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mardi 25 août 2026

TABLE DES MATIERES

Dernières Mises à Jour:

- Blog mis à Jour un lundi sur deux -
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~ ~ UN CHANT D'ETERNITE ~ ~

 

Un Chant d’Éternité est un roman-feuilleton dramatique et psychologique, où trois voix s’entrelacent au fil d’une histoire d’amitié, de blessures enfouies et de vérités trop longtemps tues. À travers une structure en chapitres imbriqués et des épisodes courts mais intenses, chaque partie vous rapproche un peu plus du cœur battant de cette tragédie moderne où chaque réponse soulève une nouvelle question. 
Cliffhangers garantis, émotions brutes, et fragments d’âme à chaque épisode.
🎭 Lecture courte: 10 min par épisode
📆 Publication : un lundi sur deux

⚠️ Contenus sensibles, émotions fortes garanties ⚠️


✅ Ce que c’est :

✔️ Un drame psychologique lent et dur
✔️ Une amitié ambiguë, imparfaite, qui blesse autant qu’elle soutient
✔️ Un roman sur la honte, le silence, la survie
✔️ Une relation humaine 
✔️ Une histoire qui n’explique pas tout, ne pardonne pas tout, et ne soigne pas tout

***


📖 HISTOIRE PRINCIPALE 📖

        Entre eux ce n'est pas de l'amour. C'est tout le reste...

    Gabriel et Hireki sont amis d'enfance. L'un porte ses blessures comme une armure. L'autre distribue sa lumière en s'oubliant dans l'ombre.

Tout les oppose, mais ensemble, ils avancent. Portés par les non-dits, une loyauté bancale et des illusions tenaces… Jusqu'à ce que les masques craquent.

Car certains souvenirs résistent au silence et ce qu'ils révèlent peut tout détruire.

Et là… Aimer ne suffit plus. Surtout quand on a mal aimé …
        ➡️Avertissement à lire avant de débuter la lecture
        ➡️Pour une première immersion: * MATIN CALME *
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🎁 BONUS & UNIVERS ÉTENDU 🎁

    Plongez encore plus profondément dans l'univers d'Un Chant d'Éternité grâce à ces moments exclusifs et complices, où les personnages se révèlent sous des angles inédits. Ces contenus n’appartiennent pas à la trame directe, mais enrichissent l’univers en révélant ce qui se passe en marge, en coulisse… ou entre les lignes.

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lundi 4 novembre 2024

Chap II - La Poupée qui dit 'Oui' ( 3/3)


PrécédemmentChap II - La Poupée qui dit 'Oui' - 2/3

(👀 ~15min de lecture)


⚠️ Trigger Warning ⚠️

Cet épisode aborde des thèmes de détresse psychologique intense, dissociation, auto-sabotage et allusions à des abus passés. Il n’y a pas de contenu explicite, mais certaines scènes peuvent être difficiles à lire. 

💙  Prenez soin de vous  💙


Chap 2

LA POUPEE QUI DIT "OUI"

(3/3)
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    Hireki atteint l’hôpital à bout de souffle. Il n’a pas songé une seule seconde aux transports en commun ou à un taxi. Après l’appel des urgences, seule comptait l’idée de retrouver Gabriel. Il a couru à en perdre haleine, oubliant même le froid glacial et coupant qui lui scindait le visage et torturait les poumons à chaque respiration.

La neige tombe de nouveau à gros flocons.

C’est leur éclat de givre agrippé en lourdes grappes aux vêtements qu’il arrive à destination, son souffle s’échappant en nuages fugaces.

Sous le choc du suicide de sa mère, Gabriel fit une violente crise d’hystérie, poussant le personnel à le sédater et l’isoler dans une salle peu utilisée du service. Son état instable, aggravé par une légère déshydratation et une importante sous-alimentation, conduit le médecin à ordonner une hospitalisation de jour, qu’il n’accepta qu’à la condition de pouvoir repartir rapidement. C’est là que Hireki fut contacté.

Dans la pièce, une infirmière est encore présente quand Hireki pousse prudemment la porte. Elle se redresse vivement partagée entre surprise et gêne. Ses mains quittent Gabriel laissant une impression désagréable au métis. Son regard est peu amène, il n’est visiblement pas le bienvenu.

    « Excusez-moi » Se courbe-t-il légèrement « Je pensais pouvoir entrer. C’est mon ... » Il reste figé, les mots bloqués au bord des lèvres, troublé par cette question qu’il ne s’est, jusque là, jamais réellement posée: Comment peut-il définir sa relation à Gabriel aux inconnus ?

Gabriel est ‘son Ange’ et Lui son fidèle serviteur, son ‘Chevalier Blanc’ mais aux yeux des autres?

La femme le regarde toujours, l’air maintenant suspicieux.

    « Est-ce que je dois attendre dans le couloir ? » Renonce-t-il.

    « Ca ira ! » Le coupe-t-elle d’un ton sec. Elle jette, pour la forme, un dernier coup d’œil à la perfusion avant de quitter la pièce presque trop précipitamment, bousculant Hireki au passage.

    « Bien aimable » Pense-t-il, sarcastique, en la regardant s’éloigner d’un pas raide avant de revenir à la silhouette étiolée étendue sur un brancard de fortune.

Le spectacle est aussi choquant que désolant. Gabriel est effondré, las. Pas même un drap le recouvre. On l’a jeté, abandonné comme un vieux jouet cassé dans cette pièce qui pue les médicaments rances et le renfermé. Hireki sert le poing. Ce n’est même pas une chambre, un débarras tout au plus. Gabriel porte encore son jeans déchiré et son T-Shirt de la veille découvre près de la moitié de son torse sans que personne ne s’en inquiète. Hireki capte un léger soubresaut au pied du brancard et son cœur se serre en apercevant l’orteil qui tressaille à travers une chaussette trouée. En temps normal, il en aurait ri. Mais là, c’en est trop. Tout son corps se tend, le dégoût lui monte à la gorge : il voudrait crier son indignation, secouer tout le personnel pour un tel mépris. Cependant, il reste figé, désarmé par ce besoin tout aussi impérieux de se jeter sur lui pour l’enrouler de son manteau, encore une fois...

Trop de questions l’en empêchent. Hireki se balance d’un pied sur l’autre.

Comment réagir dans une telle situation ? Il a l’air si vulnérable! Exposé ainsi, ‘offert’ même, sans défense lui d’ordinaire si piquant et incisif. Hireki réalise que jusque là, il n’aura été qu’une parodie de Super-Héros. S’il a si bien accepté ce rôle c’est parce qu’au fond, il croyait Gabriel assez fort pour s’en sortir lui-même.

Ce ne sont pas les questions qui l’empêchent de bouger, mais la vérité…

Il respire profondément pour se donner ce courage qu’il n’a jamais eu. Après tout, Gabriel aussi a joué un rôle jusque là…

Il s’approche encore hésitant et le recouvre prudemment de la couverture soigneusement pliée à ses pieds.

    « Il est comme une émeraude » Se dit Hireki. Cette pierre captivante et envoutante mais à la dureté faillible que le moindre choc brise en milles morceaux.

