lundi 20 janvier 2025

Chap III: Les Cris du Silence (4/5)


Précédemment: Chap III - Les Cris du Silence - 3/5

(👀 ~20min de lecture)



⚠️ Trigger Warning ⚠️

Cet épisode aborde des thèmes de manipulation psychologique, dissociation, prises de conscience brutales et allusions à des abus passés. Les révélations et confrontations peuvent être éprouvantes émotionnellement. Il n’y a pas de descriptions explicites, mais certaines scènes peuvent être difficiles à lire.

🌿 N’hésitez pas à faire une pause si besoin.

💙 Prenez soin de vous 💙


Chap 3

LES CRIS DU SILENCE

(4/5)
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    « Gaby !! » retentit en lui sa voix d'enfant.

Hireki se redresse à peine qu’une sensation indescriptible étire son âme. Un chaos bouleversant le submerge : tout, en lui, se distord. Un tumulte saisissant de fragments; peur, joie enfantine, désarroi adulte qui s’affrontent en vagues brutales. Passé et présent se heurtent en un maelstrom d'émotions à la fois indomptées et maîtrisées. Une fraction de seconde qui étire le temps. Puis, son petit lui s’extirpe de sa silhouette ramassée.

Le garçonnet court, enthousiaste, vers son meilleur ami, occupé à disperser un petit tas de feuilles avec un bâton. Gabriel l’accueille d’un sourire sincère. Ses boucles châtaines rebondissent au rythme de ses sautillements joyeux. Leur mouvement délicat enchante Hireki, adulte. Toujours les bras précautionneusement enroulés autour de lui, l’homme observe. Les yeux verts étincelants de l’enfant, ses taches de rousseur rivalisant avec les couleurs automnales. Mais plus encore, son sourire. Éblouissant, il irradie d'une chaleur qui berce son âme de douceurs oubliées et chasse les dernières bribes du souvenir précédent.

Pourtant, le cauchemar se rappelle vite à lui. À cette vision d’innocence se superpose l’image du Gabriel Parfait : ce reproche incarné, sa culpabilité personnifiée. Hireki réalise alors qu’il a de nouveau disparu, mais pas l’écho de sa voix. Elle hante encore la cour d’école qui s'étend désormais devant lui, de cette règle irrévocable.

« Deux… »

Parfait, ici, le timbre rauque de fumeur n’existe pas. La voix est claire et tout aussi intransigeante. Hireki secoue la tête refusant d'entendre la suite. Il balaie les lieux du regard, inquiet, guettant la moindre sentence prête à s’abattre au premier faux pas.

Il revient aux enfants. Sa petite version est accroupie devant l'enfant Gabriel.

    « Je vais le dire à Mme Rousselet, » annonce le petit métis avec assurance, la moue concernée par le genou écorché de son ami.

    « Non ! »

La voix fluette stoppe brièvement les battements de son cœur. Le jeune homme sursaute. Le petit Gabriel a brusquement attrapé le blouson vert de son ami. Ses doigts tremblants le relâchent aussitôt, visiblement troublé par sa propre réaction.

    « Pas elle, elle est… » bredouille-t-il. Gabriel baisse les yeux, cherchant ses mots. « Elle veut toujours… » Il frotte nerveusement son pied au sol, triturant ses doigts dans des angles impossibles.

L'angoisse devient si palpable que les propres phalanges de Hireki en deviennent douloureuses. Il capte les petites lèvres susurrer quelque chose qu’il ne parvient pas à lire. Pourtant, le malaise grandit en lui. Cette sensation désagréable d’avoir manqué quelque chose alors que sa petite version, elle, est déjà en route vers l’institutrice.

    « N’importe quoi ! Elle est toujours gentille avec toi ! » lance-t-il avec insouciance.

Le jeune homme tend désespérément le bras, suppliant presque que le passé lui offre une chance, une seconde, pour lire sur ces lèvres tremblantes ce qu’il aurait dû entendre autrefois… Mais un battement de cils suffit à accélérer le temps. La femme emporte déjà la petite silhouette réticente.

    « Deux : Être docile rend mes amis heureux. »

Le tintement léger d’une menace qui se cristallise enfin. Elle fuse telle une lance gelée. Fend l'air, impitoyable. Hireki est frappé en plein cœur. Il recule, le souffle court. Son cœur ne bat plus, il en est certain. L’air lui manque, mais rien n'égale la panique qui l’envahit lorsqu’il perçoit, du coin de l’œil, le Parfait Gabriel, de nouveau à ses côtés.

La projection fredonne doucement. L’air est familier, mais il ne parvient pas à l’identifier immédiatement, jusqu’à ce que les images d’une ronde surgissent. Des enfants courent, crient : « Givre ! », « Feu ! » Les rires, le loup, les statues de glace

Les paroles lui reviennent tandis qu’elles franchissent au même moment les lèvres de Gabriel.

