qu’elle semble elle-même briser les chaînes. Hireki se perd dans une toux violente. La main agrippée à la poitrine, sa gorge racle douloureusement. Gabriel ressent la même au fond de la sienne. Il presse son torse pour s’assurer que son cœur bat encore.

Il sursaute quand la main de Hireki s’en empare.

Elle est froide.

Il n’a jamais les mains froides.

Parce qu’il est vivant… Lui.

    « Écoute-moi », tente-t-il entre deux quintes rauques. « C’est tout ce que je demande… Pas de… » L’Asiatique lève les yeux. Il n’y a plus rien du loup dans son regard noir. Seulement un adulte suppliant. « Je ne te demande pas de me pardonner… »

    « Pardonner quoi ? » coupe sèchement Gabriel.

    « Tout ! Absolument tout ! » Les perles noires se perdent un instant dans des souvenirs trop pressants. Il s’agite, confus. « Les… les sucettes, Rousselet… » Son visage se tord de nouveau dans un sanglot qu’il a du mal à retenir. « Ton père et… le mi… » Il s’étrangle sur le dernier mot. Renâcle quand il se retient de vomir.

Gabriel le voit lutter. Sa pomme d’Adam roule lentement sous la peau.

    Qu’est-ce qu’il ravale comme ça ?

    Est-ce qu’il veut vraiment savoir ?

    Non…

    « Je vois pas de quoi tu parles », s’apprête-t-il à se lever, mais Hireki le retient avec force.

    « Je serai là… Quoi que tu choisisses… Même si tu pars, je… je te jure, Gabriel. »

    « Je comprends rien à ce que tu dis !! » précise de nouveau Gabriel en ôtant vivement sa main. « Tu dois être perturbé… à cause de ton coma. » Essaie-t-il maladroitement.

Parce qu’au fond, il sait… Il sait très bien de quoi il parle.

Et il ne veut pas que Hireki le regarde comme ça.

Il veut garder auprès de lui quelqu’un qui jamais n’entendra ce qu’il a à dire. Pas par égoïsme… par naïveté.

    « Gabriel… s’il te plaît. » insiste l’Asiatique.

Hireki enserre sa main avec plus de vigueur. La même que lorsqu’il lui a presque ordonné de lui avouer l’avoir trouvé sur la colline.

Gabriel le regarde. Hireki a la mâchoire tremblante. Un mélange étrange de peur, de colère et de tourments.

Il peut supporter le désir brûlant à chacune de ses œillades. L’amour que jamais il ne lui rendra. Mais pas ça…

Le corps suppliant de Hireki se penche davantage.

    « Je ne t’en voudrai pas. Je t’aiderai… »

Tout son système est en train de s’enrayer.

Il se sent perdre pied et c’est dans une violence rare que Gabriel se jette sur lui.

    « Je. Ne. Suis. Pas. Une putain. DE VICTIME !!! » Les doigts prêts à déchirer le tissu de la blouse. Les yeux émeraude brûlent d’une rage existentielle. Ils dévorent Hireki tout entier. Il le secoue une nouvelle fois quand il perçoit un mouvement sur ses lèvres. « C’est bien compris, Hireki ? » Leurs visages ne sont plus qu’à quelques millimètres. Gabriel sent chaque vaisseau de son visage tambouriner sous sa peau.

    « Gab… »

Deux légers coups retentissent. Un médecin les fixe, incrédule, avant de jeter un regard furtif à sa montre. 

    « Les visites… »

    « C’est mon frère », coupe instantanément Hireki.

Gabriel se retourne, choqué.

De quoi ? Il n’en a aucune idée.

Quelque chose a résonné en lui…

    Un mot.
    Un seul.

    Frère.

Hireki fixe le médecin. Bien trop pour réussir à cacher qu’il évite son regard. Ses prunelles dansent, hésitantes. Son corps tendu comme un arc.

    « Je vais y aller », se relève Gabriel. Il sent la main de Hireki glisser sur la sienne quand il essaie de le retenir une dernière fois. Puis, sans trop savoir ce qui lui prend, Gabriel se jette à son cou. Tout son corps s’apaise instantanément. La chaleur de Hireki. Il avait oublié à quel point elle l’apaise. Il le serre un peu plus. Sciemment. Il n’a pas envie de pleurer, il veut sentir son cœur vibrer contre le sien. Il sent Hireki hésiter, pour finalement le serrer trendrement..

Gabriel reprend vie. Elle coule dans toutes ses veines.

    « Pardon », murmure-t-il avant de se détacher lentement du corps tremblant de l’Asiatique.

    « Je suis pas prêt, Chan », lui glisse-t-il au creux de l’oreille. L’écharpe coule à ses pieds quand il se redresse. Gabriel la regarde un instant. Puis fixe Hireki. Ses yeux font encore un aller-retour entre le cache-nez et son meilleur ami, avant qu’il ne l’attrape d’un geste sec.

    « Tu pues », lance-t-il à Hireki. « Elle mérite pas ça. »

Le métis secoue légèrement la tête, éberlué. Il a retrouvé sa mine de chiot déconcerté face à l’humain.

    « J’te la rendrai plus tard… »

C’est mieux ainsi.

    Les non-dits.
    Les secrets.

C’est ce qui lui procure encore la paix.

Gabriel lui ébouriffe les cheveux d’un geste paternel.