Gabriel ne bouge pas d’un millimètre. Sa respiration est calme. Surement est-il encore sous l’effet de calmants.

Hireki lui connait des sommeils plus tourmentés. S’il n’est pas rare de voir Gabriel somnoler un peu partout, c’est qu’il ne dort jamais vraiment. Le moindre mouvement, le plus infime des bruits le font sursauter. Sans parler de ce qui se lit dans son regard lorsqu’il est réveillé par un contact qui ne serait pas Lui. Toujours sur le qui-vive

Le métis se remémore les traces de ses errances nocturnes : quelques mégots refroidis sur le bord d'une fenêtre, une tasse de thé oubliée dans la cuisine, des livres entamés sur la table basse, jusqu’à ce plaid, resté un matin au pied du canapé, à même le sol, qui le décida à acheter un fauteuil plus confortable pour son ami. Désormais, chacun de ses songes est bercé par le parfum du thé à l’orange, et il a vu le fauteuil se rapprocher peu à peu, aujourd'hui presque collé au canapé, sans qu’il ne sache vraiment depuis quand.

Pourtant, maintenant accroupi à ses côtés, c’est d’une tendresse assurée que Hireki fait rebondir la petite boucle blonde sur son front avant d’embrasser les doigts glacés perdus dans le vide.

    « …Chan ?» Le métis ne peut retenir un sourire soulagé à l’évocation de son surnom, peut-être y a-t-il aussi un peu de fierté. Gabriel l’attendait. Son estomac papillonne et l’urgence de le prendre dans ses bras se fait encore plus pressante. Les paupières de son Ange frémissent. Un éclat indescriptible s’en échappe, perçant le jour avant même qu’il n’ouvre pleinement les yeux. Une lueur divine au milieu de cette pièce décrépite. Hireki entremêle ses doigts aux siens.

    « Je suis là mon Ange » Chuchote-t-il, son souffle chaud contre la peau délicate. Elle est si blanche que le bleu envoutant de ses veines parait filer bien au-delà. Puis sans lâcher sa main, il s’assied au bord du lit, l’enserrant des siennes pour la porter à son cœur. Il a à peine le temps de s’émouvoir des traces sur les poignets de Gabriel qu’un souffle éraillé s’échappe de ses lèvres pâles et asséchées.

    « Comment tu m’as retrouvé ? » Gabriel est confus. Son regard hagard danse de droite à gauche sans porter plus d’attention au métis qui sent l’agitation naissante en lui. Il resserre un peu plus ses doigts pour le rappeler à lui.

    « Mon numéro est dans ton dossier… » Explique-t-il doucement avant d’hésiter. Il déglutit, cherchant ses mots, encore une fois. Il se trouve tellement empoté aujourd’hui, lui qui manie si bien les mots est incapable de trouver les bons quand il en a le plus besoin.

C’est une profonde inspiration bloquée au fond de la gorge qu’il se lance.

Il n’y a pas de mots justes dans ces circonstances…

    « Gaby… On m’a dit pour… Pour ta… » Il sent aussitôt tressauter les doigts entre ses poings. Tout le corps de Gabriel se crispe, son menton se contracte alors que ses yeux écarquillés revivent la scène. Hireki regrette aussitôt. Il tend la main vers lui mais Gabriel s’agite nerveusement, il roule des yeux retenant en vain ses larmes qui inondent aussitôt ses joues jusqu’à l’oreiller sur lequel il repose.

    « Ma maman … Ma maman est … » Le visage de Gabriel se tord sous la tristesse. Hireki n’y tient plus, comme la corde d’un arc bandée trop longtemps il se jette à lui, étouffant les sanglots de Gabriel contre sa poitrine. C’est tout ce qu’il peut lui offrir, sa présence sa chaleur, Lui tout entier, sa dévotion... A jamais…. Il sent les minuscules bras s’enrouler autour de lui, les lèvres se tordre en caresse humide sur son torse. Puis les sanglots laissent place à un cri de détresse, celui d’un enfant qu’on arrache à sa mère.

Soudain il réalise l’ampleur du vide qui entoure Gabriel. Sa gorge se serre à son tour, une sensation étrange l’envahit tout entier du plus profond. Quelque chose de… Brûlant, acéré, une tension douloureuse. C’est ce qu’il est ‘un enfant arraché à sa mère’. Les pleurs de Gabriel s’insinuent jusque dans sa chaire et le brise de l’intérieur. Il ne lui reste plus personne… Sa respiration accélère, lourde alors que ses doigts se serrent plus encore autour du corps éploré…Plus personne à part lui… Pour l’éternité…

Ses mains tremblent, tout son corps se raidit, des tensions éparses entre plaisir coupable et tristesse. Ses doigts se referment sur les cheveux châtains mais un parfum familier s’en dégage soudain, une fragrance qui n’appartient qu’à Oksana. Le visage de la jeune femme lui revient. Enfant, elle fut comme une mère. Peu importe les querelles ou les ressentiments nés des années, fut-un temps, aussi lointain soit-il où elle compta pour lui autant que pour Gabriel. Sa douceur, son sourire patient et le parfum délicat qui se dégageait à chaque fois qu’elle repoussait sa chevelure interminable.

Une chaleur l’apaise lentement dans un souffle léger déliant les moindres tensions de son corps de sa présence silencieuse.

    « Ca va aller mon ange… » Murmure-t-il

Dans un silence retrouvé, ils restent un instant dans les bras l’un de l’autre.

    « Et toi bien entendu… Tu accours… » Hireki est foudroyé par ces mots encore entrecoupés de sanglots qui brisent cet instant suspendu.

La soirée lui revient, les souvenirs sont confus hormis ce rejet froid, implacable. Pourtant, il est effectivement venu, sans aucune hésitation, comme si de rien était.

    « Je suis désolé pour hier, Gaby. Tellement désolé… » S’excuse-t-il aussitôt emprisonnant le visage de Gabriel entre les mains.

Il veut capter son regard, ces yeux verts insondables, toujours si indifférents à tout, pour y déceler la fraction de seconde où il lâchera prise. Lui rappeler que ce jeu n’a plus lieu d’être. Lui aussi a échoué dans son rôle, peu importe l’image que Gabriel lui montrera, il sera toujours là pour lui.

    « Pardonne-moi…. » Murmure Hireki quand le masque froid entre ses mains, celui qui refuse la moindre question, la moindre ingérence indélicate se met à lui poser milles questions. Ces milles questions muselées pendant toutes ces années.

Ce n’est pas un simple lâcher-prise furtif, insaisissable c’est une brèche qui s’ouvre dans l’armure de glace.

Décontenancé le métis tarde à s’y engouffrer mais c’est pour mieux laisser Gabriel l’agrandir un peu plus. Ses yeux s’écarquillent, il s’agite, tout son corps transpire de non-dits.

    « Pourquoi tu es venu ? » Il n’y a aucun reproche dans sa voix, seulement du désarroi. Hireki sent le crâne trembloter entre ses mains.

