Précédemment: Chap V - Le Loup Boiteux et la Proie de Givre - 1/5
(👀~20 min de lecture)
Chap 5
LE LOUP BOITEUX & LA PROIE DE GIVRE
(2/5)
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Le choc est tel qu’il lui manque un souffle.
C’est un ange qui passe la porte… mais un ange déchu.
À sa vue, Hireki ne sait pas à quelle vérité se fier : les yeux ou le cœur. Lucide ou perverti. Son esprit vacille encore, accroché aux miettes de cet amour illusoire. Pourtant, c’est dans une appréhension sereine qu’il laisse la vérité empoisonner le mensonge.
Gabriel est là, dans l’encadrement de la porte. L’allure piteuse. Il semble être tombé là par accident, un sac trop lourd dont plus personne ne veut. Ses boucles folles, toujours aussi parfaites sous l’humidité, paraissent sculptées dans l’or et le bronze.
Il avance, l’air absent. L’eau perle sur ses mèches et glisse le long de sa tempe. Elles tombent sur un visage marqué… et des yeux vert émeraude, relique d’un autre temps.
Un pantin.
Une poupée de chiffon animée d’un souffle qu’on lui a imposé, sans mode d’emploi.
Pourtant, Hireki sourit.
Trop.
Il le sait à ses pommettes douloureuses et ses lèvres qui tiraillent. Son corps ne lui appartient plus. L’espace d’un instant : le cœur parle pour lui.
Gabriel jette un œil par-dessus son épaule, comme si pareil accueil ne pouvait lui être destiné.
« Gaby… » murmure-t-il, l’extase au bout des lèvres.
Leur regard s’accroche avant que Gabriel ne détourne le sien. Il balaie du pied un sable invisible. Un geste ténu et bref que Hireki se surprend à voir immédiatement.
Et, plus encore, il y a ces rouages qui tournent à vive allure. Ils apparaissent si nettement à ses yeux.
C’est effrayant.
Chaque rotation, chaque emboîtement marque les hésitations de Gabriel. Le jeune homme pèse si profondément le pour et le contre que son corps même suit le mouvement : droite, gauche, partir ou rester.
Alors, c’est le propre sang de Hireki qui se teinte de doute.
Est-ce qu’il va repartir aussi vite qu’il est venu ?
Est-ce qu’il va disparaître comme tous les autres ?
Insidieuse, l’angoisse se loge au fond de sa gorge. Hireki veut tendre la main, mais ce sont les larmes qui gagnent la course. Elles se pressent derrière ses paupières.
Il les ravale et force le sourire.
Aucun mot ne sort.
Parce qu’il ne sait pas lequel prononcer.
Tout se bouscule, s’amasse, l’étouffe. Sa main tremble de plus en plus et, levant les yeux, il les voit.
Celles de Gabriel.
Cramponnées à un amas de laine informe, si fort que ses doigts disparaissent dans les mailles épaisses alors que tout le reste de son corps transpire la désinvolture.
Gabriel penche la tête, le menton haut. Sa tête tangue, prête à se décrocher. Trop lourde de secrets pour un corps si fragile. Il mord le bijou sur le coin de sa lèvre inférieure.
Combien de fois l’a-t-il vu faire sans comprendre ?
Il est tiraillé. C’est évident. L’Asiatique se maudit un peu plus d’avoir autant fermé les yeux. Le grincement de ses dents résonne à ses oreilles. Le sang pulse à ses tempes.
Hireki inspire profondément. Sa poitrine est douloureuse, son cœur prisonnier d’un piège à loup.
Le lit grince quand son corps penche en avant. Il s’apprête à parler, mais rien : à part ce trou, là, dans le thorax.
Le scope émet un léger signal. Bref. Une fraction de seconde, suffisante pour que leurs regards se croisent.
Contre toute attente, l’angoisse ne se lit pas chez Gabriel. Pas même une simple question.
« Salut, Tête de Châtaigne » lâche-t-il soudain.
Il est d’une nonchalance absurde tant elle contraste avec le reste. Mais tout ça importe peu, car son cœur se fige dès la première syllabe.
La voix de Gabriel… rauque, griffée du froid, de nicotine et de prières trop récitées.
Elle ne fait pas que déchirer le silence.
Elle le brise en mille morceaux.
Ses éclats l’emportent dans une avalanche de sensations oubliées. Subjugué, Hireki se laisse couler, tout entier, dans une béatitude indécente. Maladroit, il se redresse, tentant d’ajuster la couverture sur son ventre et cacher une autre évidence.