    « À plus, Tête de Châtaigne. »


FIN CHAPITRE 5
====


        SALUUUUUUT LES BOUNDIES 😏😏

    NON VOUS NE RÊVEZ PAS 😭😭
Oui oui c’est bien moi

VOTRE KING MOCHI QUI RÉAPPARAÎT COMME UNE FLEUR
🌸🌸🌸

AVEC…

🎉🎉✨✨l’épisode 3 chapitre 5✨✨🎉🎉

COMME SI ÇA NE FAISAIT PAS 8 MOIS QUE VOUS ATTENDIEZ 👁️👄👁️

Franchement dites-moi…

On n’était pas à ça 🤏🤏🤏 de devoir faire un :
    “PRÉCÉDEMMENT DANS UN CHANT D’ÉTERNITÉ” ?? 😭😭😭

Oui j’ai honte un peu… mais PAS TROP NON PLUS 😌

Du coup dites-moi TOUT 👇👇

💬 vous vous souvenez encore de ce qui se passe ou pas du tout ?
💬 team “j’ai tout relu comme un détective 🕵️”
💬 ou team “j’avance à l’aveugle et je prie 😭


et SURTOUT 👀

    💔 vous êtes team Gabriel (pauvre bébé 😭)
OU
    🖤 team Hireki ( problème ambulant ?? 😏)

    En tout cas merci d’être encore là après tout ce temps 🥺🫶
(et promis… je DIS promis… je vais essayer de pas redisparaître 8 mois 😭😭😭)

    Votre King Mochi trop fier!!
        DIOGENE 🍡🍭


A Suivre...
-N'hésitez pas à Commenter et Partager-

lundi 26 janvier 2026

Annonce royale du très humble (mais sadique) King Mochi



🌙✨ Mes très chers Boundies adorés ✨🌙,

    Il est 21h30, et vous savez... VOUS SAVEZ ce qu'annonce un tel titre d'article!!!
Je suis toujours là, en pyjama panda, un mug de Gabychouco froid à la main, à vous écrire au lieu de poster ce fichu épisode 3 chapitre 5 que j’avais "promis à 90%" pour aujourd’hui… 😅

Alors voilà : l’épisode est bel et bien terminé.

REELLEMENT TERMINE!!!!

Mais alors King Mochi!! Pourquoi une telle annonce????

Pour le "Mais..." évidemment!

L'épisode est… comment dire… trop long pour exister dans un monde raisonnable. Même Blogger me regarde de travers. Et mes scènes ? Elles se sont mutinées. J’ai beau être leur auteur, elles n’en font qu’à leur tête. 😤📜✂️

    J’ai donc longuement hésité :

        🔪 Le couper en deux ? Hors de question ! Je voulais qu’on ait une seule scène à l’hôpital, et on en a déjà deux!!! Donc j'ai dit NON au festival des visites médicales.
        🔥 Virer une scène entière ? Devinez quoi…. 💔 Oui, j’ai sacrifié une scène-climax!!! POUR VOUS. (Et pour la cohérence, aussi…)

Sauf que voilà : Quand on fait ça, tout le plan des prochains épisodes doit être réajusté, recousu, huilé, brossé dans le sens du poil, etc. Donc… le post de ce soir ne pourra pas avoir lieu parce qu'il faut que je réfléchisse comment ce retrait va impacter la suite. 

TROP DE QUESTIONS!

  • Remettre la scène dans un futur épisode?
  • L'annihiler complètement?
  • Où?
  • Comment?
  • Pourquoi?

Promis juré, l’épisode arrive très bientôt, prêt à vous faire hurler (de douleur ou de plaisir, à vous de voir 😇).

Merci de votre patience, de votre enthousiasme, de vos messages, de vos théories, de vos cris de rage, de vos "POURQUOI TU NOUS FAIS ÇA ?!"
Je vous aime un peu fort. Et j’ai hâte de vous faire mal encore 💙

    Votre très sincère (et légèrement cruel) King Mochi 🐺🍡
        DIOGENE


Retour à la *Table des Matieres*
-N'hésitez pas à Commenter et Partager-


lundi 11 août 2025

Chap V : Le Loup Boiteux et la Proie de Givre (2/5)

 

PrécédemmentChap V - Le Loup Boiteux et la Proie de Givre - 1/5 

(👀~20 min de lecture)



Chap 5

LE LOUP BOITEUX & LA PROIE DE GIVRE

(2/5)


---


    Le choc est tel qu’il lui manque un souffle.

C’est un ange qui passe la porte… mais un ange déchu.

À sa vue, Hireki ne sait pas à quelle vérité se fier : les yeux ou le cœur. Lucide ou perverti. Son esprit vacille encore, accroché aux miettes de cet amour illusoire. Pourtant, c’est dans une appréhension sereine qu’il laisse la vérité empoisonner le mensonge.

Gabriel est là, dans l’encadrement de la porte. L’allure piteuse. Il semble être tombé là par accident, un sac trop lourd dont plus personne ne veut. Ses boucles folles, toujours aussi parfaites sous l’humidité, paraissent sculptées dans l’or et le bronze.

Il avance, l’air absent. L’eau perle sur ses mèches et glisse le long de sa tempe. Elles tombent sur un visage marqué… et des yeux vert émeraude, relique d’un autre temps.

Un pantin.
Une poupée de chiffon animée d’un souffle qu’on lui a imposé, sans mode d’emploi.

Pourtant, Hireki sourit.

Trop.

Il le sait à ses pommettes douloureuses et ses lèvres qui tiraillent. Son corps ne lui appartient plus. L’espace d’un instant : le cœur parle pour lui.

Gabriel jette un œil par-dessus son épaule, comme si pareil accueil ne pouvait lui être destiné.

    « Gaby… » murmure-t-il, l’extase au bout des lèvres.

Leur regard s’accroche avant que Gabriel ne détourne le sien. Il balaie du pied un sable invisible. Un geste ténu et bref que Hireki se surprend à voir immédiatement.

Et, plus encore, il y a ces rouages qui tournent à vive allure. Ils apparaissent si nettement à ses yeux.

C’est effrayant.