    « Parce que c’est…C’est normal ! C’est toi, Gaby » Dit-il sans réfléchir

    « Non ! Non ce n’est pas ‘normal’ ! » La voix de Gabriel se perd dans un souffle. Son regard oscille entre désespoir et déception alors qu’il fixe toujours Hireki « Dis-moi plutôt que c’est ce que tu voulais. Comme le jour de mes 18 ans. Que tu me veux pour toi. Dis ça… S’il te plait… » Sa bouche se tord « Sois un salaud… » Finit-il par frapper faiblement le torse du métis déboussolé, incapable de réagir aux coups alanguis autrement qu’en frôlant ses poignets.

Sous les sanglots brisés, le front de Gabriel tapote la poitrine haletante de Hireki

    « Gaby… » S’empare-t-il doucement de ses mains mais Gabriel le chasse soudain, s’agrippant à sa chemise. Les poings enserrent le tissu avec force et son visage se tort sous la colère en se rapprochant dangereusement du sien « Dis-moi que tu es un salaud comme les autres ! » Assène-t-il, la mâchoire serrée. Son regard a laissé place à une rage désespérée.

Hireki surpris s’attarde trop à répondre.

    « Dis le !! ALLEZ DIS LE !! PUTAIN !!! » Le secoue Gabriel

    « Je… »

C’est donc ça que Gabriel attend de lui ? Qu’il l’abandonne? Qu’il le rejette dans le pire moment ?

    « Je t’aime » Les mots lui échappent.

Gabriel se raidit aussitôt, une terreur indicible dans le regard. Il le repousse violemment dans un cri d’effroi. Ses mains se portent à son visage où s’enfoncent ses ongles sans retenu déformant son visage.

    « LA FERME !» Hurle-t-il « ARRETE ! Pourquoi tu te donnes tant de mal ? » Gabriel s’est redressé comme une furie. A genoux sur le lit, il tire sur son TShirt dévoilant son torse efflanqué « Pourquoi c’est si difficile pour toi de me voir comme je suis vraiment ? Il n’y a pas de salope comme moi dans ton petit monde parfait ? »

Hireki comprend qu’il a reculé de plusieurs pas lorsqu’il heurte un plateau de soin. Les ustensiles chutent dans un tintement de métal assourdissant sous les cris de son ami qui continue à batailler avec ses vêtements.

    « Regarde-moi !! » Le T-shirt s’emmêle à la perfusion. Gabriel se démène, toujours sous le regard halluciné de Hireki puis abandonne pour déboutonner son pantalon « Ouvre les yeux et prends, PRENDS !! » Dans un rire de dément qui tétanise un peu plus le métis, ses gestes, maladroits, ne parviennent même pas à faire sauter le bouton.

Brusquement, il se tait. Il fixe Hireki la tête penchée sur le côté, ses pupilles tanguent alors qu’il le dévisage. Il y a de la folie dans son regard. De la folie et une tristesse infinie.

    « Je ne t’en voudrai même pas, tu sais? » Jure-t-il doucement la main sur le cœur.

La voix d’enfant heurte Hireki en plein cœur. Sa raison vacille à son tour, son corps attiré comme un aimant, il avance d’un pas .

    « Parce que ‘ça’ c’est normal. C’est ce à quoi je suis bon, c’est ce à quoi je sers ! » Continue Gabriel souriant quand les larmes lui échappent à nouveau.

Il tend la main vers Hireki qui avance hypnotisé sous l’écho lointain d’un péché « Tu n’as pas besoin de te donner bonne conscience en m’aimant… » Lance le jeune homme d’un air rassurant avant de jeter un coup d’œil à son bras tendu où il semble redécouvrir son TShirt. Les mouvements entravés, il agite le membre pour défaire le vêtement brisant le charme du serpent.

    « Personne n’aime les garçons comme moi, c’est dégoutant ! » Affirme t il pour lui-même d’un ton enfantin. Il ressemble à un petit garçon récitant une leçon apprise par cœur.

Soudain, agacé par le méli-mélo du tissu et du goutte-à-goutte, il tire violemment sur l’habit. L’aiguille quitte sa main dans un éclat de rubis écarlates. Le sang s’écoule captant le regard de l’Asiatique.

    « L’eclat brulant des rubis … »

Il ne voit alors plus que le sang ; Rouge, puissant et délicat sur la peau blême. Une goute coule lentement, ensorcelante. A son esprit, ce sont ses doigts qui glissent. Ils parcourent le jardin d’Eden, cueille le petit bouton de rose à l’épine d’acier, courent sur la plaine côtelée, escaladent la hanche aux monts anguleux. Sa tête lui tourne et une fois de plus il ne répond plus de rien.

La silhouette malingre s’agite sous des cris qu’il n’entend plus. Seul le chant du Diable tourne en boucle ‘je ne t’en voudrais même pas’. Plus rien n’existe que cette goute de sang qui emporte dans son sillage tout sens moral.

Soudain une poigne ferme le saisit et le tire violemment en arrière.

Des mains inconnues remplacent les siennes sur la furie ensanglantée dont les hurlements lui transpercent à nouveau les tympans.

    « Je suis une poupée, une poupée qui dit 'Oui'!! » Entend-il « Personne ne demande…. » Cloué sur place, à peine remis de sa transe Hireki observe Gabriel se débattre entre deux hommes, l’un lui tenant fermement le bras tandis qu’une infirmière tente de lui injecter un produit..

Et sa folie continue dans des murmures saccadés « Ni toi ni les autres… Orlan ou … »

Il lutte mais les tranquillisants l’assomment presque instantanément.

    «Ou… mon père» Ses yeux tournoient mais Hireki y capte un dernier sursaut. Leurs regards se croisent, tous deux pétris d’effroi. Gabriel d’en avoir trop dit, Hireki d’avoir été aussi aveugle.

C’est l’enfer qui s’ouvre sous ses pieds. 

Ce terme, ‘mon père’ n’a jamais franchi les lèvres de Gabriel en plus de 20 ans et ils font maintenant remonter en Hireki des souvenirs lointains. Ils lui appartiennent mais il ne les reconnait pas. Ils lui apparaissent sous un nouveau jour. Entachés, salis. Son ‘petit monde parfait’ se pare d’une odeur de souffre épouvantable.

    « Ton père te vi… » Le mot reste bloqué dans sa gorge. 

Il voit Gabriel s’écrouler sous l’injection puis un infirmier se dirige droit sur lui dans un silence accusateur.

    « Monsieur ? Est-ce…» Hireki chancèle, le néant envahit tout son corps. Il fixe l’infirmier devant lui, ses lèvres bougent «… blessé ? » capte-t-il difficilement. Il suit, hébété, le regard inquiet de l’homme sur sa main où il découvre les traces de son propre péché.

    « Je n’ai rien vu … »



***



    Allongé dans la neige depuis des heures, bercé par le silence et le souffle des flocons, il ne sait plus exactement quand il a fermé les yeux. Il sait juste que la neige est là. Elle est revenue.

Soudainement. En une fraction de seconde. Elle s’est mise à tomber.

Des milliers de flocons effleurent sa joue. D’innombrables ailes de papillons, des caresses givrées qui l’ensevelissent petit à petit. Il part paisiblement. On ne retrouvera de lui qu’un gisant de glace…

    « En chemise hawaïenne… » se désole-t-il.

Mais une voix vient tout changer.

    « Tu m’entends ? » Elle résonne en lui, familière. Un chant doux comme la neige, à la fois proche et lointain.