    « Le loup blessé pleure et tremble,
Cœur gelé, les âmes s’assemblent… »

    « Le loup de givre. »

Ce jeu auquel il jouait tant, enfant. Ici, la comptine devient malsaine. Elle résonne d’un écho cauchemardesque. Fébrile, Hireki s’ancre à des détails futiles pour ne plus l’entendre.

    « Danse, danse, fais un vœu… »

Tout autour de lui s’est figé sur une vérité trop longtemps ignorée, mais il s'accroche aux feuilles mortes qui s’étendent à perte de vue. Leur texture, leur mouvement détournent au possible son esprit de ce qui pèse de plus en plus : son déni.

La voix de Gabriel continue de rouler, à la fois distraite et menaçante.

    « Qui sera figé sous les cieux ? »

Hireki serre les poings, l'esprit obstinément accaparé par les feuilles mortes pour ne pas voir… C’est maintenant: Le loup doit désigner sa proie, et il n’y en a qu’une ici.

    « GIVRE !! » s’élève avec vigueur la voix de Gabriel.

Les doigts glacés le frôlent à peine que le froid le gagne aussitôt. D’abord insidieux, il rampe inexorablement. Hireki sent sa main gauche s’engourdir. Le givre avance un peu plus, chaque battement de son cœur le trahisse en le poussant toujours plus loin… Les premières phalanges, la paume, le bras tout entier…

Le jeu innocent devient réalité. Une prison de glace se forme, sans pitié. Hireki hoquète misérablement, s’entêtant à fixer les feuilles.

    « Danse encore, brise la chaîne,
Le loup danse avec sa peine… »

Elles crissent de plus en plus, un bruissement qui se mue en un murmure angoissant mêlé au chant. Le givre court plus haut encore, dangereusement proche du point de non-retour.

    « Un petit effort, Hi-chan… » La voix doucereuse, comme un poignard acéré. « Tu n’y échapperas plus, quoi que tu fasses… »

Un hurlement effroyable vrille les tympans du métis, qui chancelle. Les feuilles se mettent soudainement à pleurer, à gémir. Elles se tordent de douleur sous les pieds traînants de Gabriel enfant. Un cri d'agonie que Hireki tente de fuir obstinément, mais les vagues de douleur l’encerclent.

    « Les cris du silence… » murmure Gabriel.

Les lamentations s’intensifient, s’infiltrent dans son crâne, saturent l’air, et le givre atteint sa poitrine. Dans une lumière aveuglante, une douleur insoutenable l’assaille. Il titube de plus belle sous la comptine qui reprend d'une innocence cruelle.

    « Loup qui boite en silence,
Avance et traîne sa danse.
Loup qui boite dans le noir,
Tremble sous le vent du soir. »

    « Je suis… Je… » Hireki s’effondre. Il se voit mourir, là, le cœur transpercé par des cristaux aux reflets d'aigue-marine, somptueux et mortels. « Désolé… » parvient-il à prononcer avant son dernier souffle. Mais le froid s’immobilise brusquement, suspendu à la voix de Gabriel.

    « FEU ! » lance-t-il.

Tout cesse immédiatement. Les bruits, la douleur. Le métis n’entend plus que son propre souffle précipité, tremblant sous l’angoisse. Il ouvre les yeux. À quelques centimètres de ses genoux, les mocassins à pompons, propres et impeccables, du Parfait Gabriel. Le jeune homme le regarde sans émotion aucune, avant de pencher la tête à droite, puis à gauche.

    « Je suis désolé ? » tente une nouvelle fois Hireki.

Gabriel garde la tête penchée, puis ses yeux s’écarquillent, emplis d’une folie douce.

    « On s’en branle des feuilles mortes ! Elles sont mortes, tu vois ? » hausse-t-il des épaules avec désinvolture.

Hireki, abasourdi, le regarde ajuster avec précision le col de sa chemise, qu’il lisse d’un geste aiguisé. Enfin, dans un soupir, la vision idéalisée glisse les mains dans ses poches et commence à se balancer sur les talons, le nez au vent. Un tic-tac silencieux et terrifiant qui marque chaque temps de ses fredonnements impatients.

    « À quoi penses-tu, loup blessé ?
La lune ou ta proie volée ? » reprend-il sans plus d’attention pour le métis.

    « Le dernier couplet… » pense Hireki. « À la fin, le loup perd si sa proie est libérée… » récite-t-il bêtement in petto. Mais quel rôle joue-t-il exactement ?

    « Loup boiteux cache ses regrets, » La mélodie ralentit à chaque syllabe, tordue comme un disque déformé. Les balancements de Gabriel suivent le mouvement. « Mais, leuuurs, croooocs, sooooont, aaaaaa-cééééééé… »

La syllabe s’étire, un bourdonnement semblable à celui qui avait vrillé les tympans de Hireki lors du cauchemar précédent. Gabriel baisse la tête, dardant un regard fou sur… 

Sa proie.