Chaque rotation, chaque emboîtement marque les hésitations de Gabriel. Le jeune homme pèse si profondément le pour et le contre que son corps même suit le mouvement : droite, gauche, partir ou rester.

Alors, c’est le propre sang de Hireki qui se teinte de doute.

    Est-ce qu’il va repartir aussi vite qu’il est venu ?
    Est-ce qu’il va disparaître comme tous les autres ?

Insidieuse, l’angoisse se loge au fond de sa gorge. Hireki veut tendre la main, mais ce sont les larmes qui gagnent la course. Elles se pressent derrière ses paupières.

Il les ravale et force le sourire.

Aucun mot ne sort.
Parce qu’il ne sait pas lequel prononcer.

Tout se bouscule, s’amasse, l’étouffe. Sa main tremble de plus en plus et, levant les yeux, il les voit.

Celles de Gabriel.

Cramponnées à un amas de laine informe, si fort que ses doigts disparaissent dans les mailles épaisses alors que tout le reste de son corps transpire la désinvolture.

Gabriel penche la tête, le menton haut. Sa tête tangue, prête à se décrocher. Trop lourde de secrets pour un corps si fragile. Il mord le bijou sur le coin de sa lèvre inférieure.

    Combien de fois l’a-t-il vu faire sans comprendre ?

Il est tiraillé. C’est évident. L’Asiatique se maudit un peu plus d’avoir autant fermé les yeux. Le grincement de ses dents résonne à ses oreilles. Le sang pulse à ses tempes.

Hireki inspire profondément. Sa poitrine est douloureuse, son cœur prisonnier d’un piège à loup.

Le lit grince quand son corps penche en avant. Il s’apprête à parler, mais rien : à part ce trou, là, dans le thorax.

Le scope émet un léger signal. Bref. Une fraction de seconde, suffisante pour que leurs regards se croisent.

Contre toute attente, l’angoisse ne se lit pas chez Gabriel. Pas même une simple question.

    « Salut, Tête de Châtaigne » lâche-t-il soudain.

Il est d’une nonchalance absurde tant elle contraste avec le reste. Mais tout ça importe peu, car son cœur se fige dès la première syllabe.

La voix de Gabriel… rauque, griffée du froid, de nicotine et de prières trop récitées.

Elle ne fait pas que déchirer le silence.
Elle le brise en mille morceaux.

Ses éclats l’emportent dans une avalanche de sensations oubliées. Subjugué, Hireki se laisse couler, tout entier, dans une béatitude indécente. Maladroit, il se redresse, tentant d’ajuster la couverture sur son ventre et cacher une autre évidence.

Il le désire toujours autant.

L’âme en feu, le scope émet des tintements stridents.

Ce fichu scope, comme à chaque mensonge de son père, trahit aujourd’hui sa propre vérité.

C’est aujourd’hui qu’il reprend vie.

Pas quand il a ouvert les yeux.
Pas quand son père a franchi cette même porte cinq jours auparavant.
Pas sous les gestes contenus de ses grands-parents.

Mais, aujourd’hui, à la vue de Gabriel.

Dans ces sentiments qu’il ne comprend plus vraiment, et un désir encore trop présent.

Il est et restera son Ange. Celui qui drague avec lui le souffle d’âme, l’essence même de sa vie.

Les battements aigus de la machine ralentissent, plongeant de nouveau la pièce dans un chant régulier de pas étouffés et de bruits métalliques.

Gabriel est resté figé entre deux mots. Les yeux sur les constantes. Il déglutit quand le silence fait un retour fracassant.

    « Gaby ? » hésite Hireki.

Quand, dans un sursaut, son meilleur ami s’anime de nouveau, c’est pour mieux s’éteindre. D’un claquement de doigts. Indéchiffrable, comme toujours.

    Un automate qui crie en silence.

Des pas précipités résonnent dans le couloir. Un brouhaha fait de jargon médical et d’urgence professionnelle.

Tous deux fixent la porte avec toute l’angoisse d’un parent. Puis, le calme revenu, leurs regards se heurtent. Ils se sourient discrètement, comme si la vie suspendue des autres venait de leur rappeler la fugacité de la leur.

Hireki pouffe doucement alors que, dans un souffle de capitulation, Gabriel bombe légèrement le torse. Il est si pâle que ses taches de rousseur forment un masque.

    « Alors… » tâtonne l’Ange en s’humidifiant les lèvres, incertain… « la résurrection ? »

Il a l’allure assurée, mais tout sonne faux. Encore une fois, Hireki le voit… Cette faculté à singer la confiance alors que tout son corps hurle vouloir disparaître.

    Combien d’années a-t-il choisi de se faire berner par quelqu’un qui n’arrive même pas à se mentir à lui-même ?

Pourtant, le métis sourit encore et toujours sous l’aura froide. Il préfère cette distance pudique et sincère à la tendresse trop ostensible de Maxence.

Le souvenir de son père, dessiné dans l’encadrement de la porte après son réveil. Le regard doux, rassuré, mais sans les mots escomptés. Jamais il n’aura demandé, pas une seule fois, comment il allait. Bien trop occupé à souligner ses efforts.

Son âme s’étiole. Hireki grimace d’amertume. La projection du Gabriel parfait s’en fait l’écho, et avec lui ses premières paroles :

    Que tes yeux regardent bien en face et que tes paupières se dirigent droit devant toi.

Hireki veut fuir ce qu’il a pourtant accepté d’affronter. Il frotte distraitement les draps amidonnés. Se perd dans les replis.

Il va perdre Gabriel, et il doit s’en faire une raison.
Il n’est pas digne de lui.

Mais pas tout de suite.
Encore un peu… avec lui… avant de le perdre… comme tous les autres… définitivement.

    « Pas mon truc, tu vois ? » répond-il minablement, les larmes tapies sous le sourire.