Il la connaît. Il la connaît depuis toujours. Mais il ne réussit pas… Qui?

Une aura sainte se dessine peu à peu dans son esprit, mais elle demeure sans visage alors qu’elle l’appelle encore.

    « Tu dois te réveiller. » Elle vibre dans tout son être, glisse, sinueuse, de son cœur jusqu’à son corps tout entier. Il tente de bouger.

    « Réveille-toi. » Un murmure qui a l’irréfutabilité d’un ordre et… cette douleur. C’est la vie qui court de nouveau en lui.

La neige craque à son oreille. Puis le froissement doux d’étoffes libère un parfum léger, une douceur indescriptible, qui frôle son visage comme une mélodie. Chaque note mélancolique vient caresser sa peau, éternelle.

    « La neige… Le parfum de… » Ses pensées s’éloignent vers un souvenir endormi tandis qu’un toucher délicat effleure sa tempe.

Ses yeux s’ouvrent péniblement.

Il est sur le ventre, le visage à moitié enfoui dans la neige. Devant lui, des soieries étincelantes se déploient doucement pour dévoiler, une fraction de seconde, deux pieds nus, délicats. Ils se fondent dans le tapis blanc en des nuances aigue-marine, translucides comme du cristal. Des chevilles graciles qui tintent sous des chaînes d’or blanc. Ses forces reviennent peu à peu, et, comme hypnotisé, il suit le mouvement vaporeux de cette apparition et parvient à rouler sur le dos. Le parfum frais réchauffe tout son être, et une quiétude ineffable l’envahit quand sa tête repose sur les étoffes célestes.

    « Ce n’est pas à toi de partir comme ça. » La voix reste sans visage, mais derrière ces volutes éthérées d’argent et d’émeraude, il peut sentir la tendresse du regard.

L’émeraude.

    « Gab… ril… » appelle-t-il faiblement. Une main délicate cache sa vue, et la voix s’élève de son propre cœur, un souhait ténu qu’il n’est pas encore prêt à entendre.

    « Que tes yeux… » Le reste lui échappe. Il ne veut pas savoir. Pas encore… La silhouette se penche doucement sur lui, des lèvres douces et glacées se posent sur son front en un baiser rassurant.

Hireki se redresse, les yeux écarquillés sur ce lieu qu’il reconnaît immédiatement : “la colline”. Une butée tout au plus, mais qui, sans qu’ils n’aient jamais pu se l’expliquer, paraît invisible aux yeux des gens. Cet endroit est leur sanctuaire, à Gabriel et lui. Il unit leurs deux mondes. Là où le sol se couvre de pétales de cerisier au printemps et d’une neige que jamais personne ne vient fouler en hiver.

    « Qu’est-ce qui s’est passé ? »

Il est assis, juste là, dans l’empreinte à moitié disparue de l’ange de neige que Gabriel a laissé la veille. Ses paumes pressent le tapis poudreux, cherchant à comprendre, et quelque chose dans sa main attire son attention.

Il ouvre douloureusement ses doigts ankylosés par le froid pour y découvrir une petite croix d’argent. C’est celle de Gabriel. Elle a dû lui échapper la veille lorsque Hireki est venu le chercher, et ce sont aujourd’hui ses propres doigts qui se referment dessus, si fermement que les quatre extrémités ont marqué sa peau, tels des stigmates.

    « Gaby » murmure-t-il, juste pour sentir la chaleur du prénom sur ses lèvres. Mais, à sa grande surprise, le prénom résonne d’un écho plus clair.

Devant lui, approchant vivement, un petit garçon au bonnet à pompon et à l’écharpe démesurée, enroulée tant de fois qu’une buée épaisse se forme sur ses lunettes rondes, s’arrête, haletant, les yeux brillants.

    « Qu’est-ce que tu fais ?! » demande-t-il, en tirant sur la grosse laine qui couvre sa bouche aux dents manquantes.

Hireki le reconnaît immédiatement. Il ne peut en être autrement.

    « C’est moi… » murmure-t-il, abasourdi.

    « Hein ? Tu fais quoi ? » bondit le petit garçon, dont le regard semble se poser à travers lui.

Hireki réalise qu’il ne s’adresse pas à lui lorsque, derrière, une petite voix fluette et concentrée répond.

    « Un lit de neige. »

Un voile léger se délie, drainant tous ses mensonges en une caresse le long de ses joues. Hireki sent la peur monter en lui, mais il est prêt désormais.

Plus qu’un souvenir, la réminiscence d’un toucher léger l’apaise, et la voix lui revient enfin.

    « Que tes yeux regardent bien en face, et que tes paupières se dirigent droit devant toi. »


FIN CHAPITRE 2

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🌨️ Salut les Boundies ! 🌨️

 

Quelle fin magistrale pour ce chapitre ! Entre l’intensité déchirante de la détresse de Gabriel et la révélation troublante qui submerge Hireki, on atteint ici un point de bascule émotionnel et spirituel. 💔✨

❄️ Un lit de neige, des échos du passé, des vérités douloureuses qui remontent à la surface, et cette mystérieuse voix qui résonne dans le cœur même de l’histoire… Tout semble converger, Boundies, mais vers quoi exactement ? 🤯

Alors, les Boundies, qu’avez-vous ressenti face à cette scène ? 

👉 Qui est cette voix céleste ? Une illusion, un souvenir… ou quelque chose de plus grand ?
👉 Et surtout : Hireki a-t-il enfin ouvert les yeux sur les vérités qu’il refusait de voir, ou reste-t-il encore enchaîné à ses illusions ?

💬 Vos théories, vos émotions, vos réflexions… j’ai hâte de les lire ! 

Rendez-vous dans deux semaines pour découvrir où nous emmènera cette descente dans l’inconnu ! Ou la semaine prochaine pour un petit interlude léger! 🌌✨


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🕊 Envie de souffler un peu… ou de creuser plus loin ? 🕊

Prolongez l'expérience avec ces quelques Bonus:


Suivant: Chap III- Les Cris du Silence - 1/5-

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Chap II - La Poupée qui dit 'Oui' (2/3)


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(👀 ~10min de lecture)


⚠️ Trigger Warning ⚠️

Cet épisode contient des thèmes de détresse psychologique intense, prostitution forcée/exploitation sexuelle, et suicide explicite.
La lecture peut être difficile pour certaines personnes.  N’hésitez pas à faire une pause si nécessaire. 

💙  Prenez soin de vous  💙


Chap 2

LA POUPEE QUI DIT "OUI"

(2/3)
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    Hireki est assis contre la porte d’entrée, les jambes étendues, les bras lâches, pendants. Sa tête rejetée en arrière a le regard fixé dans le vide. Il est éteint. Un pantin abandonné, les fils arrachés par un enfant capricieux.

Le soleil s’immisce peu à peu dans le salon et vient caresser ses pieds avec la prudence d’un ami réconfortant mais Hireki recule. Rien ne peut réchauffer son âme ici et maintenant pas même les premières lueurs de l’aube. Au contraire, elles le consumeraient aussi brûlantes que l’enfer pour ne laisser de lui qu’un petit tas de charbon.

