Précédemment: Chap IV - La Promesse de l'Ange - 3/5
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Chap 4
LA PROMESSE DE L'ANGE
(4/5)
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« Les garçons ? C’est l’heure de dormir ! » Le visage de Maxence apparaît dans l’entrebâillement. Les sourcils hauts, le sourire doux, l’homme regarde les deux garçonnets qui lèvent à peine le nez de leurs jouets.
« Encore un peu, Papoune !! » supplie Hireki. Son bras est encore en l’air, prêt à abattre son super-héros sur l’énorme dinosaure qui se tient au milieu de Lego éparses.
Maxence s’introduit prudemment et ébouriffe ses cheveux en considérant les enfants.
« C’est déjà le deuxième “encore un peu”, alors on se couche ! »
« Mais ! » proteste Hireki alors que Gabriel est déjà sur ses pieds.
« Oui, Monsieur Bouvier ! » lance l’enfant comme un bon petit soldat.
« Mais ! » objecte encore le petit métis. Son meilleur ami vient de le trahir et la déception est manifeste. « On n’a pas fini !! » conteste-t-il, les sourcils froncés et la moue renfrognée.
Le regard de Gabriel danse un bref instant entre Maxence et Hireki. Son petit corps balance d’un pied sur l’autre quand l’Asiatique tire brusquement le haut de son pyjama. Si fort que Gabriel en perd l’équilibre et tombe sur les genoux.
« Axel !! » Réagit vivement Maxence. L’homme s’avance vers Gabriel, les bras déjà tendus pour le relever. « J’ai dit au lit !! MAINTENANT ! »
À peine a-t-il atteint le petit garçon que l’enfant se jette fébrilement derrière Hireki.
« Pardon, Monsieur Bouvier !! » Agrippé à son meilleur ami, ses doigts disparaissent presque dans la chair du métis.
« Aaah, mais tu me fais mal !! »
Gabriel ne réagit pas. Il tire le col de l’enfant avec précipitation.
« On va dormir maintenant. »
Il halète.
Les yeux voilés, il malmène Hireki pour le relever. La panique se lit dans chacun de ses gestes. Le temps, pour lui, semble s’étirer, alors que seules quelques secondes se sont égrenées. Il continue, égaré dans une peur injustifiée. Tout son corps tremble.
« Chan ! Lève-toi ! » souffle-t-il. Il lance des œillades inquiètes vers Maxence pendant que Hireki, lui, se débat. Le pyjama enserré autour du cou, ses jambes battent l’air.
« Tu m’étrangles !! Gabyyyy… » Ses doigts s’agitent entre le tissu et sa gorge.
« Allez ! Ça suffit ! » scande Maxence.
Le père fond sur son fils puis le soulève sans ménagement. Gabriel recule de deux pas. Il tend la main puis la rabaisse regardant Maxence s’éloigner.
« On va dormir, Monsieur Bouvier ! Juré… » Gabriel se dandine. Dans un dernier sursaut de courage, il tente d’arrêter l’homme mais renonce aussi vite. Maxence ne l’écoute pas tant Hireki gigote comme un beau diable sur son épaule.
« Mais j’allais sauver le monde !!! » proteste le petit métis.
Maxence le jette doucement sur le lit avant de regarder, dubitatif, le tas de cubes aux pieds de Gabriel.
« Il semble que tu arrives trop tard, Super Axel !! » Gabriel sursaute et bondit d’un pas quand il suit le regard de l’homme. Il a écrasé les dernières structures de bois.
Ses yeux s’écarquillent d’effroi.
« Mais… » Il lève des yeux embués « On a évacué les gens avec des alarmes !! » explique Gabriel, tentant comme il peut de justifier une faute qu’il n’a même pas commise.
« Oh !! Alors il n’y a plus de danger !!! » conclut le père en tapotant la tête de Hireki. « Si la population est en sécurité, les héros peuvent dormir sur leurs deux oreilles ! » Il donne un coup de menton vers le lit et Gabriel s’y précipite sans discuter.
Il se glisse entre Hireki et le mur alors que le petit métis tend les bras vers son père.
« Câlin du soir ! » quémande-t-il.
Maxence pouffe tendrement. L’étreinte est puissante et douce à la fois. Il frotte fermement le dos de son fils puis lui claque un baiser bruyant sur le sommet du crâne.
« Bonne nuit, Ma Cerise ! »
« Bonne nuit, Papoune !! »
Maxence se détache du garçon, qui reste pendu à son cou avant de retomber sans finesse. Puis, dans un réflexe, se penche vers Gabriel. Soudain, tout le corps de l’enfant se tend. La couverture remonte un peu plus et une petite tente se forme au niveau de ses jambes lorsqu’il les replie précipitamment.