    « Je pensais bien faire !! » se précipite Hireki, le souffle court.

    « BEEEUUUUP !!! Mauvaise réponse !! » s’écrie Gabriel en sautillant avec enthousiasme.

Il contourne l’Asiatique à petits pas précipités, et son souffle glacé vient frôler l’oreille du jeune homme. Un frisson d’effroi parcourt son échine quand le bras de Gabriel Parfait passe par-dessus son épaule. Il pointe le petit Lui, toujours figé dans le temps, le bras tendu vers l'enfant métis.

    « J’ai tendu la main pour que tu restes avec moi ! » indique-t-il avec évidence.

Le silence s’impose tout autour. Les silhouettes, elles, ne sont plus qu’un brouillard d’anonymes, à l’exception des enfants et de la femme. Hireki observe sans un mot, honteux et impuissant.

    « Je pensais… » tente-t-il, incertain.

Mais la poigne glaciale de Gabriel s’abat violemment sur son épaule « GIVRE ! » crie-t-il.

La course du givre reprend à peine a-t-elle eu le temps de libérer son bras. Hireki n’a plus d’autre choix que d’affronter ses mensonges. Il regarde plus attentivement l’enfant devant lui. Tout, chez lui, crie à l’aide : ses yeux, son corps, ses talons enfoncés dans le sol. Il lutte. Il ne veut pas y aller.

    « Je tendais toujours la main, Hireki. » siffle tristement la voix derrière lui.

Le jeune homme serre les dents et secoue la tête.

    « Elle allait juste te soigner… » bredouille-t-il.

Gabriel explose d’un rire sec et cruel.

    « Elle allait JUSTE me SOIGNER ?! Ce n’est pas ce qui t’importait. Tu le sais !! »

Hireki rentre la tête dans les épaules, les doigts toujours crispés sur ses genoux. Gabriel lui fait de nouveau face, le regard noir. Enfin, ses lèvres bougent sans qu’aucun son n’en sorte.

    « Sois sage, comme ça tu me donneras ta sucette ! » C’est la voix du petit Hireki qui surgit dans le silence oppressant, parfaitement synchronisée.

Son sang se glace. Tout lui revient. Toutes ces fois où Gabriel disparaissait avec cette femme pour revenir des friandises plein les poches. C’est pour ça qu’Hireki la choisissait, elle, seulement elle…

    « J’ai 'vendu' Gabriel contre des friandises ? »

Un bruissement de papier lui arrache un sursaut. Il lève lentement la tête, le regard irrésistiblement attiré par l’objet rouge et blanc que Gabriel tire de sa poche.

Une sucette…

Lui revient d'abord le regard fier mais étrangement éteint de l’enfant lui tendant les bonbons, puis la sensation du givre jusque-là ignorée qui atteint son cœur. Hireki regarde sa poitrine : les volutes cristallines s’avancent, une toile silencieuse qui s’engouffre dans les fibres de ses vêtements jusqu’à sa peau. 

Il va mourir…

    « S’il te plaît… » implore le métis, les larmes aux yeux.

    « Feu ! »

Un claquement, froid, bref, imperceptible, stoppe la course folle vers la mort. Gabriel le regarde toujours, froidement. L’air d’un Dieu lassé de sa toute-puissance. La sucette entre les lèvres, le bâton danse. Un métronome d’une régularité implacable.

    « Je… J'étais petit… » se justifie Hireki piteusement.

Un craquement horrible retentit, et le bâton de sucette s’immobilise. Instinctivement, l’Asiatique porte les mains à ses tempes, mais le bourdonnement sadique ne vient pas. Seule la voix irritée de Gabriel brise le silence :

    « J’étais petit ! Comment je pouvais savoir ? Je pensais que… Blablablablabla BLAAAAH !! »

Sa voix se brise sous le cri hystérique avant de revenir, douce mais pas moins démente :

    « Quel âge tu avais quand tu m’as demandé ce putain de délai ? »

Hireki se braque immédiatement. Le décor ne change pas, mais devant ses yeux se dessine le CDI du lycée. La voix suppliante de son adolescent intérieur fend le silence déjà assourdissant.

    « Allez, Gaby… J’ai besoin de ce délai… »
    « Tu fais chier, Hi-chan. Tu peux pas juste bosser une fois ? »
    « Alleeez… Ce prof t’adore ! Fais-lui les yeux doux pour moi. C’est ton super pouvoir ça, hein ? »

Les images se clarifient, nettes, impitoyables. Il ne peut les ignorer, même en fermant les yeux. Elles sont gravées sur ses rétines, se bousculant dans son esprit. La silhouette gracile de Gabriel. Le professeur. La main gluante sur l’épaule. Les yeux lubriques. C’est tout son corps qui s’enlise dans son aveuglement.