Il le désire toujours autant.
L’âme en feu, le scope émet des tintements stridents.
Ce fichu scope, comme à chaque mensonge de son père, trahit aujourd’hui sa propre vérité.
C’est aujourd’hui qu’il reprend vie.
Pas quand il a ouvert les yeux.
Pas quand son père a franchi cette même porte cinq jours auparavant.
Pas sous les gestes contenus de ses grands-parents.
Mais, aujourd’hui, à la vue de Gabriel.
Dans ces sentiments qu’il ne comprend plus vraiment, et un désir encore trop présent.
Il est et restera son Ange. Celui qui drague avec lui le souffle d’âme, l’essence même de sa vie.
Les battements aigus de la machine ralentissent, plongeant de nouveau la pièce dans un chant régulier de pas étouffés et de bruits métalliques.
Gabriel est resté figé entre deux mots. Les yeux sur les constantes. Il déglutit quand le silence fait un retour fracassant.
« Gaby ? » hésite Hireki.
Quand, dans un sursaut, son meilleur ami s’anime de nouveau, c’est pour mieux s’éteindre. D’un claquement de doigts. Indéchiffrable, comme toujours.
Un automate qui crie en silence.
Des pas précipités résonnent dans le couloir. Un brouhaha fait de jargon médical et d’urgence professionnelle.
Tous deux fixent la porte avec toute l’angoisse d’un parent. Puis, le calme revenu, leurs regards se heurtent. Ils se sourient discrètement, comme si la vie suspendue des autres venait de leur rappeler la fugacité de la leur.
Hireki pouffe doucement alors que, dans un souffle de capitulation, Gabriel bombe légèrement le torse. Il est si pâle que ses taches de rousseur forment un masque.
« Alors… » tâtonne l’Ange en s’humidifiant les lèvres, incertain… « la résurrection ? »
Il a l’allure assurée, mais tout sonne faux. Encore une fois, Hireki le voit… Cette faculté à singer la confiance alors que tout son corps hurle vouloir disparaître.
Combien d’années a-t-il choisi de se faire berner par quelqu’un qui n’arrive même pas à se mentir à lui-même ?
Pourtant, le métis sourit encore et toujours sous l’aura froide. Il préfère cette distance pudique et sincère à la tendresse trop ostensible de Maxence.
Le souvenir de son père, dessiné dans l’encadrement de la porte après son réveil. Le regard doux, rassuré, mais sans les mots escomptés. Jamais il n’aura demandé, pas une seule fois, comment il allait. Bien trop occupé à souligner ses efforts.
Son âme s’étiole. Hireki grimace d’amertume. La projection du Gabriel parfait s’en fait l’écho, et avec lui ses premières paroles :
Que tes yeux regardent bien en face et que tes paupières se dirigent droit devant toi.
Hireki veut fuir ce qu’il a pourtant accepté d’affronter. Il frotte distraitement les draps amidonnés. Se perd dans les replis.
Il va perdre Gabriel, et il doit s’en faire une raison.
Il n’est pas digne de lui.
Mais pas tout de suite.
Encore un peu… avec lui… avant de le perdre… comme tous les autres… définitivement.
« Pas mon truc, tu vois ? » répond-il minablement, les larmes tapies sous le sourire.
Une tension sourde court le long de sa nuque. Il sursaute brusquement pour échapper à l’étau invisible.
« Apparemment… » ajoute-t-il tout de go, « y’a qu’un seul Frosty Jesus. »
Le silence retombe. Même l’air semble figé une seconde de trop.
Cette pique… il l’avait lancée un jour, lors d’une dispute. Et, contre toute attente, elle avait déclenché un fou rire incontrôlable chez Gabriel.
C’est finalement ce qu’il réussit toujours le mieux : fermer les yeux, sourire et détendre l’atmosphère. Le soleil naïf, l’éternel adolescent aux blagues idiotes, l’immaturité érigée en bouclier.
Il se déteste, et comme un rappel à sa lâcheté, Gabriel ne réagit pas.
Pas même un froissement de tissu, un tressautement, un soupçon de recul.
Hireki se redresse, implorant.
Il essaie de sourire encore et toujours pour encourager Gabriel à faire de même, mais ses commissures s’étirent dans le mauvais sens. Ses paupières sont en feu.
Il ne veut pas le perdre.
Un vrombissement naît au fond de sa poitrine. Léger, mais bien présent, porté par la peur de le voir encore disparaître. La bile monte, il déglutit.