Une tension sourde court le long de sa nuque. Il sursaute brusquement pour échapper à l’étau invisible.

    « Apparemment… » ajoute-t-il tout de go, « y’a qu’un seul Frosty Jesus. »

Le silence retombe. Même l’air semble figé une seconde de trop.

Cette pique… il l’avait lancée un jour, lors d’une dispute. Et, contre toute attente, elle avait déclenché un fou rire incontrôlable chez Gabriel.

C’est finalement ce qu’il réussit toujours le mieux : fermer les yeux, sourire et détendre l’atmosphère. Le soleil naïf, l’éternel adolescent aux blagues idiotes, l’immaturité érigée en bouclier.

Il se déteste, et comme un rappel à sa lâcheté, Gabriel ne réagit pas.
Pas même un froissement de tissu, un tressautement, un soupçon de recul.

Hireki se redresse, implorant.
Il essaie de sourire encore et toujours pour encourager Gabriel à faire de même, mais ses commissures s’étirent dans le mauvais sens. Ses paupières sont en feu.

Il ne veut pas le perdre.

Un vrombissement naît au fond de sa poitrine. Léger, mais bien présent, porté par la peur de le voir encore disparaître. La bile monte, il déglutit.

Il est pitoyable.
Un lâche.
Un héros fantoche devant une victime qui ne veut pas en être une.

    « Je t’attendais » dit-il lamentablement.

    « Ah ouais ? »

Les mots claquent. Un reproche froid qui le cueille en plein cœur.

Le métis accuse le coup. Il le mérite, après tout. Gabriel renifle en jetant un œil à la fenêtre où les flocons se bousculent comme des spectateurs avides du drame à venir.

    « T’as vraiment du temps à perdre… » continue-t-il dans un murmure crispé. « En même temps… tu dois t’faire chier ici… »

Il s’arrête sur une pile de comics américains, maladroitement empilés sur le chevet, à côté d’une boîte de chocolats et de fleurs fanées.

Hireki sent instantanément la tension qui le traverse, parce qu’elle le submerge aussi. Gabriel tangue imperceptiblement. Il appuie prudemment sur le coin de sa lèvre et semble se perdre dans un souvenir nébuleux. Il grimace avant de revenir à lui dans un geste nerveux.

Sa pomme d’Adam se soulève péniblement.

    Est-ce qu’ils se sont vus ?
    Ou est-ce qu’il a toujours craint Maxence de cette manière ?

    « T’inquiète » le rassure aussitôt l’Asiatique, « il passe seulement le matin. TOUS les matins… »

À ces mots, une expression rare marque les traits de Gabriel. Sa tête pivote légèrement vers la porte. Il ressemble à un enfant qui a besoin d’être rassuré. Il se racle la gorge et porte machinalement les doigts à ses lèvres. Il roule des yeux bêtement à l’absence de cigarette, mais souffle quand même la bouffée invisible.

    « C’est bien qu’il soit là » dit-il sans grande conviction.

Hireki laisse échapper un petit rire. Gabriel aurait tout bonnement pu dire qu’il s’en tamponnait royalement que la différence aurait été infime.

    « Jouer les pères modèles, ça lui va pas du tout ! » ajoute le métis avec mépris.

Mais Gabriel recule d’un pas surpris. Les sourcils froncés, il le dévisage intensément et Hireki s’arrête instantanément.

À ce jeu, son ton sonne faux… parasité par l’infime espoir que Maxence n’ait rien fait.
Il ne parvient pas à le détester réellement… sans preuve…

Le métis joue avec le bord de son drap. Ses bandages ont disparu, mais sa peau garde les traces des brûlures de gel. Un court instant, il se demande s’il pourra retracer de somptueux kanji ou glisser des chibi ronchons dans les paquets de cigarettes de Gabriel.

    « Gabriel, je… »

    « J’suis juste venu te rendre ça. »

Ils ne se sont pas lancés en même temps. Gabriel l’a fauché en plein vol. Volontairement.

Son visiteur pointe du nez la boule de laine bordeaux qu’il tenait si fermement jusque-là.
Il s’avance doucement, toujours si faussement indifférent, alors même qu’il la replie avec application.

    « … et peut-être… pour savoir comment t’allais » avoue-t-il en se raclant la gorge.

Il dépose délicatement l’écharpe sur le lit. Ses doigts s’attardent sur les mailles épaisses avant de s’en détacher à regret.

    « Par contre… j’ai fumé toutes tes clopes… »

Il ne sait pas quoi faire de ses mains. Du coin de l’œil, Hireki le voit les glisser dans ses poches, les ressortir aussitôt, jouer avec un fil de son gilet, croiser les bras, puis finalement les laisser ballantes le long du corps.

Mais autre chose de plus important monopolise son attention :

Le cache-nez.

Ce n’est pas seulement son écharpe que Gabriel vient de lui rendre… mais celle qu’il portait ce jour-là.

Son expression se durcit sous le flot de souvenirs confus, arrachant une réaction viscérale chez son visiteur.

    « Je l’ai lavée, si c’est ça qui te dérange ! »

Le ton agressif le ramène aussitôt à la réalité. Une étincelle de rage traverse les traits de Gabriel. Sa mâchoire tremble, ses narines se dilatent au rythme anarchique de sa respiration. Il ne le regarde même pas.

Il bouillonne.

    Est-ce qu’il a toujours bouillonné ainsi ?

    « Pourquoi tu dis ça ? » s’inquiète Hireki.

    « C’est toi qui tires une gueule de trois mètres de long ! » feule Gabriel, les poils des avant-bras hérissés quand il chasse l’air devant lui.

    « Non, c’est… »

Hireki revient à l’écharpe. Il la voit nettement, enroulée autour de son cou ce jour-là.