Les genoux sur la poitrine, conscient qu’il ne peut reculer plus, il finit par se lever, groggy. Il chancèle, chacun de ces mouvements est une lutte qui lui semble perdue d’avance. Pris d’un vertige, il se retient de justesse à la porte où une douleur sourde irradie dans toute sa paume jusqu’au coude. Ses doigts lancinent, les phalanges gonflées et bleuies. A-t-il frappé Gabriel ? Impossible !! Gaby ? Son ‘Ange’ ? Impossible, et ce malgré même le sang sur son T-shirt ? Non, tout bonnement insupportable… Il aura encore saigné du nez et frappé un mur ou toute autre chose sur son chemin.

Il n’a plus que de vagues souvenirs de cette soirée cauchemardesque, un puzzle dont il a du mal à rassembler les pièces mais frapper…

    « Gaby… » Murmure-t-il « Qu’est ce qu’il a dans la tête ? » Les mots grincent, chargés de désespoir.

Il n’a plus de larmes. Les yeux en feu. Il les presse de ses paumes mais l’accablement le rattrape. Il agrippe ses cheveux, les tire dans tous les sens dans une folie sombre. Ses ongles s’enfoncent dans son cuir chevelu, sa nuque, ses joues, traçants des sillons blancs avant de rougir sa peau halée quand le sang afflue de nouveau à ses joues torturées. Il ne supporte pas cette douleur qui le ronge de l’intérieur et rien de ce qu’il s’inflige physiquement ne l’égale. Il se frappe la tête, les tempes, la poitrine. L’air lui manque. Il ne peut plus respirer. Chaque respiration est une épreuve insurmontable. Il souffre la mort.

    « MEEEERDE ! » Hurle-t-il à s’en briser la voix mais la puissance de son cri n’a pas chassé la douleur, elle le torture s’insinuant dans chaque recoins de son corps.

Gabriel n’est plus là !! Et il a froid! Incroyablement froid! Son sang s’est mué en une rivière gelée dans chacune de ses veines. Ses os sont glacés et la douche brûlante qu’il prend n’y change rien. Pire encore, chaque goutte transperce son corps comme autant de poignards.

C’est de Gabriel dont il a besoin, rien d’autre ; De la douceur cachée dans son regard agacé, de son adorable moue revêche quand il enchaîne les cigarettes pour fuir les conversations trop sérieuses, de ses ‘fait chier’ lâchés à tout va. Même ses coups de poings, un peu trop emportés parfois, qu’il lui donne souvent dans l’épaule lui manquent.

Il veut le revoir. Il veut le revoir désespérément. Revenir en arrière. Oublier cette nuit épouvantable. Comment en sont-ils arrivés là ? Ils étaient si bien. Il revoit son ‘Ange’ assoupie sur son épaule. Comment il l'a réveillé en faisant rebondir du bout des doigts cette boucle rebelle qui s'échoue toujours sur son front. 

    « Je suis désolé, désolé… Reviens je t’en supplie… » S’apitoie-t-il.

Ses larmes se fondent au ruissellement de l’eau, suivant le même chemin jusqu’aux égouts, là où s’est surement perdu son cœur aussi. Il est conscient de l’avoir chassé mais c’était un moment d’égarement, juste un moment d’égarement.

Dans ce silence assourdissant, il se laisse bercer de longues minutes par une folie douce, prostré, les mains autour des genoux, le dos vouté toujours frappé de toutes parts par des gouttes acérées.

Ce n’est pas ce qu’il voulait… Ce qu’il veut, là, maintenant c’est Gabriel ! Un grognement caverneux s’échappe de sa gorge « Je le veux ! » Ses mains tremblent, la bile lui monte, brûlante, jusqu’aux lèvres. Un vertige.

    « Maintenant !»

Soudain, une sonnerie brise le silence. Une mélodie enjouée, presque clownesque, comme si rien de tragique ne pouvait jamais provenir de ce téléphone, là, dans la poche de son manteau resté accroché au porte serviette depuis la veille.

Il se précipite, nu, sur l’objet, le cœur battant à tout rompre.

Un numéro inconnu. Il décroche haletant.

    « Monsieur Axel Bouvier ? » Une voix de femme, inconnue et sinistrement professionnelle.

Il déglutit difficilement, la boule d’angoisse au fond de sa gorge est douloureuse

    « Oui? »

    « Bonjour Monsieur. Centre Hospitalier St Aurore. Vous êtes désignés comme personne de confiance dans le dossier médical de l’un de nos patients. Pourr… »

    « Son nom ? » Coupe-t-il d’une voix maintenant ferme mais pas dénuée d’angoisse.

    « Hum … » Le silence s’installe, bercé par de léger cliquetis de clavier. L’attente lui parait interminable jusqu’au nom qu’il attendait tant : « Monsieur Gur… Gurkovsky Gabriel »

Il attrape les premiers vêtements qui se présentent à lui. Ils ne sont même pas adaptés à l’hiver.




***



     7h00. Le jour pointe enfin.

Comme la nuit, le matin est brumeux mais doux, pourtant il lui semble plus lourd presque angoissant. Est-ce vraiment le temps qui s’égare ainsi ? Les images de cette nuit lui reviennent. Vite chassées.

    « C’est la meilleure solution » comme une litanie qui tourne dans son esprit depuis qu’il a quitté l’appartement de Hireki. Une sensation étrange tiraille son ventre … La faim surement. Gabriel allume une nouvelle cigarette en haussant les épaules dans un déni évident.

La neige ne tombe plus depuis la veille et son manteau ressemble désormais à une boue infâme que les passants piétinent sans lui prêter attention. Sa beauté céleste foulée aux pieds après qu’elle les a diverti un court instant. Gabriel attend, avachit sur un banc, les yeux rivés sur la petite fenêtre au cinquième étage du vieil immeuble qui se dresse de l’autre coté de la rue. Il l’a vue s’allumer il y a à peine un quart d’heure.

    « Elle s’est levée en retard » pense-t-il

Gabriel ne sait pas si ‘l’autre’ est là mais il ne craint pas pour sa mère. Pas vraiment. Ce léger retard n’aura aucune conséquence. Tant que Lui reste ‘disponible’, il n’arrive généralement rien à sa mère. Ce n’est pas sur Oksana que ‘l’autre’ apaise ses frustrations. Sur elle, il exerce une domination bien plus insidieuse : Médisances, cris, dévalorisation. Une emprise sans faille dont elle n’est même pas consciente mais qui la noie toujours plus dans l’alcool.

L’autre’ n’est pas stupide. Il a trop investi en elle pour l’abîmer physiquement.

Gabriel repense furtivement et avec amertume à ce titre plein de grandeur de ce vieux magazine de mode dont sa mère, à l’abri des regards, caresse encore la couverture avec nostalgie : « Oksana : La Perle de Glace venue de l’Est ». Tout son géniteur ça ! Vendre du rêve !

Quoiqu’il en soit, aux yeux de ‘l’autre’, elle est encore assez belle pour être exposée et on ne casse pas un outil aussi efficace en ce qui concerne l’entretien de la maisonnée. Il serait, de toute façon, bien trop compliqué de retrouver femme aussi dévouée, docile et soumise surtout avec un enfant qui reste ‘ disponible’ pour … Tout le reste.