Il est pitoyable.
Un lâche.
Un héros fantoche devant une victime qui ne veut pas en être une.
« Je t’attendais » dit-il lamentablement.
« Ah ouais ? »
Les mots claquent. Un reproche froid qui le cueille en plein cœur.
Le métis accuse le coup. Il le mérite, après tout. Gabriel renifle en jetant un œil à la fenêtre où les flocons se bousculent comme des spectateurs avides du drame à venir.
« T’as vraiment du temps à perdre… » continue-t-il dans un murmure crispé. « En même temps… tu dois t’faire chier ici… »
Il s’arrête sur une pile de comics américains, maladroitement empilés sur le chevet, à côté d’une boîte de chocolats et de fleurs fanées.
Hireki sent instantanément la tension qui le traverse, parce qu’elle le submerge aussi. Gabriel tangue imperceptiblement. Il appuie prudemment sur le coin de sa lèvre et semble se perdre dans un souvenir nébuleux. Il grimace avant de revenir à lui dans un geste nerveux.
Sa pomme d’Adam se soulève péniblement.
Est-ce qu’ils se sont vus ?
Ou est-ce qu’il a toujours craint Maxence de cette manière ?
« T’inquiète » le rassure aussitôt l’Asiatique, « il passe seulement le matin. TOUS les matins… »
À ces mots, une expression rare marque les traits de Gabriel. Sa tête pivote légèrement vers la porte. Il ressemble à un enfant qui a besoin d’être rassuré. Il se racle la gorge et porte machinalement les doigts à ses lèvres. Il roule des yeux bêtement à l’absence de cigarette, mais souffle quand même la bouffée invisible.
« C’est bien qu’il soit là » dit-il sans grande conviction.
Hireki laisse échapper un petit rire. Gabriel aurait tout bonnement pu dire qu’il s’en tamponnait royalement que la différence aurait été infime.
« Jouer les pères modèles, ça lui va pas du tout ! » ajoute le métis avec mépris.
Mais Gabriel recule d’un pas surpris. Les sourcils froncés, il le dévisage intensément et Hireki s’arrête instantanément.
À ce jeu, son ton sonne faux… parasité par l’infime espoir que Maxence n’ait rien fait.
Il ne parvient pas à le détester réellement… sans preuve…
Le métis joue avec le bord de son drap. Ses bandages ont disparu, mais sa peau garde les traces des brûlures de gel. Un court instant, il se demande s’il pourra retracer de somptueux kanji ou glisser des chibi ronchons dans les paquets de cigarettes de Gabriel.
« Gabriel, je… »
« J’suis juste venu te rendre ça. »
Ils ne se sont pas lancés en même temps. Gabriel l’a fauché en plein vol. Volontairement.
Son visiteur pointe du nez la boule de laine bordeaux qu’il tenait si fermement jusque-là.
Il s’avance doucement, toujours si faussement indifférent, alors même qu’il la replie avec application.
« … et peut-être… pour savoir comment t’allais » avoue-t-il en se raclant la gorge.
Il dépose délicatement l’écharpe sur le lit. Ses doigts s’attardent sur les mailles épaisses avant de s’en détacher à regret.
« Par contre… j’ai fumé toutes tes clopes… »
Il ne sait pas quoi faire de ses mains. Du coin de l’œil, Hireki le voit les glisser dans ses poches, les ressortir aussitôt, jouer avec un fil de son gilet, croiser les bras, puis finalement les laisser ballantes le long du corps.
Mais autre chose de plus important monopolise son attention :
Le cache-nez.
Ce n’est pas seulement son écharpe que Gabriel vient de lui rendre… mais celle qu’il portait ce jour-là.
Son expression se durcit sous le flot de souvenirs confus, arrachant une réaction viscérale chez son visiteur.
« Je l’ai lavée, si c’est ça qui te dérange ! »
Le ton agressif le ramène aussitôt à la réalité. Une étincelle de rage traverse les traits de Gabriel. Sa mâchoire tremble, ses narines se dilatent au rythme anarchique de sa respiration. Il ne le regarde même pas.
Il bouillonne.
Est-ce qu’il a toujours bouillonné ainsi ?
« Pourquoi tu dis ça ? » s’inquiète Hireki.
« C’est toi qui tires une gueule de trois mètres de long ! » feule Gabriel, les poils des avant-bras hérissés quand il chasse l’air devant lui.
« Non, c’est… »
Hireki revient à l’écharpe. Il la voit nettement, enroulée autour de son cou ce jour-là.