    « C’est celle que je portais… »

Un bruit retentit.

Gabriel a reculé si vivement qu’il a heurté le fauteuil médicalisé derrière lui. Ses joues rosissent et ses prunelles se voilent.

Les rouages réapparaissent… Et ils tournent à un rythme effréné.

    « T’as dû confondre ! » lance Gabriel en amorçant un pas de côté.

    Il va disparaître.

Hireki l’attrape violemment par le poignet. Le tire vers lui. Il n’y a plus aucune douleur, juste la volonté de le retenir et le garder là, toujours, près de lui.

Une ardeur possessive monte de ses entrailles. Le vrombissement jusque-là ténu monte des tréfonds de son âme, fait gronder tout son être.

    « C’est toi qui m’as trouvé ! » dit-il avec véhémence.

Gabriel a les yeux écarquillés, figés sur la main abîmée qui le malmène.

    « Tu m’as trouvé et tu as appelé les secours ! » Le secoue Hireki.

Ses mots sonnent comme un ordre. Sa voix caverneuse absorbe tout autour d’eux, jusqu’à la lumière même. Gabriel tente de se défaire. Ses doigts fins griffent la peau hâlée, mais Hireki ne sent rien.

Il veut.
Il veut viscéralement…

    « Tu m’fais mal. »

Ce n’est pas un cri, pas un avertissement, ni même une supplique.

Un simple murmure.
Un chuchotement d’une fermeté trop douce pour être réelle.

Mais de ce simple souffle vient la réminiscence.

    La moufle violette dévorée par le gant jaune.

Tout autour d’eux éclate. Hireki le lâche brusquement, les yeux rivés sur sa main tremblante. Puis, le vertige…

    « Ga… »

L’air est étouffant, épaissi par la honte, la peur, la culpabilité. Un amas gluant qui rend l’atmosphère presque opaque.

Hireki veut respirer, mais sa gorge se serre. Il halète, tousse violemment, la main cramponnée à son pyjama.

La douleur est insupportable. Elle le pénètre de toutes parts : sa poitrine, son cœur, transpercés par une lance lourde de péchés.

Il n’y a plus rien d’autre qu’une lumière aveuglante autour de lui. Elle scintille comme autant de diamants.

    « Chan ? »

La voix se détache à peine tant la douleur occupe tout l’espace. Il a froid, si froid. Le givre le parcourt tout entier, le paralyse.

Il ne veut pas mourir.

    « Chan ?! Tu m’entends ?! »

Il ne veut pas…

    « HIREKI !! »

Le choc.
Le parfum…
Le parfum d’infini blanc…

La caresse éthérée.
Comme ce jour-là…

Apaisante sur son front, ses joues.
Sur la colline.
Le ciel d’émeraude.

    « Regarde-moi ! »

Gabriel est là, penché sur lui. Ses doigts frais enserrant ses joues brûlantes.

Hireki ne peut pas bouger, mais il n’en a pas envie. Il s’agrippe aux poignets avec désespoir.

    « Tu me vois ? » demande Gabriel calmement.

La vie revient. Ses poumons se gorgent d’un souffle nouveau.

    « Gabriel… »

Hireki tangue quand son ancre lui est arrachée brutalement.

    « Hey, Ax’ ? Ça va ? »

Son infirmier.

La panique l’envahit. Tout se brouille encore une fois. Gabriel n’est plus là. Ses mains sont vides.

    « Souffle fort ! » lui demande l’infirmier.

    Gabriel…

L’Asiatique cherche du regard en vain, alors que l’infirmier l’encourage encore :

    « Souffle, comme dans un ballon ! Fort ! »

Il essaie de se surélever mais un bras le retient.
Il ne le voit plus.

    Gabriel…

    « Souffle, Joli Cœur ! Allez ! »

Hireki se débat.
Il ne peut pas.

    Est-ce que cet imbécile comprend ?

    Il ne peut pas… Sans Gabriel.

Hireki tente de repousser l’homme. Mais une simple pression sur son tibia l’apaise immédiatement.

    « Souffle, Hireki. »

De cette simple inflexion, dans ce conseil bienveillant et pur… il souffle. Il souffle fort.

Son buste se soulève à chaque poussée et il le voit. 

Gabriel. 

La main délicatement appuyée sur sa jambe. 

Il ne le regarde même pas.

Le jeune homme recule lentement en repoussant ses boucles humides.

    Un ange…

    Son Ange…

Le brouillard se lève, la douleur s’amenuise. Les bips réguliers du scope envahissent peu à peu la pièce. Puis, le frottement léger d’un pied sur le sol carrelé.

    « Gabriel ! » appelle Hireki dans un sursaut douloureux.

Il ne parvient pas à se redresser convenablement ; lance un regard implorant à l’infirmier qui le redresse avec maîtrise.

    « Reste… »

C’est tout ce qu’il peut dire. Le corps encore trop fébrile pour qu’il puisse le retenir autrement.

    « Les visites se terminent » brise l’infirmier, le nez sur une tablette numérique.

Il lève le nez sur Gabriel. 

Brusquement, l’étonnement envahit ses traits. Sa bouche s’ouvre quelques longues secondes. Puis, le sourcil haut, il sourit en coin.

    « Mais on peut s’arranger ! »

Un malaise poisseux s’installe. Hireki frissonne. Il se sent soudainement sale. Son regard balance entre son infirmier et Gabriel…

    Son infirmier… 
    et le regard haineux de Gabriel.

Dans une impulsion qui n’est pas la sienne, Hireki empoigne violemment la blouse du soignant. L’infirmier perd l’équilibre, se rattrape au bord du lit.

    « Laisse-le ! » crache-t-il.

Le professionnel repousse la main, effaré.

    « Hey !! Ça va, Joli Cœur. Tout doux ! »

Il réajuste gauchement son badge, mais sa main tremble.