La main en suspens, les doigts de Maxence tressaillent.
Gabriel le regarde, les sourcils inquiets.
« Bo… Bonne nuit, Fiston. » Maxence frôle à peine les boucles châtaines quand il flatte le front de l’enfant. Le trouble est palpable. Une tension visqueuse dans l’air qui rend Maxence nerveux.
« Bonne nuit, Monsieur Bouvier… » La voix, étouffée par les couvertures, est imperceptible.
Maxence observe encore un instant le petit garçon s’agiter. Ses yeux pétillent de malaise ou de soulagement quand il finit par se coller dos au mur. La couverture est maintenant si haute que ses cils battent le bord du tissu.
Maxence se redresse. Discrètement, il s’essuie les mains sur les cuisses puis remonte la couverture sur son fils. Hireki frétille de bien-être.
« Chan ? » murmure Gabriel une fois Maxence parti.
« Mh ? » Hireki se tourne vers lui. Gabriel le regarde, les yeux ronds, la couverture toujours sur le nez. « Tu… Tu aimes ton papa, toi ? »
Les yeux noirs s’agrandissent. Le petit Asiatique observe son ami, perplexe. « Ben oui ! » lâche-t-il tout naturellement.
Gabriel se mordille les lèvres. Il semble chercher ses mots.
« Mais… même si des fois il… fait des trucs ? » Il tire si fort sur sa lèvre inférieure qu’elle se fond à son teint.
« Des trucs comment ? » demande le métis, curieux.
Gabriel hausse les épaules.
« Des trucs… que t’aimes pas… »
Hireki s’assied d’un bond. Les bras croisés et le nez au plafond, il réfléchit un instant. « Mmh… Un jour, j’ai dit que c’était le chien du voisin qui avait volé son crayon préféré. » Il se retourne vers son invité. « Et il m’a puni ! »
Gabriel acquiesce, gêné. « Les punitions… »
Hireki se pelotonne sous les couvertures en riant.
« Ah ! Mais c’est pas grave, ça ! C’est pour ton bien ! Mon papa, il dit que si je fais une bêtise, je dois lui dire ! »
« Mais il te punit après !! » s’insurge Gabriel.
Hireki secoue la tête.
« Que si je mens ! » Il se retourne, le sourire espiègle. « Des fois je dis rien ! Mais j’invente pas non plus ! C’est pas mentir si je dis rien, si ? » Ses yeux brillent d’une lueur maligne.
Le silence s’installe. Hireki finit par s’étendre en baillant bruyamment.
Gabriel l’observe toujours.
« Chan ? »
« Quoi encore ?! »
« Mais si tu fais pas de bêtises ? »
Hireki s’agite et s’assied en repoussant les couvertures avec agacement.
« Pourquoi tu veux que mon papa me gronde si je fais pas de bêtise ?? » Son regard noir transperce Gabriel qui baisse la tête. Sa voix souffle dans la pénombre. Une confidence amère.
« Des fois, j’aime pas mon papa… À cause des punitions. »
Hireki fronce le nez puis cligne plusieurs fois des yeux. Enfin, il pouffe, presque hautain.
« Tous les garçons aiment leur papa ! T’as qu’à être sage ! » conclut-il brutalement en se fourrant sous les couvertures.
***
« Tous les garçons aiment leur papa… » répète Gabriel pensivement.
Accoudé au lit d’hôpital, le jeune homme fixe la fenêtre face à lui. Les volets sont à peine baissés. La nuit a effacé la ville et transformé la vitre en miroir.
Il sursaute quand il surprend son reflet. Un regard puissant, un port de tête élégant. Comme il y a quelques jours, il ne se reconnaît pas.
Il s’ébroue. Enfouit son visage dans les mains.
Dans une grande inspiration, la réalité reprend son cours. Un coup d’œil au miroir et il capte la mine défaite, les cheveux ébouriffés, l’allure négligée.
« J’ai essayé d’être sage et de l’aimer, tu sais… » Il hausse les épaules et coule dans le fond du fauteuil. « Je l’ai pas toujours détesté. Mais est-ce qu’on peut aimer un monstre ? Toi… Tu aimerais ton père si tu savais la vérité ? »
***
« Hein ? Hi-chan ? » Les chaussures à pompons balancent d’avant en arrière. Hireki suit leur mouvement à travers ses doigts. Son visage n’a pas quitté ses mains alors qu’il sondait encore et encore au plus profond de ses souvenirs.
Ses genoux brûlent. Le tapis de feuilles a laissé place à une moquette verte où sont éparpillés des jouets.