Il y a ce contrat tacite entre Gabriel et son géniteur depuis ses 6 ans. Depuis qu’il a réussi à reconquérir celle qui avait déjà eu tant de mal à lui échapper une première fois.

Et ‘disponible’ Gabriel l’a été la veille

    « Pleinement disponible » Pense-t-il.

Ses jambes se resserrent inconsciemment, comme un instinct de survie. Il se redresse légèrement sur l’assise. Il doit bien ça à sa mère, payer sa dette. Briser une carrière n’est pas sans conséquence.

Il tremble soudain. Il a… Froid ? Non, son malaise se trouve ailleurs. Il a les os glacés.

Gabriel lorgne de nouveau la fenêtre. Si ‘l’autre’ est bien présent, dans une heure tout au plus, il quittera l’appartement pour froisser d’autres draps que ceux du lit conjugal et Gabriel pourra rejoindre sa mère. Il brossera ses longs cheveux avec douceur dans un de ces moments de complicité qu’ils n’ont jamais perdu, peut-être lui tressera t il ?

Il patauge un moment du bout du pied dans la gadoue qui s’est formée sous le banc à force de trépignements impatients, et d’accumulations de mégots. Il joue avec une canette de bière vide qu’il jette contre la précédente, écrasée sans vergogne. Il fronce brièvement le nez en repensant à la manière dont il les a obtenues.

Il déglutit. Le gout de l’homme est encore au fond de sa gorge.

Ce pauvre gars n’était pas aussi sordide que ce que les gens peuvent s’imaginer. Un salarié stressé par sa nuit de travail, un mari délaissé, ou encore un vieux garçon honteux. Il était timide, embarrassé et presque touchant à s’excuser alors que le froid le faisait débander, à moitié cul nu dans cette petite ruelle qui puait les poubelles. Non, ils ne sont pas tous sordides mais la finalité reste la même. Ils le prennent sans aucun scrupule.

Pourquoi se priveraient-ils ? Il excelle dans le domaine!! Surtout, il ne dit jamais ‘non’.

Gabriel tire nerveusement sur une nouvelle cigarette. C’est la dernière du paquet.

    « Fait chier ! » Peste-t-il en attrapant le briquet qui a glissé au fond de sa poche. Ses doigts y font tinter les pièces que l’homme lui a données ‘après’ en plus de ses dernières bières comme un pourboire pour une prestation exceptionnelle.

    « Je ne vaux vraiment plus grand-chose » Il ricane sombrement avant de s’exclamer d’une voix forte « Alors Monsieur Gurgovsky ? Combien pour cette occasion ayant BEAUCOUP servie ? Et bien pour deux bières et quelques centimes, cette épave est à vous ! » Ironise-t-il.

Son rire amer se perd peu à peu dans un éclat hystérique alors qu’un passant contourne le banc. L’homme le regarde avec dégoût et condescendance. Gabriel reprend son souffle en l’apercevant pour lui sourire exagérément avant de changer d’attitude. Le regard racoleur, il écarte les jambes en se mordant la lèvre inférieure de manière plus que suggestive.

    « J’accepte aussi les cigarettes » Propose-t-il d’une voix sensuelle.

Il jurerait voir une hésitation chez l’homme mais n’a pas le temps de s’y attarder. Un fracas sourd les interrompt. Un bruit de sac, lourd, vite suivi d’un cri d’effroi.

Il ne comprend rien quand un attroupement paniqué et horrifié se crée juste en face de lui, à quelques mètres, au pied de l’immeuble.

Gabriel se fige soudain inexplicablement sur ce détail « Au pied de l’immeuble… »

Alors, les rouages se mettent en branle : « Au pied de l’immeuble … Juste en dessous… » Ils s’enclenchent, tournent lentement « Au pied de … En dessous … » Et la mécanique se met en marche, fluide, implacable dans un mouvement de vérité inexorable. « Au pied de l’immeuble… En dessous … Juste en dessous »

Un souffle lui manque quand le néant traverse sa poitrine. Il vient de perdre quelque chose qu’il cherche un bref instant, stupidement, à ses pieds. Puis, tout s’éclaire : C’est une partie de lui qui vient de s’échapper. Le temps ralentit quand tout s’imbrique enfin: Le bruit, les cris et cette pensée entêtante « Au pied de l’immeuble, juste en dessous… » Il relève les yeux, épouvanté « … De la petite fenêtre!! »

Gabriel bondit, se précipite, trébuche en bousculant l’homme devant lui. Il court, court alors que l’immeuble semble s’éloigner à chacun de ses pas.

    « Ma… » Il s’élance de plus belle « Ma … Maman… ».

Il lutte, la terre même semble le retenir. Il glisse en poussant d’avantage sur ses jambes, une voiture manque de le renverser mais il ne s’en aperçoit pas. Plus rien n’existe autour de lui que ce rideau d’anonymes, figés, horrifiés qui s’écarte lorsqu’il approche en hurlant.

Puis tout s’arrête, soudainement, plus un bruit, seulement sa respiration et son cœur battant à tout rompre. La machine s’est éteinte, le laissant là totalement paralysé face à la scène d’horreur qui se joue devant lui.

Il veut tendre la main, l’aider à se relever, remettre sa si belle chevelure en ordre et rentrer ensemble comme si de rien, mais ce corps, son corps si prompt à répondre aux ordres des 'autres' se refuse à répondre aux siens.

Il n’aura donc jamais le choix ? Sa vie ne se résumera donc toujours qu’à agir mécaniquement ? Répondre, donner aux 'autres' ? Spectateur impuissant ou marionnette ? C’est CA toute sa vie ?

Condamné à perdre … Toujours… Pour l’éternité…

A ses pieds, les longs cheveux blonds comme les blés, déployés en arabesques folles se gorgent de neige fondue et de carmin. Elle le regarde, fixement, de ses grands yeux, ils sont verts comme les siens mais, eux, ne brillent plus.

Puis le monde se remet à tourner, la vie reprend son cours, indifférente, sans Hireki, sans elle, sans lui ... Il s’écroule.

======

🌌 Salut les Boundies ! 🌌 

Quelle montée en intensité !

 

Entre le désespoir glaçant d'Hireki et l'abîme dans lequel Gabriel semble sombrer, cette semaine nous laisse sans souffle. Et que dire de cette perte brutale, presque irréelle, qui fige Gabriel sur place... 😔💔

 

Alors, Boundies, que ressentez-vous face à ce moment de bascule ? Hireki et Gabriel peuvent-ils encore se sauver mutuellement ou est-ce déjà trop tard ? Et surtout… quel impact aura cette perte sur leur fragile équilibre ? 🤯

 

💬 À vos claviers, mes Boundies ! J’attends vos théories et ressentis avec impatience.

 

➡️ Rendez-vous la semaine prochaine pour la suite et les réponses… ou davantage de mystères ! ✨


Suivant: Chap II - La Poupée qui dit 'Oui' - 3/3

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lundi 28 octobre 2024

Chap II - La Poupée qui dit "Oui" (1/3)

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PrécédemmentChap I - Le Saint et le Loup - 3/3

(👀 ~10min de lecture)


Chap 2

LA POUPEE QUI DIT "OUI"

(1/3)
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    Ce sont les 18 ans de son fils.