    « Qu’est-ce qui te prend ? » siffle-t-il entre les dents.

Puis, brusquement, dans un geste leste, il empoigne sans finesse l’épaule de Gabriel avant de la flatter comme celle d'un vieil ami :

    « On n’a pas idée de se mettre dans des états pareils pour une simple visite, hein ? »

Il quitte la chambre, en ricanant.

    « Trente minutes, pas plus ! J’envoie le médecin ! » lance-t-il par-dessus son épaule avant de disparaître.

Gabriel fixe la porte, marmoréen. Hireki peut presque l’entendre respirer à l’envers.

    « Vous vous connaissez ? » demande-t-il avec précaution.

Gabriel sursaute et se retourne, le regard complètement perdu. Sa bouche se fend d’un léger mouvement. Il se ravise, se dandine nerveusement.

    « Non. Enfin… J’sais pas »

Il hausse une épaule dans un tic nerveux avant de se frotter le nez, violemment. Trop.

    « P’têt… »

La réponse est un coup de tonnerre.

Hireki le voit enfin.
Vraiment.
Pleinement.

Sans fard, avec tout l’amour sincère qu’il lui doit. Ce Gabriel qu’on a sali, jusqu’à ce que lui-même ne sache plus à qui appartient son corps. Ce Gabriel qu’il a lui-même utilisé.

Il ne nie même pas. Pas vraiment. Parce qu’il ne peut pas mentir. Parce qu’il ne sait pas.

Il ne sait plus qui ou même combien ont profité de sa docilité.
Et c’est pire que tout.

Quelque chose lâche. D’un coup.

Les digues cèdent sans prévenir.

Hireki s’effondre. Sans transition. Sans pudeur. Il pleure. Fort.

Des sanglots larges, douloureux, entiers.

Un seul cri se forme, étouffé dans sa gorge, déchiré par l’épuisement et la vérité nue :

    « Je suis désolé… tellement désolé, Gabriel… »


====


      
 🌟 Heyyy les Boundies  💖💥 

    Alors alors… cet épisode 😳💔 ? Un peu intense hein ?! Et long aussi... Mais hey! Ca valait le coup non? De telles retrouvailles ne pouvaient décemment pas tenir dans un épisode de 10minutes.

Vous l’avez senti le petit vroum-vroum de la tension entre nos deux Dramaphiles 🔥👀 ? 

Et ce moment où Hireki pète (un peu beaucoup) un câble 😬✋… 

  • Vous avez eu peur pour Gabriel 😱 ou 
  • Vous vous êtes dit "WTDuck… Hireki serait un Red Flag" ? IMPOSSIBLE!! 😭😭

Balancez-moi vos feels 💌, vos théories 🕵️‍♀️, vos ships 🚢 (oui en même temps... Il n'en existe qu'un! 😅), et même vos insultes préférées nulles mais mignonnes 😏✨. 

J’vous lis TOUS dans les coms, alors faites péter le clavier 🔥💬 !

    💬 Allez, racontez-moi :

1️⃣ Votre moment préféré de l’épisode 💖
2️⃣ Celui qui vous a brisé le cœur 💔
3️⃣ Et… est-ce que vous aviez envie de mettre un coup de pied aux fesses de Gabriel 😵‍💫 ? (moi oui)

    Votre King Mochi fatigué,
        Diogène


- N'hesitez pas à commenter et partager -
Retour à la *Table des Matieres*

 



lundi 14 juillet 2025

Chap V : Le Loup Boiteux et la Proie de Givre (1/5)


PrécédemmentChap IV - La Promesse de l'Ange - 5/5 

(👀~10min de lecture)



Chap 5

LE LOUP BOITEUX & LA PROIE DE GIVRE

(1/5)


---
    
     Deux.

C’est le nombre de jours qu’il lui a fallu pour prendre une décision… Ou plutôt changer d’avis.

Il se revoit encore, à moitié à poil sur le lit de l’hôtel, en sortie de passe. Le client était sympa. Quadra propre sur lui. Il détonnait grave. Mise à part sa propension à mordre et lui susurrer des horreurs, il était doux.

Certains ont l’art de mêler la violence au respect.

Une fois ses affaires terminées, le gars lui a payé la chambre sans rien exiger de plus. Il avait le regard délicat en lui demandant son âge.

Comme si ça avait de l’importance après l’avoir pris à quatre pattes.

    La gerbe.

Il est parti un peu honteux. Sûrement retrouver femme et enfants. Leur photo était dans son portefeuille.

Gabriel hausse les épaules en souriant amèrement.

    Pauv' type.

En réalité, lui, s’en fout de ce mec. Un petit rire lui échappe.

Il a dormi. Profondément. Bien mieux qu’en squattant l’appartement de Hireki. Trop vide, trop silencieux… Trop froid. Avec la peur constante de tomber nez à nez avec M. Bouvier, les ' Gabysomnies ' sont devenues légion.

Gabriel souffle du nez. ' Gabysomnie '... Y a bien que Hireki pour jouer avec les mots comme ça.

Il frissonne. Encore cette sensation d’os gelés. Il a mal au ventre.

    Hireki...

C’est pour lui qu’il est là. Comme un con. Sur les marches de l’hôpital. À tergiverser.

Il lève le nez sur le bâtiment. Il grandit à mesure que son regard atteint le sommet.

    Cerbère.

La façade se courbe, les fenêtres le fixent. Des centaines d’yeux qui le jugent. Dans un grognement, les portes automatiques s’ouvrent. Une bouche béante, édentée, qui se referme sur une nuée d’anonymes avant d’en vomir d’autres.

Gabriel grimace, indifférent puis allume une cigarette.

Il trépigne pour retrouver un peu de posture.