Bâtons de bois, cubes de plastique…
Des doigts délicats s’emparent d’une figurine de super-héros. Hireki suit machinalement le mouvement.
Le parfait Gabriel le toise. Il penche la tête sur le côté, le sourire doux. Puis, l’atmosphère change.
Brusquement.
Aussi vite que se durcit son visage. La lèvre supérieure tressaute et les doigts tirent sur l’objet.
Plop
La tête est arrachée dans un mouvement bref et maîtrisé. Pourtant, Gabriel sursaute. Surpris par son propre geste.
Il tourne et retourne le jouet cassé et, dans un sourire carnassier, clame :
« Super Fantoche ! »
Hireki ouvre la bouche puis la referme. Il déglutit. Il a les larmes aux yeux. Tout se bouscule. Son esprit déborde de questions qu’il a peur de poser, de vérités qu’il a peur d’entendre. Les mots l’étouffent, se pressent contre ses lèvres, si bien qu’il est incapable de prononcer quoique ce soit. Il tente encore une fois mais hoquète misérablement.
Gabriel soupire. Posant un regard faussement désolé sur lui.
« Est-ce que tous les garçons aiment leur papa ? » demande-t-il, plein de curiosité enfantine.
« S’il te plaît… » supplie Hireki.
« NON, ÉVIDEMMENT !!!! » Le métis n’a même pas le temps de réagir. Gabriel n’est plus qu’à quelques millimètres de son visage. Leur regard fondu l’un dans l’autre. L’Asiatique sent l’haleine glaciale de son tortionnaire sur ses lèvres, le bout de son nez glacé contre le sien.
« S’il te plaît… Arrête… »
« Non ! » La réponse claque alors que le jeune homme se redresse d’un bloc. « Moi aussi j’ai besoin de savoir… » chantonne-t-il en glissant dans son dos.
« Pose la question, » lui susurre-t-il à l’oreille.
Hireki secoue la tête imperceptiblement. Elle lui brûle pourtant les lèvres.
Il tremble. Il a la nausée.
Les images de son père dansent : les soirées télé père-fils, les câlins du soir, les matchs de Frost Chase, les cache-cache dans la maison familiale.
Il essaie de voir mais ne perçoit rien, absolument rien.
Il se couvre la bouche pour ne pas s’entendre gémir lamentablement.
Veut-il au moins voir ?
« Choisis. » Les pompons réapparaissent et redisparaissent quand Gabriel s’assied en tailleur. Le jeune homme lui sourit puis, la mine concernée, sans animosité aucune, enchaîne :
« La question, Hireki… Pose la… »
Quelque chose a changé.
Sa voix ... Elle sonne comme une supplique.
Un nouveau voile se lève enfin.
Le dernier.
Hireki est soudain déconcentré par le nœud de cravate. Il est légèrement de travers. Puis, lorsqu’il revient aux deux émeraudes, une mèche de cheveux s’est échouée sur le front de Gabriel. Elle boucle parfaitement mais détonne. Le métis lève la main, par réflexe, prêt à la replacer. Mais il se retient. A quelques centimètres du visage.
Gabriel le fixe toujours, mais son regard est… épuisé.
Là, une chaleur apaisante s’élève du fond de son être.
Il voit,
Il entend tous les cris du silence et… Hireki choisit !
Dans un élan qu’il ne saisit pas lui-même, le jeune homme pose les mains sur celles de Gabriel et, d’une seule traite, les mots franchissent ses lèvres :
« Est-ce que mon père t’a violé ? » Il ne baisse pas une seule fois le regard.
Il n’y a aucune hésitation dans sa voix ni même ses traits. Les larmes coulent sur ses joues, mais ce n’est pas lui qui pleure.
Tout vole en éclats : les souvenirs heureux, les rires, les joies. Il est prêt à tout encaisser… pour ne choisir que Gabriel.
Sans aucun regret.
Les doigts glissent sous les siens et Hireki se retrouve enveloppé d’un amour inconditionnel.
Un amour d’une pureté absolue. Celui qu’il fantasme depuis l’éternité. Il est là, accroché à son cou.
Hireki s’agrippe à la silhouette gracile, au parfum de thé à l’orange, de cigarettes. Tout son être tremble. Pourtant, cette essence profonde qui si souvent gronde en lui, à cet instant, ne s’embrase pas. Il est serein.
Entier.
Enfin, Gabriel se détache.
Ses cheveux sont désordonnés, ses vêtements froissés, abîmés. C’est Gabriel, SON Gabriel, et il transpire la reconnaissance.