Pour l’occasion, Maxence a organisé un dîner au restaurant. Ils sont peu nombreux, trois invités précisément.

Cinq personnes seulement autour d’une table pour célébrer cet âge si symbolique. C’est d’une tristesse. Maxence pense à tous ses voyages professionnels à l’étranger, ces absences répétées qui l’ont coupé de sa propre famille, et par ricochet, ont privé Axel de tous liens familiaux sans qu’il n’en soit vraiment conscient. Au final, la famille, pour Axel, se résume à des photos jaunies et quelques appels lors des grandes occasions. Il garde tout de même une réelle affection envers ses grands-parents paternels, qui sont ici, eux aussi, autour de la table. Après tout, ils l'ont pratiquement élevé.

Est-ce qu’Axel est affecté par cette situation ? Il n’en laisse rien paraître. Né au Japon, il a, de toute façon, ce lien plus particulier avec sa famille japonaise, un lien que Maxence tente de préserver à grand renfort de conversations vidéo et de courtes vacances au pays. Malheureusement, ses grands-parents maternels n’ont pas pu faire le déplacement pour ce jour si important. Mais Maxence ne s'en formalise pas car il s’apprête, tout bonnement, à offrir à son fils un séjour de presque deux mois au Japon.

Il porte en lui cette culpabilité sourde, le sentiment d'avoir déraciné cet enfant qui n’avait connu jusque là que le Japon. En rentrant en France trois ans après la mort de sa femme, Haruko, Maxence retrouvait ses propres racines, déjà bien asséchées, tout en arrachant celles de son fils.

Les premiers temps furent difficiles, Axel avait bien du mal à s’acclimater. Encore trop petit, il semblait perdu, mélancolique et ne cessait de réclamer sa ‘Mamie Meiko’. Il mélangeait le Français et le Japonais sans sembler vouloir y changer quoique ce soit, pour, dans les moments de plus grandes colères ne répondre qu’à son deuxième prénom, Hireki, ou à son surnom ‘ Hichan’.

Malgré la présence précieuse de ses parents, Maxence s’est vite retrouvé débordé par ce petit garçon déraciné qui enchainait les crises de colère.

Puis, un miracle les a fait rencontrer Oksana, une jeune immigrée Polonaise qui désespérait de trouver un emploi. C’est un peu honteux que Maxence se souvient l’avoir embauchée illégalement mais cette rencontre sonnait comme un appel du destin.

Il se rappelle encore parfaitement de ce jour. Axel s’était enfuit du chariot de courses pour « sauver nuigurumi ! », « sauver le ‘doudou’ ». Maxence, après un moment de panique à le chercher partout, l’avait retrouvé penché sur une poussette sous l’œil attentif d’une très jeune femme à la beauté slave indéniable.

La peur l’a fait foncer vers eux avec une colère manifeste mais, une fois proche, il fut témoin d’une scène inattendue. Son petit garçon si sauvage, qui ne se liait à personne jusque là, semblait être sous le charme du duo qu’il divertissait avec sa figurine de super héros. Ils étaient là tous les trois à échanger si simplement, Axel si épanouit, que les choses se sont enchainées naturellement.

Oksana fut sa nounou pendant quelques années, comblant le vide maternelle et son petit garçon, Gabriel, grandit à ses cotés comme son frère.

    « Les Terrible Two » Se souvient-il du sobriquet donné aux deux garnements.

Maxence jette un coup d’œil en face de lui. Le dernier invité : L’indispensable meilleur ami.

Gabriel est ramassé sur sa chaise, si discret, qu’il paraît invisible. Il picore calmement comme si de rien était alors même qu’il est régulièrement bousculé par Axel trop occupé à résumer, tout en gesticulations épiques, les dernières aventures d’un de ces super héros préférés. Ses grands-parents sont hilares devant tant de passion. Pourtant, malgré ce manque évident d’attention de la part de son fils, Maxence ne peut s’empêcher de remarquer à quel point il s’est assis proche de lui, si bien que le pauvre Gabriel lutte pour réussir à porter une fourchette pleine à sa bouche à chaque extravagance d’Axel. Il ne manque pourtant pas d’espace à cette table. Sait il au moins dire non ?

    « Ils sont vraiment comme le feu et la glace » Observe Maxence.

Son fils, est, sans conteste, le plus exubérant des deux. Aujourd’hui ne fait pas exception à la règle, sa voix enjouée couvre presque celles de tous les clients du restaurant. Il n’a pas peur d’être remarqué, il prend vraiment vie sous le regard des autres. Le voir évoluer ainsi était inespéré même s’il reste relativement colérique. Pas tant par la fréquence mais l’intensité, elle, est redoutable. Il n’en est pas moins un jeune homme adorable et d’une gentillesse qui frôlerait presque la naïveté. Il a le cœur sur la main, un cœur d’artichaut qui plus est ! Il est devenu l’archétype de ce garçon populaire répondant à toutes les sollicitations et illuminant la journée de tous ceux qui croisent son chemin. A l’exception de ces moments où il est seul avec Gabriel. Là, il oublie tout, de son téléphone à ses nombreux amis. Son monde ne se résume plus qu’à lui.

Tout naturellement, Maxence revient à la petite silhouette qui semble s’excuser d’être là.

Gabriel a toujours été d’une discrétion sans pareil. Un garçon facile. Jamais un mot plus haut que l’autre. Bien élevé, poli. Il obéit à tout sans rechigner comme un … pantin ?

Soudain, sous une nouvelle bousculade involontaire d’Axel, Maxence rit, un peu désolé, en se souvenant de ce nombre de fois où, enfant, son fils profitait de cette propension à obéir pour le laisser effectuer n’importe quelles tâches ménagères à sa place : Mettre la table, la débarrasser ou essuyer la vaisselle. Combien de fois Maxence l’en empêcha, grondant Axel qui restait tout penaud face à son ‘méfait’. Oui, vraiment, un gentil petit garçon sans aucun doute possible. L’adolescence n’y a rien changé si ce n’est qu’il est devenu plus timide encore, ce qui contraste avec le look qu’il adopte depuis peu.

    « Un poupon à l’allure de voyou » Maxence regarde ses ongles peints en noir. « Il se cherche sûrement. Tous les adolescents passent par là, j’imagine… » Se dit-il. Apres tout, Axel aussi a toujours mis un point d’honneur à arborer les looks les plus à la mode en temps et en heure même ceux qu’il appréciait peu pour s’intégrer.

Malgré tout, Maxence a toujours eu des sentiments ambivalents envers Gabriel. Bien sur, l’avoir vu grandir aux cotés d’Axel ne peut pas le laisser indifférent, mais il n’a jamais été très à l’aise en sa présence. Ce gamin dégage quelque chose de spécial. Peut-être est-ce dû au fait d’avoir été élevé, au moins un temps, seul, par Oksana, mais sa délicatesse et sa manière de se jeter contre les adultes pour une étreinte ou un geste affectueux, Maxence s’en trouvait parfois gêné, tendu. Même lui tenir la main pour traverser la route revêtait une impression d’indécence si bien qu’il instaura une certaine distance physique entre eux.