Le ciel est couvert, la neige fine et doucereuse.

Elle virevolte comme les cendres d’un volcan éteint. Il ferme les paupières sous la caresse des flocons. Ils lui rappellent les doigts de sa mère. Il attend le parfum de cannelle et de girofle, mais il ne vient pas.

Il tire une latte, s’étrangle avec la fumée.

Un ado à sa première clope. Il tousse.

Elle est dégueulasse.

Où est-ce qu’il l’a eue déjà ?

La tige est tordue, le papier trop fin, presque transparent.

Elle a pris la flotte.

Gabriel la jette dans un parterre glacé et elle ne siffle même pas.

Il tire sur son labret. Un bruit métallique qui résonne dans ses tympans. Un goût du fer dans la bouche. Le repli de sa lèvre est à vif de l’avoir trop mordu.

Il claque la langue, irrité.

Il brasse du vide… Il le sait bien…

Un vent doux l’enveloppe. Un conseil éthéré qui le pousse à prendre une décision. Il lorgne du coin de l’œil les portes. Entre la tête dans les épaules. Il est un enfant qui rechigne à passer la porte d’un dentiste alors même qu’il a une rage de dents.

Un fil de laine vient lui chatouiller le nez.

Il se frotte violemment le visage, agacé.

    « Putain ! Même quand il est pas là, il fait chier ! »

Ce n'est pourtant pas après Hireki qu'il en a. 

Pourquoi il a allumé son téléphone ce soir-là ? La batterie est morte de toute façon !

Il s'ébouriffe les cheveux, tourne sur lui même, prend une grande respiration.

Il se souvient des vibrations dans le bois du chevet.

Comme il a râlé. Tardé à jeter un œil sur l’écran.

Qui pouvait l'appeler de toute façon ?

L’image de sa mère s’est esquissée avant qu’il ne la chasse en s’emparant du cellulaire pour le balancer loin de lui.

    Tête de Châtaigne.

Un uppercut.

Ce n’était pas tant le surnom affiché mais la photo associée.

Une silhouette en contre-jour. Concentrée. Traits tirés. Regard félin.

Le vide dans sa poitrine. La suffocation.

Depuis quand lui manquait-il autant ? Pour le trouver si… beau ?

Le téléphone a glissé de ses mains moites. Il l’a rattrapé maladroitement entre ses cuisses dans un réflexe stupide.

Les vibrations ont cessé.

Pour reprendre aussitôt.

    Tête de Châtaigne.

Le cerveau en ébullition. Entre rage et panique froide.

Mille questions à cent à l’heure.

    Troisième appel

Son doigt a dansé au-dessus de l’écran fendu.

Droite il saura, gauche il s’en foutra…

    Quatrième.

    Tête de Châtaigne.

    Gauche.

Il s’en fout… Avec le cœur en vrac, le cerveau en surchauffe, et les joints qui ne réussirent pas à chasser tout ça.

La neige fond à ses pieds. Gabriel frappe dans le vide et la douleur le cueille. Violente.

Ses orteils contre les marches.

    « Sales putes ! » crache-t-il alors qu’une femme le frôle.

Elle le fusille du regard, ses pupilles brillantes d’un mépris disproportionné, comme si elle voyait en lui quelque chose d’inadmissible.

Lui, ne prend même pas la peine de tourner plus que ses pupilles. Elle continue sa route.

    Il n’en vaut pas la peine…

Le coin de sa lèvre tremble. Il veut rire. Ce genre de rire mêlé au larmes.

Ce rire de pitié.

Les portes automatiques râpent le sol trempé. Un bruit de raclette usée, qui essuie mal les pêchés.

Gabriel fourre de nouveau le nez dans l’écharpe. Elle n’a plus l’odeur de Hireki.

Est-ce que c'est le dernier souvenir qui nous quitte? Le parfum des gens?

Brusquement, il souffle bruyamment. Sautille sur place. Il se donne du courage comme un athlète avant le grand saut.

Ses chaussures font un bruit de succion ridicule quand il balance d’un pied sur l’autre. La poitrine haute, il enfouit les mains dans son gilet. Les pans de grosse laine font la godille, mais ce n’est pas ce qui occupe son esprit.

Quelque chose monte en lui. Là, au plus profond, gonfle son souffle, son cœur.

L’air s’épaissit. Une buée tiède s’échappe de l’écharpe, lui monte aux yeux, et les mots coulent lentement.

    « Lève-toi, car cette affaire te regarde. Nous serons avec toi. Prends courage et agis. »

Sous une brise glacée, la croix de jade à son oreille glisse de la laine. Le froid du bijou imprègne son cou.

Un sceau d’or blanc.

Un appel lointain. Une mission sacrée, qu’il n’arrive plus à ignorer. Et dans une impulsion qui n’est pas la sienne, ses jambes s’activent. Elles montent les quelques marches et les portes automatiques l’avalent, malgré lui.

    Le Tartare. Sans flammes, sans cris. Juste la moiteur et son âme damnée.

Gabriel émerge de l'écharpe comme un naufragé à bout de souffle. La chaleur est étouffante. Un mur moite en pleine face. Il suffoque et une sueur poisseuse lui monte aussitôt au front.

Il détaille le hall en dénouant maladroitement l'écharpe.

Deux pas le séparent de l'accueil.

Il époussette ses cheveux. La neige fondue reste accrochée à ses boucles comme des cristaux d’argent. Il les chasse avec une tendresse inattendue.

Seulement deux pas…

Il traîne. Encore.

Il s’essuie le front du revers du bras, s'apprête à quitter son gilet d’un geste mesuré qui ne lui ressemble pas.

Les portes s'ouvrent de nouveau. 

Une bourrasque se rue à l'intérieur et l’envolée de flocons le presse vers la droite.