« C’est celle que je portais… »
Un bruit retentit.
Gabriel a reculé si vivement qu’il a heurté le fauteuil médicalisé derrière lui. Ses joues rosissent et ses prunelles se voilent.
Les rouages réapparaissent… Et ils tournent à un rythme effréné.
« T’as dû confondre ! » lance Gabriel en amorçant un pas de côté.
Il va disparaître.
Hireki l’attrape violemment par le poignet. Le tire vers lui. Il n’y a plus aucune douleur, juste la volonté de le retenir et le garder là, toujours, près de lui.
Une ardeur possessive monte de ses entrailles. Le vrombissement jusque-là ténu monte des tréfonds de son âme, fait gronder tout son être.
« C’est toi qui m’as trouvé ! » dit-il avec véhémence.
Gabriel a les yeux écarquillés, figés sur la main abîmée qui le malmène.
« Tu m’as trouvé et tu as appelé les secours ! » Le secoue Hireki.
Ses mots sonnent comme un ordre. Sa voix caverneuse absorbe tout autour d’eux, jusqu’à la lumière même. Gabriel tente de se défaire. Ses doigts fins griffent la peau hâlée, mais Hireki ne sent rien.
Il veut.
Il veut viscéralement…
« Tu m’fais mal. »
Ce n’est pas un cri, pas un avertissement, ni même une supplique.
Un simple murmure.
Un chuchotement d’une fermeté trop douce pour être réelle.
Mais de ce simple souffle vient la réminiscence.
La moufle violette dévorée par le gant jaune.
Tout autour d’eux éclate. Hireki le lâche brusquement, les yeux rivés sur sa main tremblante. Puis, le vertige…
« Ga… »
L’air est étouffant, épaissi par la honte, la peur, la culpabilité. Un amas gluant qui rend l’atmosphère presque opaque.
Hireki veut respirer, mais sa gorge se serre. Il halète, tousse violemment, la main cramponnée à son pyjama.
La douleur est insupportable. Elle le pénètre de toutes parts : sa poitrine, son cœur, transpercés par une lance lourde de péchés.
Il n’y a plus rien d’autre qu’une lumière aveuglante autour de lui. Elle scintille comme autant de diamants.
« Chan ? »
La voix se détache à peine tant la douleur occupe tout l’espace. Il a froid, si froid. Le givre le parcourt tout entier, le paralyse.
Il ne veut pas mourir.
« Chan ?! Tu m’entends ?! »
Il ne veut pas…
« HIREKI !! »
Le choc.
Le parfum…
Le parfum d’infini blanc…
La caresse éthérée.
Comme ce jour-là…
Apaisante sur son front, ses joues.
Sur la colline.
Le ciel d’émeraude.
« Regarde-moi ! »
Gabriel est là, penché sur lui. Ses doigts frais enserrant ses joues brûlantes.
Hireki ne peut pas bouger, mais il n’en a pas envie. Il s’agrippe aux poignets avec désespoir.
« Tu me vois ? » demande Gabriel calmement.
La vie revient. Ses poumons se gorgent d’un souffle nouveau.
« Gabriel… »
Hireki tangue quand son ancre lui est arrachée brutalement.
« Hey, Ax’ ? Ça va ? »
Son infirmier.
La panique l’envahit. Tout se brouille encore une fois. Gabriel n’est plus là. Ses mains sont vides.
« Souffle fort ! » lui demande l’infirmier.
Gabriel…
L’Asiatique cherche du regard en vain, alors que l’infirmier l’encourage encore :
« Souffle, comme dans un ballon ! Fort ! »
Il essaie de se surélever mais un bras le retient.
Il ne le voit plus.
Gabriel…
« Souffle, Joli Cœur ! Allez ! »
Hireki se débat.
Il ne peut pas.
Est-ce que cet imbécile comprend ?
Il ne peut pas… Sans Gabriel.
Hireki tente de repousser l’homme. Mais une simple pression sur son tibia l’apaise immédiatement.
« Souffle, Hireki. »
De cette simple inflexion, dans ce conseil bienveillant et pur… il souffle. Il souffle fort.
Son buste se soulève à chaque poussée et il le voit.
Gabriel.
La main délicatement appuyée sur sa jambe.
Il ne le regarde même pas.
Le jeune homme recule lentement en repoussant ses boucles humides.
Un ange…
Son Ange…
Le brouillard se lève, la douleur s’amenuise. Les bips réguliers du scope envahissent peu à peu la pièce. Puis, le frottement léger d’un pied sur le sol carrelé.