« Merci… » chuchote-t-il en tendant la main. Dans un toucher délicat, le garçon perdu redessine les contours de Hireki. Suit les marques de ses larmes, l’angle de sa mâchoire, frôle ses lèvres.
« L’amour parfait bannit la crainte, car la crainte suppose un châtiment ; celui qui craint n’est pas parfait dans l’amour. »
Soudain, une lumière aveuglante envahit tout. Une douleur indicible transperce la poitrine de Hireki. Son corps se paralyse, le souffle lui manque.
Devant lui, la silhouette de Gabriel se fragmente. Le visage parfait se superpose au regard éteint. Les cheveux ondoient comme des brumes légères, puis en boucles folles. Deux visages se superposent, vacillent, se brouillent, mais toujours un seul regard :
Deux émeraudes suprêmes.
« Qui… es-tu ? » parvient à prononcer Hireki.
La silhouette recule. Le doute traverse son visage.
« Qui vois-tu ? »
Hireki tend la main, s’agrippe aux vêtements. Les tissus élimés se confondent à des étoffes précieuses.
« Tu n’es pas… Lui… »
« Qui ? Qui vois-tu ? » demande la silhouette. Son image tremble comme un écran mal réglé. « Qui vois-tu ? » répète-t-elle plus fermement. « QUI ?! »
« Ga… » Hireki, aux abois, tire sur les vêtements pour se rehausser, mais ne fait qu’attirer le visage plus près du sien.
« Tu me manques… » bredouille-t-il devant les yeux exorbités. « … Tellement… »
La silhouette floue halète une dernière fois.
« Qui vois-tu ? »
« Ga… » Hireki lutte puis lâche les soieries. Il s’agrippe la tête, se débat dans la lumière puis son âme éclate « GABRIEL !! »
Bip bip bip
Le moniteur hurle dans la chambre.
« Tu me vois ? Chan ? Tu me vois ? » Gabriel matraque le bouton d’appel alors que les constantes s’emballent sur les écrans. « Chan ? Tu m’entends ? »
Hireki a les yeux grands ouverts mais ne fixe que le vide. Son corps forme un arc puissant et rigide.
« Chan ?! » le secoue Gabriel quand la porte s’ouvre dans un fracas.
« Qu’est-ce que t’as foutu ?! » ‘Machin’ s’avance, le visage déformé par la haine..
« Mon copain, il… »
Gabriel est tiré par le col. La douleur parcourt tout son corps quand il est projeté contre le mur.
« Casse-toi !! »
« Est-ce qu’il… » Tente gabriel , mais l’infirmier le pousse violemment dans le couloir.
« Fous le camp ! Si j’perds mon boulot, t’es mort ! T’entends ? »
Gabriel est tombé lourdement sur les fesses. Il ne capte plus que les jambes de l'infirmier qui s’agitent nerveusement devant lui. Il sent le coup de pied contre sa cuisse. Il lève les yeux groggy.
« Dégage, putain ! » Le poing se lève et Gabriel se protège dans un reflexe qu’il a appris bien trop tôt avant de rouler pour se relever maladroitement.
Des pas résonnent déjà à l’opposé du couloir…
Il jette un dernier regard à la chambre mais ne voit que la sucette au sol.
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🎭 SALUUUUUUT LES BOUNDIES !!! 🎭OUI OUI, vous ne rêvez pas, c’est bien l’ÉPISODE 4 CHAPITRE 4 que vous venez de lire là, sous vos yeux ébahis, encore rouges de larmes et d’émotion 😭🔥🥁📣 King Mochi vous a balancé DEUX ÉPISODES D’AFFILÉ ??Ce n'était pas arrivé depuis... Trop longtemps!! 😌🖋️✨Et pour ça... toutes mes excuses, chers Boundies 🖤🍬Entre les refontes, les doutes, les “Est-ce que ça passe ?”, les “Et si je détruisais ce chapitre à 4h du matin pour tout réécrire ?”, disons que j’ai donné de ma sueur, de mon thé et de ma santé mentale 🫠☕💥Mais il est là.Alors maintenant… 💌🧐 Maxence... a-t-il franchi la ligne ?🫣 Hireki a-t-il fermé les yeux… ou choisi de ne pas les ouvrir ?🫀 Et Gabriel… le vrai cette fois… va-t-il réussir à atteindre Hireki ?🧠 Vos cris d’amour,💔 Vos pleurs de désespoir,💬 Vos théories,👇👇👇Tout ça ?→ DANS LES COMMENTAIRES TOUT DE SUITE, BANDE DE BOUNDIES ENRAGÉS !! 💥🖤🧃💌 À lundi prochain pour… Une surprise ! 🎁👀Votre King Mochi reboosté,Diogène
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