Il chancelle. Trébuche. Sa main frappe du plat l'hygiaphone. Des brochures s'étalent au sol.
Gabriel les ramasse maladroitement, la gorge serrée. 

Il se relève d'un bond.

La jeune femme à l’accueil écarquille les yeux quand il apparaît, le visage défait. Il se débat avec la pile de papier.

    « Monsieur ? »

Il ne peut plus reculer. Son corps agit de lui-même.

    « Bonjour. Je…»

Qu’est-ce qu'il fout ?

    « La chambre de... Monsieur Bouvier Hire... » Il recule d’un pas, confus, se mord la joue. « Bouvier… Axel. » Le prénom sonne étrangement. Une ligne qu’il n’a jamais franchie. Hireki est Axel mais Axel, c’est ce qu’il fuit. C'est ce qu’on lui impose.

    Trahison.

    Judas.

La jeune femme tapote son clavier.

    -Saint-Aurore. Chambre 1221 -

Le SMS était assez court pour hanter l’écran de son téléphone sans qu’il n’ait à l’ouvrir.
Du Hireki tout craché.

Mais Gabriel n'est pas certain qu’il soit encore hospitalisé.

Une pensée intrusive lui brûle soudain la peau.

Sa nuque se tend. Son corps tremble. Il se mord la langue quand sa mâchoire claque.

Ses yeux se voilent.

Peut-être qu’il est...

Vingt-quatre heures suffisent pour que tout bascule...

La neige carmin et le corps convulsant se mêlent. L’angoisse le prend aux tripes. Ses genoux fléchissent, sa respiration s’accélère. Il a l’impression de fondre sous cette chaleur.

Il arrache son gilet. 

L’air ne vient pas et tirer son col ne suffit pas.

Est-ce qu’on le voit ?

Le temps ralentit.

Tout tourne. 

Ou c’est lui qui bascule?

Les bruits se distordent comme un vinyle gondolé. Le cliquetis des touches, le brouhaha, les pas sur le linoléum. Tout se brouille.

La lumière aveuglante.

Ses muscles raidissent. Une tension douloureuse. Il soulève discrètement son t-shirt, mais seul un courant chaud s'y glisse.

Il est en nage. Il vacille, mais personne ne l’arrête. Personne ne le voit.

Son chapelet glisse de son poignet sous une énième secousse nerveuse. Il s’accroche à la croix. Cligne des yeux.

L’odeur aseptisée le prend à la gorge. Il s’ancre de nouveau, déglutit.

La femme le regarde d'un air patient.

Elle ne demande rien.

    Elle ne le voit pas.

Personne ne bouge jamais. Personne ne lève jamais les yeux. Il pourrait tomber là, par terre, et le monde continuerait de tourner.

    « La chambre de Monsieur Bouvier Axel... S’il vous plaît! », halète-t-il pourtant certain de l’avoir déjà demandé.

Le sourire professionnel, la femme indique un couloir à sa droite.

    « Suivez ce couloir. Chambre 1221, deuxième étage. Service de cardiologie. Les visites terminent à 19h30. »

Gabriel ne s’entend pas la remercier.

L’adrénaline le quitte, la soif lui râpe la gorge.

18h30. C’est ce qu’indique l’énorme horloge du hall.

Il arrache nerveusement l'écharpe. Elle s'accroche à la croix de jade et lui brûle la nuque en glissant.
La laine est humide quand il la presse doucement.

C’est pour ça qu’il l’a appelé.
Son écharpe…
Il doit lui rendre l'écharpe.

D’une poussée, les portes battantes s’ouvrent sur un escalier au carrelage noir et blanc.

Gabriel lève les yeux.

Les marches s’étendent à l’infini, raide comme un piquet.

Il pouffe, désabusé.

C’est amusant…

    L’enfer est un sommet.

 

 =====



        
🌨️✨ HELLO LES BOUNDIES!!✨🌨️

    Oui oui OUI ! 🎉 On est ENFIN au Chapitre 5 😭💙

Je sais petits Boundies adorés, ça n'avance pas assez vite… Mais croyez-moi : moi non plus je trouve pas ça assez rapide 😅 ! Entre la réécriture, la restructuration et le fait que Gabriel veuille jamais coopérer (Bad Boy Vibes 👀), j’ai dû revoir pas mal de choses pour vous offrir la version la plus solide possible 💪📚

    💥 Petit scoop pour les vétérans :

Vous avez remarqué ? Ce nouveau titre "Le Loup Boiteux et la Proie de Givre" ? 🐺❄️

Eh oui!! Ce morceau faisait à l’origine partie du Chapitre 5 "Les Crocs du Loup", mais j’ai choisi de le scinder en deux chapitres distincts (vous comprendrez bientôt pourquoi 👀).
C'est ainsi que le chapitre 5 "Les Crocs du Loup" est devenu officiellement... le Chapitre 6 ! 📖🔪

    🧠💔 Et sinon… parlons de Gabriel 😳

L’avez-vous trouvé plus humain que jamais ? Ou au contraire… un peu trop hors du monde ?
  • Sa panique ? Son hésitation ? Son obsession pour une écharpe ? 🧣
  • Qu’est-ce qu’il fuit vraiment ? 
  • Qu’est-ce qui l’attend en haut de ces marches ?
  • Rédemption… ou damnation ?

Et pour mes followers insta qui se poseraient la question... Oui, Médéric fait un petit caméo. 🙈

Toi seul sait! 😈 


    💭 Vos théories, vos ressentis, vos soupirs frustrés… 💭

J’attends TOUT dans les commentaires !!


Votre King Mochi au taquet,
        Diogène 




---
Pour lire cette scene du POV de l'hôtesse d'Accueil
---

- N'hesitez pas à commenter et partager -

Retour à la *Table des Matieres*