« Gabriel ! » appelle Hireki dans un sursaut douloureux.
Il ne parvient pas à se redresser convenablement ; lance un regard implorant à l’infirmier qui le redresse avec maîtrise.
« Reste… »
C’est tout ce qu’il peut dire. Le corps encore trop fébrile pour qu’il puisse le retenir autrement.
« Les visites se terminent » brise l’infirmier, le nez sur une tablette numérique.
Il lève le nez sur Gabriel.
Brusquement, l’étonnement envahit ses traits. Sa bouche s’ouvre quelques longues secondes. Puis, le sourcil haut, il sourit en coin.
« Mais on peut s’arranger ! »
Un malaise poisseux s’installe. Hireki frissonne. Il se sent soudainement sale. Son regard balance entre son infirmier et Gabriel…
Son infirmier…
et le regard haineux de Gabriel.
Dans une impulsion qui n’est pas la sienne, Hireki empoigne violemment la blouse du soignant. L’infirmier perd l’équilibre, se rattrape au bord du lit.
« Laisse-le ! » crache-t-il.
Le professionnel repousse la main, effaré.
« Hey !! Ça va, Joli Cœur. Tout doux ! »
Il réajuste gauchement son badge, mais sa main tremble.
« Qu’est-ce qui te prend ? » siffle-t-il entre les dents.
Puis, brusquement, dans un geste leste, il empoigne sans finesse l’épaule de Gabriel avant de la flatter comme celle d'un vieil ami :
« On n’a pas idée de se mettre dans des états pareils pour une simple visite, hein ? »
Il quitte la chambre, en ricanant.
« Trente minutes, pas plus ! J’envoie le médecin ! » lance-t-il par-dessus son épaule avant de disparaître.
Gabriel fixe la porte, marmoréen. Hireki peut presque l’entendre respirer à l’envers.
« Vous vous connaissez ? » demande-t-il avec précaution.
Gabriel sursaute et se retourne, le regard complètement perdu. Sa bouche se fend d’un léger mouvement. Il se ravise, se dandine nerveusement.
« Non. Enfin… J’sais pas »
Il hausse une épaule dans un tic nerveux avant de se frotter le nez, violemment. Trop.
« P’têt… »
La réponse est un coup de tonnerre.
Hireki le voit enfin.
Vraiment.
Pleinement.
Sans fard, avec tout l’amour sincère qu’il lui doit. Ce Gabriel qu’on a sali, jusqu’à ce que lui-même ne sache plus à qui appartient son corps. Ce Gabriel qu’il a lui-même utilisé.
Il ne nie même pas. Pas vraiment. Parce qu’il ne peut pas mentir. Parce qu’il ne sait pas.
Il ne sait plus qui ou même combien ont profité de sa docilité.
Et c’est pire que tout.
Quelque chose lâche. D’un coup.
Les digues cèdent sans prévenir.
Hireki s’effondre. Sans transition. Sans pudeur. Il pleure. Fort.
Des sanglots larges, douloureux, entiers.
Un seul cri se forme, étouffé dans sa gorge, déchiré par l’épuisement et la vérité nue :
« Je suis désolé… tellement désolé, Gabriel… »
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🌟 Heyyy les Boundies 💖💥
Alors alors… cet épisode 😳💔 ? Un peu intense hein ?! Et long aussi... Mais hey! Ca valait le coup non? De telles retrouvailles ne pouvaient décemment pas tenir dans un épisode de 10minutes.
Vous l’avez senti le petit vroum-vroum de la tension entre nos deux Dramaphiles 🔥👀 ?
Et ce moment où Hireki pète (un peu beaucoup) un câble 😬✋…
- Vous avez eu peur pour Gabriel 😱 ou
- Vous vous êtes dit "WTDuck… Hireki serait un Red Flag" ? IMPOSSIBLE!! 😭😭
Balancez-moi vos feels 💌, vos théories 🕵️♀️, vos ships 🚢 (oui en même temps... Il n'en existe qu'un! 😅), et même vos insultes préférées nulles mais mignonnes 😏✨.
J’vous lis TOUS dans les coms, alors faites péter le clavier 🔥💬 !
💬 Allez, racontez-moi :
1️⃣ Votre moment préféré de l’épisode 💖
2️⃣ Celui qui vous a brisé le cœur 💔
3️⃣ Et… est-ce que vous aviez envie de mettre un coup de pied aux fesses de Gabriel 😵💫 ? (moi oui)
Votre King Mochi fatigué,
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