Mais, aujourd’hui, c’est bien tout autre chose qui le perturbe. En effet, il ne voit plus d’un aussi bon œil la relation privilégiée qu’il entretient avec Axel.

Son fils a beau additionner les conquêtes féminines pour cacher ce qu’il ne lui a toujours pas confié, Maxence voit bien ce regard énamouré qu’il pose sur son meilleur ami. Ce n’est pas tant que son fils soit homosexuel qui le dérange. Axel lui est trop précieux pour le renier à cause d’une chose d’aussi futile et, qui plus est, personnel. Seulement, ces sentiments, qu’il pensait passagers, perdurent, voire même se renforcent. Là, où il est tout aussi évident que les sentiments de Gabriel ne prennent pas la même voie. Il y a de la tendresse dans son regard, de la douceur mais pas l’amour qu’Axel y cherche tant, conduisant son fils à vivre un chagrin d’amour perpétuel à ses côtés.

Au fond, Maxence espère que ce voyage au Japon l’aidera à passer à autre chose.

    « … Ou Gabriel va devenir toxique pour lui » Ses doigts se crispent sur sa fourchette qui émet un grincement insupportable en dérapant sur l’assiette.

    « Ca va Monsieur Bouvier ? » S’inquiète aussitôt Gabriel

    « Heu ?! Oui fiston, désolé je pensais … Je pensais aux cadeaux ! » Se reprend-il sans comprendre sa réaction disproportionnée.

    « Je voulais encore m’excuser pour ma mère. Elle ne se sentait pas très bien… » Son visage parsemé de tâches de rousseur disparait aussitôt sous ses cheveux lorsqu’il replonge le nez dans son assiette. Ils sont un peu plus longs qu’à l’accoutumé et forment des boucles sans défaut à leur extrémité. Il ressemble à une poupée de porcelaine.

Maxence songe soudain à la mère de l’adolescent. En y repensant, elle aussi était invitée.

    « Oksana ne se sent plus jamais bien » rumine-t-il

Peu après l’accident d’Axel, il l’a vu dépérir. Elle s’est mise à changer. Un changement ténu, un glissement si lent qu’il ne s’en est aperçu que trop tard. Les liens se sont brisés petit à petit jusqu’à ce qu’elle disparaisse complètement de leur vie sans qu’il n’ait eu le temps de s’en inquiéter.

Axel donne un coup de coude à Gabriel.

    « Alors ? Ca parle de mes cadeaux ?! » Secoue-t-il des sourcils tout sourire. Sa lèvre supérieure glisse sur une canine complètement désaxée qui lui donne des airs de petit diable. Il est le portrait craché de sa mère, jusqu’à la denture ! Maxence ne lui aura finalement légué que sa fossette au menton qu’il tient lui-même de son propre père.

    « Je peux les ouvrir maintenant ?! » Axel sautille sur sa chaise, impatient, tapotant des mains comme un enfant. « Juste un ! Juste un avant le gâteau ! » Marchande-t-il le regard implorant, la moue boudeuse.

    « Dire que ce gamin acquiert le droit de vote aujourd’hui… » Se désole Maxence quand il voit Gabriel se trémousser pour sortir un paquet de sous la table.

    « Je peux Monsieur Bouvier ? » Demande-t-il poliment, le sourire délicat.

Il a un peu repoussé ses cheveux. Ses yeux sont incroyables. Oksana aussi a les yeux verts mais ceux de son fils sont d’une nuance et d’une intensité uniques, magnétiques. Gabriel ne ressemble pas à sa mère mais n’a rien à envier à sa beauté. Il a l’air si fragile, doux… Est-ce qu’il se déchirerait comme une poupée s’il le… Son corps se tend dans une sensation sourde, instinctive. S’il le quoi ?

Axel s’empare du paquet et arrache l’emballage sans attendre l’autorisation, faisant sortir Maxence de sa torpeur. La boîte révélée le cloue instantanément sur place. Il lance un regard d’incompréhension à son meilleur ami.

    « Gaby, c’est … »

    « Vas-y ! Ouvre ! » L’encourage Gabriel enthousiaste.

Lui, en revanche, n’a jamais cessé de s’épanouir aux côtés d’Axel. A peine le jeune homme s’est-il intéressé à lui qu’il est sorti de sa coquille. Il se tient désormais droit comme un 'i', le sourire franc et tout aussi impatient que son meilleur ami. Plus rien ne l’effraie autour de lui.

Comment Axel pourrait-il cesser d’attendre plus de lui quand on le voit à cet instant, les yeux pétillants, emplis d’un lien inconditionnel et d’une complicité sans faille.

Haruko lui contait souvent cette légende, celle du ‘fil rouge du destin’. Peut-être n’était-ce pas si ridicule en fin de compte quand il les voit désormais enfermés dans leur bulle.

Axel soulève délicatement le couvercle, la boîte dévoile alors une montre haut de gamme qui le laisse coi. C’est bien la première fois que Maxence le voit ainsi, lui d’habitude si expansif.

    « Je… Je ne peux pas accepter Gaby c’est…. Hors de prix ! » Il est subjugué par le cadeau dont il ne décroche pas des yeux. Une montre élégante, d’une sophistication certaine, assez fine pour ne pas dominer les poignets naturellement fins d’Axel mais d’un design assez soigné pour lui conférer assez de présence. Comment ce gamin d'à peine 15ans a-t-il pu acheter une montre pareille ?

Gabriel, soudain conscient des regards braqués sur lui, s’efface de nouveau, sa tête disparait dans ses épaules.

    « Je… Je ne l’ai pas volée, » Se défend-il aussitôt.

    « Ce n’est pas ce qu’on dit, fiston. Mais ce n’est pas rien comme cadeau ! » Répond Maxence, rassurant et toujours aussi surpris par la valeur de ce présent. Lui-même n’aurait jamais pensé mettre une telle somme dans ce genre d’objet.

Gabriel semble paniquer, tirant nerveusement sur les manches de son sweat-shirt, les ramenant bien au-delà de ses mains. Il se lève soudain d’un coup, si vite que la chaise vacille en arrière sous l’impact.

    « Je… J’ai travaillé ! » lâche-t-il, visiblement troublé. « Je travaille… le soir… » Souffle-t-il avant de quitter la table précipitamment.

Maxence reste troublé par cette dernière précision sans avoir le temps d’y réfléchir plus : Axel s’est déjà levé pour suivre son meilleur ami.

====

🎉 Salut les Boundies ! 🎉

 

Nous rencontrons enfin Maxence, le père de Hireki, un homme rempli de doutes et de contradictions face à son rôle de père. Et que dire de ce cadeau mystérieux offert par Gabriel ? 😮 Une montre aussi luxueuse, à 15 ans, comment est-ce possible ? 🤔

Alors, que pensez-vous de Maxence et de ses sentiments partagés envers Gabriel ? Est-il trop protecteur ou lucide ? Et surtout... comment Gabriel a-t-il pu se procurer un tel cadeau ? 💰💭

💬 À vos claviers, mes Boundies, j’ai hâte de lire vos théories et vos ressentis !


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