    « Quel âge ? » demande Gabriel calmement.

    « Je n’ai jamais vou… »

    « QUEL ÂGE, HIREKI ? »

    « QUINZE ANS !!! » hurle le jeune homme. « J’avais quinze ans, putain !!! » dit-il en sanglotant.

    « Tu n’as donc jamais arrêté. » tranche Gabriel. « De cette connasse de Rousselet jusqu’… »

    « ET ALORS ?! »

Brusquement, mue par la force du désespoir et les dernières bribes de déni, Hireki se relève sans vaciller une seule fois. Son "petit monde parfait" s’effrite, et la rage de le préserver jusqu’au bout le pousse dans ses derniers retranchements.

Les perles noires brillent d’un feu violent, puissant. Chaque vaisseau de son visage tambourine, déformant ses traits en un masque de haine.

    « À quel moment je t’ai demandé de vendre ton cul ?! Espèce de taré !! » tonne-t-il en agrippant violemment le col de Gabriel.

Le souffle rauque, les lèvres retroussées, ses dents se dévoilent, féroces, acérées, prêtes à tout arracher sous leur tranchant. « Comment je pouvais savoir ? Tu ne dis jamais rien ! JAMAIS, GABRIEL !! »

Les traits de Gabriel se tordent. Son souffle suspendu. Un instant seulement. Ses lèvres tremblent, une ombre passe dans ses yeux. Une douleur, fugace, mais si intense qu'elle semble tordre l'air autour de lui.

Puis, elle disparaît.

La folie pure danse de nouveau dans son regard émeraude. Sa mâchoire se serre.

    « C’est moi le loup, maintenant. » grogne-t-il.

Le sifflement strident revient, fracassant. Il transperce Hireki de part en part, déchirant tout. L’Asiatique hurle, s’effondre. Les mains sur les tempes, il se bat contre la douleur et plus encore.

Les images défilent: 

Gabriel, toujours obéissant.
Toujours docile.
Toujours silencieux.

Et lui, toujours à le solliciter, à en profiter…

    « Tout le monde est heureux quand j’obéis. C’est ce que j’ai appris. Avec elle. Avec toi. Eux, et même… Lui ! »

La douleur cesse nette pour ne laisser qu'une voix grave envahir l’espace.

    « Les garçons, c’est l’heure de dormir !! »

Hireki se fige immédiatement, une angoisse indicible paralysant la moindre fibre de son corps.

La voix de son père.

Ses mains tremblent sous le rire démoniaque qui s’élève. Gabriel sautille innocemment autour du corps pitoyable de Hireki.

    « Aimeras-tu encore ton père si tu sais la vérité ? » chantonne-t-il d’un air innocent.

Les pupilles de Hireki dansent, sondant ses souvenirs. Tous les indices qu’il n’a pas vus sur son père… Mais veut-il vraiment savoir ? Veut-il vraiment les voir ?

    « Vas-tu ignorer la troisième règle ? »

Gabriel s’arrête devant lui et se penche. Son souffle glacé frôle ses lèvres, son regard ambigu plongé dans les charbons maintenant éteints.

« Bien sûr ! '3: Quoiqu’il fasse : tous les garçons aiment leur papa', non ? »



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    ✨ Hello les Boundies !! ✨ 
    Eh oui, vous ne rêvez pas, c’est ENFIN l’épisode 4 du chapitre 3 ! 🥳 Après toutes ces semaines d’attente, il est là ! Et avant tout, je tiens à vous dire : je suis tellement désolé de vous avoir laissé trépigner si longtemps ! Mais… avouez, ça valait le coup, non ? 👀

Parce que, sérieux, ce Gabriel Parfait... MON DIEU. 😳 Plus j’écris sur lui, plus je tombe amoureux de sa complexité (et un peu de sa folie, pas vous ?). Et ce pauvre Hireki, complètement perdu dans ses mensonges, terrifié à l’idée de voir son petit monde parfait s’effondrer… 💔

Mais la vraie question, les Boundies : va-t-il ENFIN ouvrir les yeux, ou bien se laisser mourir ? 😱 Franchement, il nous ferait douter ce Hi-chan, hein ?

Alors, dites-moi tout en commentaire : vos théories, vos ressentis, vos cris de rage, ou même vos "WTF" sur ce chapitre de dingue. 🙈🔥 J’ai hâte de vous lire, parce que les choses ne vont faire que s’intensifier dans les prochains épisodes… À la semaine prochaine pour de nouvelles aventures, et surtout… accrochez-vous bien. 👀

    Votre dévoué,
    King Mochi (aka Diogène) 🐺🍡



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